November 27, 2018 / 9:46 AM / 15 days ago

Implant Files: "Aucune pose de prothèse n'est dénuée de risque", dit Buzyn

PARIS (Reuters) - “Aucune pose de prothèse n’est dénuée de risque”, a déclaré mardi la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, après les révélations de l’enquête collective des “Implant Files”, tout en assurant que la France était “en avance” sur la régulation des implants médicaux.

"Aucune pose de prothèse n'est dénuée de risque", a déclaré mardi la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, après les révélations de l'enquête collective des "Implant Files", tout en assurant que la France était "en avance" sur la régulation des implants médicaux. /Photo prise le 15 octobre 2018/REUTERS/Stéphane Mahé

La ministre des Solidarités et de la Santé a relativisé la portée en France des révélations du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) sur les incidents liés aux prothèses et leur manque de suivi et régulation : “Ce scandale européen, il n’est pas équivalent dans tous les pays d’Europe”, a-t-elle estimé sur France Inter.

“Nous sommes quasiment le seul pays en Europe à avoir une évaluation de tous les dispositifs implantables”, a-t-elle poursuivi, citant le rôle de la Haute autorité de Santé et de l’agence du médicament dans le suivi des ventes et effets secondaires.

A l’heure où certains médecins appelent à suspendre la pose d’implants mammaires texturés (plutôt que lisses) mis en cause selon cette enquête dans des cas de lymphome (cancer du système lymphatique), Agnès Buzyn a refusé une interdiction.

“Pour l’instant il n’y a pas de décision de police sanitaire qui interdirait, ça peut évoluer dans le temps si nous avons des preuves scientifique que ces prothèses sont particulièrement toxiques”, a-t-elle estimé. “Nous n’interdirons pas pour l’instant la pose de prothèses texturées”.

“Aucune prise de médicament comme aucun acte chirurgical, ou aucune pose de prothèse n’est dénuée de risque”, a-t-elle dit.

“RIEN N’EST ANODIN”

“Chaque Français quand il va voir un médecin doit lui demander quel est le risque qu’il encourt et quel est le bénéfice pour lui. Rien n’est anodin, on doit penser cela quand on se fait poser par exemple une prothèse esthétique”.

Après avoir lancé des investigations sur ce cas particulier de lymphome associé aux implants mammaires, l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a émis la semaine dernière un avis recommandant aux professionnels de santé d’utiliser de préférence des implants à enveloppe lisse, les versions texturées étant “surreprésentées” dans les cas de lymphome.

L’agence réunira en février 2019 un comité d’experts chargé de mener des auditions (patientes, médecins) en vue de rendre un avis sur la place des implants mammaires notamment texturés en chirurgie esthétique et reconstructrice.

En 2010, l’agence avait interdit la commercialisation des implants de la société française PIP, remplis d’un gel frauduleux remplaçant le silicone et cause de ruptures et complications pour des milliers de femmes dans le monde entier.

Plus généralement, pour les personnes porteuses d’implants, la ministre recommande de consulter en cas d’alerte seulement.

A l’approche de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre, Agnès Buzyn a annoncé en outre la validation par la Haute autorité de santé du remboursement de certains préservatifs à partir du 10 décembre.

“On pourra aller voir son médecin et avoir des préservatifs remboursés sur prescription médicale”, a-t-elle déclaré, saluant une mesure de santé publique ciblée en particulier sur les adolescents.

Julie Carriat, édité par Yves Clarisse

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