November 22, 2018 / 9:27 PM / 21 days ago

Hulot regrette une fronde "évitable" contre la fiscalité verte

PARIS (Reuters) - Nicolas Hulot a défendu jeudi son combat pour l’écologie au gouvernement et appelé l’exécutif à développer enfin un accompagnement social “digne de ce nom” de la transition verte, dans sa première intervention médiatique depuis sa démission fracassante du ministère de la Transition écologique et solidaire il y a trois mois.

Nicolas Hulot a défendu jeudi son combat pour l'écologie au gouvernement et appelé l'exécutif à développer enfin un accompagnement social "digne de ce nom" de la transition verte, dans sa première intervention médiatique depuis sa démission fracassante du ministère de la Transition écologique et solidaire il y a trois mois. /Photo prise le 22 août 2018/REUTERS/Charles Platiau

“”La France se serait bien passée de cette confrontation qui effectivement oppose l’écologie au social alors que ma volonté à moi c’était de réconcilier l’écologie et le social, et on n’y est pas parvenu, et cette crise était évitable”, a déclaré Nicolas Hulot, interpellé dans l’Émission politique sur France 2 sur le mouvement des “Gilets jaunes”, au sixième jour de protestation contre la hausse des taxes sur les carburants.

“Je me suis battu et notamment dans les semaines qui ont précédé mon départ, pour qu’on change complètement d’échelle dans l’accompagnement social de la transition énergétique et écologique”, a-t-il dit.

“J’aurais préféré ne pas avoir eu raison sur le risque d’emballement que l’on connaît”, a-t-il ajouté, déplorant notamment le refus du gouvernement d’allouer 10% des crédits générés par l’augmentation de la taxe carbone à cet accompagnement, et une baisse des aides pour rénover les bâtiments et les passoires thermiques.

Assurant avoir une “cruelle conscience” des “problèmes de fin de mois” d’une partie des Français, il a appelé l’exécutif à saisir la proposition de la CFDT d’organiser des Etats généraux de la transition écologique.

“Je pense qu’il est très important de saisir la proposition de la CFDT d’organiser rapidement la réunion de tous les partenaires sociaux”, a-t-il dit.

PLUS DE “POLITIQUE CONVENTIONNELLE”

Auteur du “Plan climat” lancé en juillet 2017 afin d’accélérer la mise en oeuvre de l’Accord de Paris de décembre 2015 destiné à lutter contre le réchauffement climatique, Nicolas Hulot a défendu l’urgence de s’occuper, outre de la colère populaire, d’un “sujet qui s’appelle ni plus ni moins la fin du monde”.

Le plan prévoit notamment de faire converger la fiscalité entre le diesel et l’essence, d’augmenter le prix du carbone et de mettre fin à la vente des voitures émettant des gaz à effet de serre d’ici 2040, tout en prévoyant l’aide du chèque énergie pour les plus modestes.

Revenant sur son départ du gouvernement, expliqué par son refus d’une politique des petits pas, Nicolas Hulot a estimé que sa décision avait été la bonne, face à une “incompréhension” avec l’exécutif.

“Je pense qu’on ne mesurait pas la même gravité, on n’avait pas le même diagnostic sur l’état de la planète et sur les menaces qui pèsent sur l’humanité donc à partir du moment où on n’a pas le même diagnostic, on ne propose pas le même traitement. Si on vous dit que vous avez une bronchite ou si on vous dit que vous avez un cancer généralisé, c’est pas la même chose”, a-t-il déclaré dans une partie de l’émission enregistrée à l’avance.

“Je crois que cette décision a été comprise”, a ajouté Nicolas Hulot. “J’ai le sentiment qu’elle a provoqué une forme de sursaut”, a-t-il poursuivi, citant en exemple l’appel contre les pesticides “Nous voulons des coquelicots” tout en admettant que les “Gilets jaunes” étaient pour l’heure plus visibles que les “Gilets verts”.

A l’heure où certains, comme l’ex-ministre de l’Ecologie Delphine Batho, plaident pour qu’il mène une liste écologiste aux élections européennes de mai prochain, Nicolas Hulot a exclu d’être candidat et réfuté tout soutien à une liste en particulier, et notamment une liste La République en marche.

“Je ne vais pas abandonner mon engagement, j’en suis prisonnier intellectuellement, mais il faut que je trouve une autre forme et cette forme à mon avis maintenant ça passera par la société citoyenne”, a-t-il dit, évoquant un rôle de “porte-parole” d’initiatives.

“On a besoin de sang neuf. Moi je suis disponible mais pas dans le champ politique conventionnel”, a-t-il ajouté.

Julie Carriat, édité par Tangi Salaün

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