November 24, 2018 / 12:01 PM / 21 days ago

"Gilets jaunes": Castaner dénonce la violence des "séditieux" d'ultradroite

PARIS (Reuters) - Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a condamné samedi la violence des “séditieux” d’ultradroite ayant intégré selon lui le mouvement des “Gilets jaunes”, à l’heure où les tensions se multipliaient sur les Champs-Elysées à Paris pour cette contestation, qui est en baisse au niveau national.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a condamné samedi la violence des "séditieux" d'ultradroite ayant intégré selon lui le mouvement des "Gilets jaunes", à l'heure où les tensions se multipliaient sur les Champs-Elysées à Paris pour cette contestation, qui est en baisse au niveau national. /Photo prise le 24 novembre 2018/REUTERS/Eric Gaillard

“Ce que nous constatons, c’est à la fois un fort affaiblissement de la mobilisation au niveau national, il y avait à 11h00 23.000 personnes qui étaient mobilisées dans différents lieux au niveau national, contre 124.000 à la même heure la semaine dernière””, a déclaré Christophe Castaner lors d’un point presse, avant de déplorer la radicalisation du mouvement à Paris.

Dans la capitale, “à peu près 8.000 personnes en tout seraient mobilisées dont 5.000 sur les Champs-Elysées”, a-t-il dit. “Sur Paris on voit une évolution, à l’appel de Marine Le Pen qui avait invité les manifestants a venir sur les Champs-Elysées”, a-t-il poursuivi.

“Aujourd’hui l’ultradroite s’est mobilisée et est en train de vouloir dresser des barricades sur les Champs-Elysées”, a-t-il ajouté. “Au fond, les séditieux ont répondu à l’appel notamment de Marine Le Pen et veulent s’en prendre aux institutions, comme ils veulent s’en prendre aux parlementaires”.

“Ces accusations sont indignes”, a répliqué la présidente du Rassemblement national sur BFM TV. “Aujourd’hui par une forme de manipulation politicienne (...) il cherche à me faire porter la responsabilité de quelques casseurs”, a-t-elle ajouté en dénonçant un “refus d’écoute du gouvernement”.

“On nous présente des incidents comme si la France était à feu et à sang pour discréditer un mouvement”, a renchéri le président de Debout la France, Nicolas Dupont Aignan. “Les Champs-Elysées c’est pas la France, dans toute la France il y a des ‘Gilets jaunes’ paisibles”

A gauche, la classe politique dénonce un amalgame de la part visant à minimiser un “ras-le-bol” fiscal profond.

“UN FACE-À-FACE COMMODE”

“Christophe Castaner cherche à laisser penser que ce mouvement se résumerait à 200 casseurs sur les Champs-Elysées”, a estimé Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, sur BFM TV. “La seule question posée au pouvoir actuel n’est pas de savoir comment minorer, comment organiser un face-à-face commode avec l’extrême droite mais de répondre sur le fond à ces Français qui manifestent leur colère.”

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a salué la mobilisation et appelé ses “amis à maintenir leur soutien (...) et à s’y insérer dans le respect de l’autonomie de ce mouvement”.

“On voudrait faire croire que c’est une manifestation d’extrême droite, et on voudrait faire croire qu’elle est peu nombreuse. Elle n’est ni l’une ni l’autre, c’est la mobilisation du peuple lui-même”, a-t-il déclaré.

Des milliers de “Gilets jaunes” ont investi samedi les Champs-Elysées à Paris et ont été repoussés par des canons à eau et des gaz lacrymogènes par les autorités alors qu’ils tentaient de braver les barrages pour rejoindre la place de la Concorde.

Pour certains masqués et vêtus de noir, ils ont descellé des pavés pour s’en servir de projectile sur les forces de l’ordre, d’autres ont enlevé du mobilier urbain (plantes, grilles, barrières mais aussi des chaises des bars et restaurants) pour monter des barricades.

Des tensions ont également été constatées en province, notamment dans la Jura, où un homme armé est “intervenu” sur un rond-point au milieu des Gilets jaunes à Dole, a déclaré le ministre de l’Intérieur.

“Je demande à celles et ceux qui veulent manifester de se préserver, de se retirer de ces actes de violence et j’appelle les responsables politiques à les dénoncer plutôt qu’à les alimenter”, a dit Christophe Castaner.

Julie Carriat, édité par Eric Faye et Yves Clarisse

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