November 26, 2018 / 9:58 AM / 16 days ago

La dissolution de groupes d'ultra-droite envisagée

PARIS (Reuters) - La dissolution de groupes d’ultra-droite est à l’étude après les manifestations violentes des “Gilets jaunes” samedi à Paris, dans lesquelles le gouvernement a mis en cause des activistes de cette mouvance, a déclaré lundi le préfet de police de Paris.

La dissolution de groupes d'ultra-droite est à l'étude après les manifestations violentes de samedi à Paris, dans lesquelles le gouvernement a mis en cause des activistes de cette mouvance, a déclaré lundi le préfet de police de Paris Michel Delpuech (photo). /Photo prise le 16 octobre 2018/REUTERS/Pascal Rossignol

“Ces groupes d’ultra-droite font l’objet (...) de toute l’attention des services centraux et il n’est pas exclu qu’interviennent des décisions de dissolution de tel ou tel groupe”, a déclaré Michel Delpuech à CNews, ajoutant que “la dissolution peut être la réponse juridique”.

Quelque 8.000 “Gilets jaunes” ont manifesté samedi sur les Champs-Elysées, bravant l’interdiction de toute manifestation sur cette avenue symbolique de la capitale française, proche des lieux de pouvoir que sont le Palais de l’Elysée, le ministère de l’Intérieur et l’Assemblée nationale.

Dès les premières heures de la matinée une partie au moins d’entre eux se sont livrés à une guérilla contre les forces de l’ordre, tentant de forcer les barrages bloquant les accès à ces institutions et multipliant les dégradations.

Selon Michel Delpuech, 5.000 grenades lacrymogènes ont été utilisées toute la journée pour contenir les manifestants et les sapeurs-pompiers sont intervenus pour éteindre une centaine de feux allumés par les plus violents d’entre eux.

Le préfet de police, comme le gouvernement, voit derrière ces violences la main d’activistes de l’ultra-droite, venus notamment de province, et il a dit en avoir la preuve.

“Ces commandos étaient largement infiltrés, inspirés, manipulés par des membres de l’ultra-droite, qu’on a vus à l’oeuvre assez tôt le matin”, a-t-il déclaré.

“L’objectif premier de ces manifestants (...) c’est d’atteindre les institutions”, a-t-il ajouté. “Certains nostalgiques auraient aimé revivre un 6 février 1934.”

200 À 300 MILITANTS

Le 6 février 1934, une manifestation antiparlementaire organisée à Paris devant la Chambre des députés par des groupes de droite, des associations d’anciens combattants et des ligues d’extrême droite a tourné à l’émeute place de la Concorde.

Les forces de l’ordre ont alors tiré. Au moins une quinzaine de manifestants ont été tués au cours de ces affrontements, qui ont fait au moins un millier de blessés.

Cette crise a provoqué la chute du gouvernement et a marqué durablement la vie politique française.

D’autres sources font état de la présence de profils beaucoup plus divers et de la participation d’éléments d’ultra-gauche lors des incidents de samedi.

“Le gouvernement veut faire porter le chapeau au Rassemblement national (ex-Front national) mais les profils étaient vraiment très mélangés”, a ainsi déclaré à Reuters un dirigeant syndical de la police.

Interrogé par RTL, le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Laurent Nuñez a reconnu qu’on ne pouvait “pas complètement exclure” que des militants de l’ultra-gauche” aient participé aux incidents “en fin de manifestation”.

Mais ce sont selon lui 200 à 300 militants ultra-nationalistes qui ont été les “instigateurs” des premières escarmouches avec les forces de l’ordre.

“C’est assez classique. Quand l’ultra-droite fait dégénérer une manifestation, d’être présent au début (...), d’agréger d’autres manifestant et puis (...) de disparaître très rapidement, de sorte qu’effectivement, dans les 103 interpellés, on ne retrouve pas forcément les militants d’extrême droite”, a ajouté Laurent Nuñez.

Selon le préfet de police, plus des trois quarts de ces 103 personnes viennent de province.

Au moins 20 d’entre elles devaient être jugées lundi après-midi en comparution immédiate, a précisé le parquet de Paris, notamment pour association de malfaiteurs en vue de commettre des violences ou des dégradations.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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