November 23, 2018 / 12:14 PM / 18 days ago

Samedi périlleux à Paris, où s'annoncent les "Gilets jaunes"

PARIS (Reuters) - Les pouvoirs publics ont réitéré vendredi leurs mises en garde contre tout débordement à la veille d’un nouveau rassemblement à haut risque de “Gilets jaunes” à Paris.

Les pouvoirs publics ont réitéré vendredi leurs mises en garde contre tout débordement à la veille d'un nouveau rassemblement à haut risque de "Gilets jaunes" à Paris. /Photo prise le 22 novembre 2018/REUTERS/Jean-Paul Pelissier

“J’en appelle à la responsabilité des organisateurs. La liberté d’expression leur sera garantie mais elle ne peut pas s’exercer au détriment de la sécurité, de l’ordre public, du droit de chacun d’aller et venir”, a dit le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, en conférence de presse.

Des porte-parole des manifestants, qui multiplient depuis une semaine en France les actions contre la taxe écologique sur les carburants, refusent que ce rassemblement soit cantonné au Champ-de-Mars, comme le demande le gouvernement.

“Nous n’irons pas au Champ-de-Mars. Nous ne sommes pas partis pour faire un pique-nique géant sur un carré d’herbe mais bien pour faire une mobilisation citoyenne dans les rues de Paris”, a ainsi déclaré sur BFM TV Laetitia Dewalle, porte-parole des “Gilets jaunes” du Val d’Oise.

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a demandé aux “Gilets jaunes” de se conformer à la loi et mis en cause, dans leurs rangs, une “petite minorité extrêmement politisée” dont il a dénoncé les dérives.

Selon un bilan officiel, les incidents qui ont émaillé les actions des “Gilets jaunes” depuis samedi ont fait deux morts, 606 blessés, dont 17 graves parmi les manifestants, 136 blessés, dont trois graves parmi les forces de l’ordre, 795 interpellations et 605 gardes à vue.

Pour la journée de vendredi, on dénombrait 5.174 manifestants, 351 manifestations et 58 points de tension, a rapporté Christophe Castaner.

PÉRIMÈTRE DE SÉCURITÉ DANS LE CENTRE DE PARIS

Quelque 3.000 membres des forces de l’ordre, notamment des unités mobiles, seront mobilisées samedi à Paris et les communes limitrophes pour ce seul événement, a précisé la préfecture de police de Paris.

Le préfet de police, Michel Delpuech, a indiqué qu’un périmètre sécurisé serait mis en place autour de la place de la Concorde, des alentours du palais de l’Elysée”, de l’Assemblée nationale et de l’hôtel de Matignon.

“Aucun cortège en lien avec les ‘Gilets jaunes’ ne pourra s’y dérouler”, a assuré Michel Delpuech.

“Il n’est pas certain du tout d’après les informations dont nous disposons que les montées soient massives depuis la province, les indications sont plutôt d’un autre ordre”, a-t-il dit, anticipant “ici ou là des tentatives de blocage sur le périphérique sur telle ou telle porte et toute la journée”.

Un dispositif judiciaire est également prévu. “On libère les places utiles pour les gardes à vue qui seraient à gérer.”

Selon le secrétaire général du syndicat Alternative Police, proche de la CFDT, les pouvoirs publics prévoient un dispositif capable de faire face à 30.000 manifestants.

“Un grand nombre de policiers en repos vont être rappelés et des arrêtés vont être pris pour faciliter les interpellations dans les environs de l’Elysée, en cas de tentative d’accéder à des lieux non autorisés”, a dit à Reuters Denis Jacob.

AUTRES MANIFESTATIONS

L’une des inconnues réside dans le nombre de casseurs qui pourraient tenter de profiter de la manifestation.

“Nous savons qu’il y a des infiltrations d’ultra-droite et d’ultra-gauche. On peut s’attendre aussi à des descentes de bandes de banlieues et à la présence de ‘black blocks’”, souligne Denis Jacob. “Ceux qui refusent un rassemblement sur le Champ-de-Mars porteront la responsabilité d’éventuels débordements.”

Le rassemblement annoncé des “Gilets jaunes” coïncide avec plusieurs autres manifestations et événements qui mobiliseront également les forces de l’ordre à Paris.

Un défilé contre les violences sexistes et sexuelles est ainsi prévu à partir de 14h00 place de l’Opéra, au coeur de la capitale. A la même heure, des policiers commenceront une “marche blanche” au Trocadéro, face au Champ-de-Mars mais de l’autre côté de la Seine, à la mémoire de leur collègue Maggy Biskupski, présidente de l’association “mobilisation des policiers en colère”, qui s’est récemment suicidée.

A 17h00 sera donné au Parc des Princes le coup d’envoi du match de football de Ligue 1 opposant le PSG à Toulouse, et quatre heures plus tard sera donné celui du test match de rugby France-Fidji, au Stade de France.

Le tout sur fond de menace terroriste persistante, comme l’ont rappelé jeudi Christophe Castaner et son secrétaire d’Etat, Laurent Nuñez.

“Aujourd’hui les policiers sont en permanence sur le mouvement des Gilets jaunes, ils sont harassés”, a déclaré à Reuters Denis Jacob. “Nous appelons le ministre à leur accorder une prime et deux jours de congés exceptionnels.”

Emmanuel Jarry, Elizabeth Pineau et Julie Carriat, édité par Yves Clarisse

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