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Macron estime que certaines personnes en difficulté "déconnent"

GRAND-BOURGTHEROULDE, Eure (Reuters) - Emmanuel Macron a affiché mardi sa volonté de davantage “responsabiliser” les personnes en situation de difficulté économique et financière en France, estimant que si certains “font bien”, d’autres “déconnent”.

Emmanuel Macron a affiché mardi sa volonté de davantage "responsabiliser" les personnes en situation de difficulté économique et financière en France, estimant que si certains "font bien", d'autres "déconnent". /Photo prise le 11 janvier 2019/REUTERS/Benoit Tessier

“Une partie du traitement de la pauvreté est dans les personnes qui vivent des situations de pauvreté, en les responsabilisant, en les aidant à s’en sortir, en les considérant”, a dit le chef de l’Etat devant le conseil municipal de Gasny (Eure) où il a effectué une visite surprise.

La solution ne réside pas “dans le face-à-face entre ceux qui profiteraient d’un côté et ceux qui seraient les vaches à lait de l’autre, ce n’est pas vrai”, a-t-il ajouté. “Elle est dans un travail collectif qui est très fin que font les travailleurs sociaux. Les gens en situation de difficulté, on va davantage les responsabiliser parce qu’il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent mais ils sont tous acteurs”.

Ces propos surviennent dans un contexte social toujours tendu après deux mois de mouvement des “Gilets jaunes” qui manifestent depuis neuf week-ends consécutifs pour réclamer plus de pouvoir d’achat et de démocratie participative.

Vendredi, le chef de l’Etat avait déjà suscité une vague d’indignation après avoir déclaré que trop peu de Français avaient le “sens de l’effort”.

“J’ai envie de répondre au président : il y a des riches qui sont de bons citoyens et des riches qui déconnent, et qui déconnent gravement”, a dit le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, à Reuters. “Cette façon de toujours renvoyer la balle dans le même sens et de laisser penser que l’abus est toujours du côté des plus pauvres est insupportable”.

MACRON DEPLORE DES “CARICATURES”

Pour le député Les Républicains (LR) Daniel Fasquelle, “c’est une petite phrase qui va choquer les Français, c’est même une petite phrase inadmissible, le président ne doit pas s’exprimer de cette façon-là.”

“Le président de la République est un exemple et doit donner l’exemple”, a-t-il dit à Reuters dans les couloirs de l’Assemblée. “S’il doit tenir ce genre de propos, il doit les tenir à l’égard de tous les Français, pas seulement en stigmatisant une fois de plus les Français les plus modestes”.

A l’Elysée, on dément toute “maladresse” de la part du chef de l’Etat et on appelle à “remettre” ses propos “dans le contexte de sa pensée globale”.

Un peu plus tard dans la journée, lors d’un échange de plus de quatre heures avec quelque 650 maires normands à Grand-Bourgtheroulde, Emmanuel Macron est revenu sur une autre phrase qu’il avait prononcée en septembre et qui avait fait polémique.

Lors des journées du patrimoine à l’Elysée, il avait déclaré à un chômeur qu’il lui suffisait de “traverser la rue” pour trouver un travail, une sortie qui avait nourri le procès en mépris de classe fait à l’exécutif depuis le début du quinquennat.

“Parfois on fait des caricatures, en pensant que ce qu’on dit un moment à quelqu’un, de bonne foi, ce serait un message vers tous les Français”, a-t-il dit dans l’Eure. “On est au temps du numérique, de l’info en continu, je suis comme ça, je ne changerai pas”.

Marine Pennetier, avec pool, à Grand-Bourgtheroulde, et Elizabeth Pineau à Paris, édité par Yves Clarisse et Jean-Baptiste Vey

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