November 29, 2018 / 9:49 AM / 19 days ago

"Gilets jaunes": Des élus veulent des gestes avant la concertation

PARIS (Reuters) - Des “gestes” avant le début des débats : telle a été jeudi la demande de nombre d’interlocuteurs reçus par Edouard Philippe pour préparer la “grande concertation de terrain” de trois mois sur la transition écologique et sociale promise par Emmanuel Macron en réponse à la fronde des “Gilets jaunes”.

Des "gestes" avant le début des débats : telle a été jeudi la demande de nombre d'interlocuteurs reçus par Edouard Philippe pour préparer la "grande concertation de terrain" de trois mois sur la transition écologique et sociale promise par Emmanuel Macron en réponse à la fronde des "Gilets jaunes". /Photo prise le 15 octobre 2018/REUTERS/Stéphane Mahé

Les consultations, en présence du ministre de la Transition écologique, François de Rugy, concernent notamment les membres du Conseil national de la transition écologique (CNTE), instance consultative de 50 personnes.

“On a dit au Premier ministre que pour avoir un débat serein, il fallait évidemment qu’il puisse y avoir des gestes (...) avant les débats”, a déclaré Christophe Bouillon (PS), de l’association des petites villes de France (APVF) à l’issue la réunion. “La balle est dans le camp du gouvernement.”

“Il y a une urgence sur le pouvoir d’achat et la justice fiscale”, a abondé Philippe Rio, vice-président (PCF) de Ville et Banlieue. Il souhaite une réponse “avant Noël” pour “récréer du calme, qui permet de trouver des solutions immédiates, pérennes, à moyen et long terme”.

Le président du Grand Est, Jean Rottner (Les Républicains), représentant des régions, a dit avoir “précisé au Premier ministre la nécessité au minimum d’avoir une forme de moratoire sur toute taxe supplémentaire sur l’essence au 1er janvier”.

Une marque de bonne volonté, “notamment sur les questions fiscales”, a aussi été réclamée par Philippe Laurent, secrétaire général (UDI) de l’Association des maires de France (AMF).

“On est arrivé à un tel point de tension que pour que tout le monde se mette autour de la table, il faut qu’il y ait un geste qui soit fait”, a abondé Hervé Maurey, président de la Commission Développement durable du Sénat, reçu en fin d’après-midi avec d’autres parlementaires. “Suspendre cette trajectoire carbone dans l’attente des négociations, cela aurait du sens”.

Mais pour le député La République en marche Roland Lescure, “on ne va pas régler 25 ans de galère avec un geste symbolique quel qu’il soit”.

“Ce que veulent les Françaises et les Français, c’est qu’on les écoute”, a-t-il dit. “Dans les trois mois qui viennent les Français vont pouvoir nous dire ce qu’ils souhaitent. Ils vont peut-être aussi nous engueuler un peu parce qu’ils en ont envie, et on va pouvoir aussi leur expliquer un peu ce qu’on fait.”

“CONSTRUIRE DES SOLUTIONS”

La réponse à la crise ne saurait être uniquement fiscale, a estimé pour sa part Jean-Yves Mano, de l’association de consommateurs CLCV, reçu dans l’après-midi avec une quinzaine d’autres représentants de la société civile - de la Fédération nationale des chasseurs à la Croix-Rouge, en passant par la Fondation Abbé Pierre et ATD Quart Monde.

“Il faut expliquer, pousser les industries à avoir une démarche écologique dans leur production, leur façon d’organiser le travail”, a-t-il dit à la presse à sa sortie. “Aujourd’hui on pénalise les citoyens. Il ne sont pas les seuls concernés.”

Vendredi, les représentants des syndicats seront à leur tour reçus puis Patrick Bernasconi, président du Conseil économique, social et environnemental et membre de droit du CNTE. Dans l’après-midi, une délégation de “Gilets jaunes” sera reçue à 14h00 par le Premier ministre.

Eric Drouet, l’un des deux “Gilets jaunes” reçus mardi au ministère de la Transition écologique, a fait savoir via Facebook qu’il bouderait le rendez-vous à Matignon, et tous les autres, tant que le gouvernement n’annoncerait pas publiquement un “début de mesure”.

Sur BFM TV et RMC mercredi, Edouard Philippe s’était dit prêt à recevoir une délégation de ‘Gilets jaunes’”, jugeant que “dans ce qu’ils formulent il y a beaucoup de choses très légitimes, des choses qui doivent être entendues”.

“Ce qui est important, c’est qu’on puisse avoir des interlocuteurs, le plus représentatifs possible et qu’on puisse avec eux mais aussi plus largement (...) construire collectivement des solutions”, a souligné jeudi la ministre des Transports, Elisabeth Borne, sur Public Sénat.

Confronté depuis deux semaines à une forte contestation contre la hausse du prix du carburant et plus largement sur la question du pouvoir d’achat, Emmanuel Macron a promis une “grande concertation” de trois mois dans tout le pays afin de trouver “des solutions” et “des méthodes d’accompagnement”. Il n’a pas exclu des gestes à l’issue de la concertation.

Marine Pennetier et Elizabeth Pineau avec Simon Carraud, édité par Yves Clarisse

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