January 4, 2019 / 8:19 AM / 14 days ago

Des "Gilets jaunes" appellent à un acte 8, refusent le débat national

PARIS (Reuters) - Plusieurs figures des “Gilets jaunes” appellent à une nouvelle mobilisation ce samedi à Paris et en région, dénoncent une répression des pouvoirs publics et refusent les “mesurettes” présentées selon eux par Emmanuel Macron, à qui ils demandent d’être reçus à l’Elysée.

Plusieurs figures des "Gilets jaunes" appellent à une nouvelle mobilisation ce samedi à Paris et en région, dénoncent une répression des pouvoirs publics et refusent les "mesurettes" présentées selon eux par Emmanuel Macron, auquel ils demandent d'être reçus à l'Elysée. /Photo prise le 22 décembre 2018/REUTERS/Christian Hartmann

Dans une lettre ouverte au président de la République publiée sur Facebook, le collectif “La France en colère” répond aux voeux télévisés d’Emmanuel Macron, jugés signe d’une absence d’écoute, et assure vouloir “aller plus loin”.

“La colère va se transformer en haine si vous continuez, de votre piédestal, vous et vos semblables, à considérer le petit peuple comme des gueux”, écrit le groupe parmi les plus suivis du mouvement. Ce groupe est géré entre autres par Eric Drouet, interpellé à deux reprises et convoqué devant les juges le 15 février, et Priscillia Ludosky.

La lettre sera lue par des “Gilets jaunes” samedi à 14h00 devant l’Hôtel de ville de Paris lors d’un “acte 8” du mouvement, précise sur Twitter cette dernière.

Les manifestants, qui disent avoir informé la préfecture de police, prévoient de défiler ensuite vers l’Assemblée nationale, en passant par l’Ile de la cité, Saint-Michel-Notre Dame et le musée d’Orsay.

La préfecture de police a indiqué vendredi avoir reçu deux déclarations de manifestations, la première pour un rassemblement sur les Champs-Elysées suivi d’un déplacement vers la place de la Bourse, la seconde pour un cheminement au départ de l’Hôtel de ville en direction de l’Assemblée.

Interrogé sur la poursuite du mouvement, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a fait savoir que le dialogue serait engagé avec des Français “sincères” qui ne font pas “d’instrumentalisation politique.”

“Engager le dialogue avec des personnes qui ont pour seul objectif l’insurrection et le renversement du gouvernement et du président de la République, j’ai peur que le dialogue s’arrête assez rapidement puisque nous avons divergé sur l’objectif dès le départ”, a-t-il déclaré après le premier conseil des ministres de l’année. “En revanche nous sommes prêts à discuter avec des gens sincères, qui ne font pas d’instrumentalisation politique, de la difficulté que connaissent certains de leurs concitoyens”.

Eric Drouet, figure des “Gilets jaunes” sorti jeudi de garde à vue pour organisation de manifestation non déclarée à Paris, a dénoncé une opération politique. Cette deuxième arrestation, après une première le 22 décembre, a déclenché une vague d’indignation au Rassemblement national (ex-Front national) et à La France insoumise, soutiens du mouvement.

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a adressé un courrier aux préfets le 29 décembre pour leur demander de “poursuivre l’évacuation des ronds-points”, a-t-on appris place Beauvau.

“PIÈGE”

Les “Gilets jaunes” de “La France en colère” refusent également le grand débat national proposé par l’exécutif pour désamorcer la contestation.

“Nous nous défions de la mise en place de votre plan de consultation nationale. Nous le considérons comme un piège politique pour tenter de noyer le sujet qui vous terrifie : redonner la souveraineté au peuple de France par la mise en place du Référendum d’initiative citoyenne”, peut-on lire dans la lettre destinée au chef de l’Etat.

A l’issue d’une première phase qui se clôturera le 15 janvier, pendant laquelle les maires ruraux ont ouvert des cahiers de doléances à leurs administrés, des débats seront organisés pendant deux mois sur les quatre thématiques (transition écologique, fiscalité, organisation de l’Etat et démocratie et citoyenneté) annoncées par le Premier ministre.

Chantal Jouanno, la présidente de la commission nationale du débat public, a assuré entendre les “Gilets jaunes”.

“Ce qui est important dans leur positionnement, c’est ce qu’ils disent sur le grand débat (...) : on ne veut pas quelque chose qui soit un paravent soit pour une absence de décision, soit un faux débat”, a-t-elle dit sur CNEWS.

“En terme d’organisation et de méthode, c’est un débat que les habitants organisent. Ce n’est pas un débat qui sera piloté par des institutions, que ce soit un préfet ou des parlementaires”, a-t-elle ajouté, tout en rappelant que les résultats de la consultation ne seraient en rien contraignants.

“Le débat est un éclairage important pour le décideur. Ensuite, le débat ne contraint pas le décideur. Donc, il appartiendra au gouvernement de dire ce qu’il retient ou pas.”

Julie Carriat avec Simon Carraud et Elizabeth Pineau, édité par Marine Pennetier

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