December 1, 2018 / 11:54 AM / 13 days ago

Macron "ferme" face à "MBS" sur l'affaire Khashoggi et le Yémen-Elysée

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a “fermement” demandé vendredi au prince héritier saoudien Mohamed ben Salman d’associer des experts internationaux à l’enquête sur l’affaire Khashoggi et fait valoir le besoin d’une solution politique au Yémen, a annoncé l’Elysée après leur rencontre en marge du G20 de Buenos Aires.

Emmanuel Macron a "fermement" demandé vendredi au prince héritier saoudien Mohamed ben Salman d'associer des experts internationaux à l'enquête sur l'affaire Khashoggi et fait valoir le besoin d'une solution politique au Yémen, a annoncé l'Elysée après leur rencontre en marge du G20 de Buenos Aires. /Photo prise le 30 novembre 2018/REUTERS/Marcos Brindicci

Un aparté d’environ cinq minutes a été l’occasion pour le chef de l’Etat français de “faire passer quelques messages de manière très ferme”, indique l’Elysée.

D’abord concernant l’assassinat du journaliste et opposant Jamal Khashoggi, “avec cette volonté d’associer des experts internationaux à l’enquête en cours”.

Ensuite concernant le conflit au Yémen où l’Arabie saoudite est à la tête d’une coalition depuis 2015, Emmanuel Macron a “fait valoir la nécessité d’aller vers une solution politique au Yémen”.

Les Européens vont présenter un front uni dans l’affaire Khashoggi, assure l’Elysée. “L’idée c’est d’avoir une position européenne qui soit claire, notamment sur la crédibilité d’une enquête internationale”, précise-t-on.

Une vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux par les médias saoudiens montre une partie de l’échange entre Emmanuel Macron et Mohamed ben Salman, dans laquelle des bribes de conversation peuvent être saisies.

MACRON “TRÈS INQUIET”

“I’m very worried” (“Je suis très inquiet”), entend-on déclarer le président français, ce à quoi le prince héritier saoudien répond, souriant, “Don’t be so worried” (“Ne soyez pas si inquiet”).

Pour l’Elysée, cette vidéo montre “une forme de contraste entre le visage de ‘MBS’ qui est un peu souriant, gêné, et le visage du président plutôt fermé qui avait à coeur de lui passer ces quelques messages de manière très ferme.”

Mais pas question d’éviter une rencontre avec le prince héritier.

“Tous les leaders ont à peu près la même position, à partir du moment où il est là et où il est à la table, on ne va pas jouer à cache-cache. Il n’y a pas complaisance mais il y a franchise”, poursuit-on.

Le président français a par ailleurs évoqué le sujet du prix du pétrole et du rôle que l’Arabie Saoudite doit jouer dans son évolution.

Emmanuel Macron aura l’occasion de s’entretenir également avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe de l’alliance automobile Renault-Nissan, à l’heure où les autorités japonaises ont prolongé de dix jours la détention de Carlos Ghosn.

“On doit avoir, dans le respect des procédures japonaises, le maximum d’informations”, dit-on à l’Elysée, soulignant la nécessité de préserver l’alliance. “On peut améliorer la transparence”, devrait souligner le chef de l’Etat lors de cet échange.

Julie Carriat et Michel Rose, édité par Yves Clarisse

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