January 10, 2019 / 3:16 PM / 3 months ago

Les européennes, test personnel pour Wauquiez

PARIS (Reuters) - Entre départs de figures historiques, critiques de moins en moins feutrées et sondages alarmants, Laurent Wauquiez a fait jeudi sa rentrée médiatique sous une pluie de mauvaises nouvelles, qui donnent aux élections européennes à venir des allures de test personnel pour le président des Républicains.

Laurent Wauquiez a fait jeudi sa rentrée médiatique sous une pluie de mauvaises nouvelles, qui donnent aux élections européennes à venir des allures de test personnel pour le président des Républicains. /Photo prise le 3 décembre 2018/REUTERS/Stéphane Mahé

Autrement dit, un résultat jugé encourageant au soir du 26 mai pourrait l’aider à asseoir son autorité sur ses troupes, plus d’un an après son élection à la tête du parti avec un score confortable (près de 75%) mais sans réelle concurrence.

A l’inverse, une déconvenue lors de ce scrutin, le premier de son mandat, donnerait des armes à ceux qui, au sein de LR, veulent sa chute.

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes compte garder la main sur la campagne tout en laissant le soin de conduire la liste à une autre personnalité - dont l’identité sera dévoilée dans les prochaines semaines.

“Il sait que les européennes sont primordiales pour lui”, dit un eurodéputé influent, qui voit la barre des 15% comme un objectif raisonnable.

C’est modeste si l’on compare ce chiffre avec les 20,81% obtenus par l’UMP aux précédentes européennes, en 2014, mais ambitieux au regard des 8% à 12,5% d’intentions de vote relevés par les instituts de sondage en décembre.

Selon les enquêtes d’opinion, le parti navigue dans les mêmes eaux que La France insoumise, loin derrière l’alliance La République en marche-Modem et le Rassemblement national (ex-Front national), qui font la course en tête avec des intentions de vote frôlant ou dépassant les 20%.

“J’AI FAIT DES ERREURS”

Pour un membre de la direction, contacté par Reuters, il faut situer la jauge au niveau des européennes de 1999. La liste emmenée par Nicolas Sarkozy avait alors récolté 12,82% des voix, soit le plus faible score aux européennes dans l’histoire de l’ancien RPR, rebaptisé UMP en 2002 puis LR en 2014.

“Ça n’a pas empêché Nicolas Sarkozy de devenir président (en 2007-NDLR)”, remarque ce même cadre.

Cette année, les circonstances sont particulièrement défavorables pour la formation, qui traverse une crise d’identité depuis son échec à la présidentielle de 2017.

A la défaite, se sont ajoutés par la suite les départs de plusieurs personnalités, dont Xavier Bertrand, qui creuse désormais son propre sillon, et plus récemment d’Alain Juppé, figure tutélaire du centre droit, ainsi que de Thierry Mariani, qui a officiellement rejoint mercredi le camp de Marine Le Pen.

Les élections européennes sont d’autant plus délicates à aborder pour la droite classique qu’elle doit trouver la bonne formule pour faire entendre ses positions, à mi-chemin entre celles, plus aisément identifiables, du parti présidentiel (proeuropéen) et de l’extrême droite (hostile à l’UE).

“Moi-même, j’ai fait des erreurs”, concède Laurent Wauquiez dans son interview de rentrée, publiée jeudi par les Echos. “J’ai parfois, par mes propos, prêté le flanc à des caricatures médiatiques et ça fait partie des choses qui doivent être corrigées.”

WAUQUIEZ BASHING”

Une allusion aux diverses polémiques qu’il a déclenchées, notamment lorsqu’il a assuré le mois dernier qu’il n’avait jamais endossé de gilet jaune - étendard du mouvement de contestation en cours - avant de reconnaître le contraire.

En plus d’un an à la tête de LR, Laurent Wauquiez n’a jamais réussi à faire taire complètement les critiques exprimées en coulisse et relayées publiquement par l’ex-député Bernard Debré, qui a appelé le mois dernier, sur LCI, à son départ.

Les doutes sont tels que 22 de ses soutiens, dont huit députés et un sénateur, ont volé à son secours en publiant mercredi, dans L’Opinion, une tribune réclamant la fin du “Wauquiez bashing (dénigrement-NDLR)” et de “la guerre des ego”.

Pour l’un des signataires, le porte-parole Geoffroy Didier, l’avenir du président de région ne dépendra pas des résultats du printemps.

“Pour devenir l’alternative, on s’inscrit dans un combat de cinq ans”, juge le député européen, joint par Reuters. “Les élections européennes seront une photographie à l’instant T de la situation politique nationale, (...) personne ne pourra en tirer des enseignements définitifs.”

Lors de son interview aux Echos, Laurent Wauquiez a éludé une question sur les conséquences d’une éventuelle débâcle le 26 mai : “Vous pensez sérieusement que je vais à une élection en présageant un échec ?”

Simon Carraud, édité par Yves Clarisse

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