November 29, 2018 / 5:30 PM / 19 days ago

Soutien aux "Gilets jaunes" en forme d'impasse pour l'exécutif

PARIS (Reuters) - En dépit d’une baisse de régime sur le terrain, la mobilisation des “Gilets jaunes” bénéficie d’un soutien croissant en France, en forme de désaveu pour Emmanuel Macron dont les annonces peinent à convaincre, montrent des enquêtes d’opinion.

En dépit d'une baisse de régime sur le terrain, la mobilisation des "Gilets jaunes" bénéficie d'un soutien croissant en France, en forme de désaveu pour Emmanuel Macron dont les annonces peinent à convaincre, montrent des enquêtes d'opinion. /Photo prise le 28 novembre 2018/REUTERS/Gonzalo Fuentes

A la veille de la réception d’une délégation de “Gilets jaunes” à Matignon vendredi après-midi, une liste de revendications publiée sur les réseaux sociaux témoigne de l’amplitude politique du mouvement, loin d’être borné à la fiscalité sur les carburants.

Outre la fin de la hausse des taxes sur le carburant, des Gilets jaunes y refusent l’introduction d’un système de retraite à points, la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les petites routes et demandent “zéro SDF”, un salaire maximum fixé à 15.000 euros ou encore l’arrêt immédiat de la fermeture des petites lignes, des bureaux de poste, des écoles et des maternités.

Mais cette liste aux accents de gauche, non signée, est loin de faire l’unanimité dans un mouvement marqué depuis ses débuts par une décentralisation et une absence d’accord sur des porte-parole légitimes.

Eric Drouet, l’un deux des représentants reçu mardi par le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy, avec Priscillia Ludosky, a annoncé son refus de se rendre à Matignon vendredi à l’invitation du Premier ministre et son retrait de la délégation, jugée illégitime.

Une poignée de personnalités médiatiques, Brigitte Bardot, Michel Polnareff ou encore l’acteur Franck Dubosc ont professé leur soutien au mouvement de contestation.

“Ce qui est certain, c’est qu’Emmanuel Macron ne peut que sortir perdant de cet épisode”, estime Gaël Sliman, président de l’institut de sondage Odoxa.

D’après une enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro, 84% des Français jugent justifié le mouvement, soit une progression de dix points par rapport au 16 novembre dernier qui montre que la réponse d’Emmanuel Macron à la grogne sociale est loin d’avoir convaincu, une tendance confirmée par un sondage Elabe pour BFM TV.

“Il y a deux scénarios : un maintien voire une progression du mouvement (...) avec possiblement une coagulation susceptible d’aboutir à une situation comme celle de décembre 1995 (grèves massives contre le plan Juppé sur les retraites et la Sécurité sociale-ndlr). Au bout du compte, Emmanuel Macron sera obligé de céder et d’assumer un recul”, estime-t-il.

“Dans un second cas, si le mouvement s’étiole, Emmanuel Macron va quand même sortir perdant, car ce que tout le monde retiendra c’est qu’il aura engagé un bras-de-fer avec les classes populaires, avec la France invisible, dont il sera sorti vainqueur, mais au prix de les avoir écrasés”, ajoute-t-il.

Julie Carriat, édité par Yves Clarisse

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