November 22, 2018 / 11:06 AM / 18 days ago

Pas de changement de cap pour FO, dit son nouveau dirigeant

PARIS (Reuters) - Le nouveau secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, a assuré jeudi après son élection que la ligne politique dure adoptée par le troisième syndicat de France depuis avril dernier serait maintenue face au gouvernement.

Le nouveau secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, a assuré jeudi après son élection que la ligne politique dure adoptée par le troisième syndicat de France depuis avril dernier serait maintenue face au gouvernement. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

Doyen du Bureau confédéral, la direction rapprochée de Force ouvrière, il a été élu avec 45,75% des voix, ce qui laissait supposer le retour à une ligne plus conciliante vis-à-vis de l’exécutif après la démission fracassante de Pascal Pavageau le mois dernier en raison de fichiers internes insultants.

Yves Veyrier, 60 ans, était en effet soutenu par le camp des réformistes dont faisait partie Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO de 2004 à 2018, soit près de 40% des militants.

Jean-Claude Mailly avait par exemple refusé de se mobiliser contre la réforme du Code du travail de 2017, ce qui avait suscité une vague de mécontentement de la base du syndicat et entraîné l’élection de Pascal Pavageau, plus radical.

“Ce serait complètement impossible que l’élection d’un membre du bureau confédéral et même du secrétaire général puisse être un moment de mise en cause (...) des orientations du Congrès confédéral” tenu en avril qui détermine la ligne de FO, a toutefois tranché jeudi Yves Veyrier.

FRACTURES AU SEIN DE FO

Signe que les fractures restent importantes, il l’a emporté de justesse contre Christian Grolier, partisan d’une ligne revendicatrice dans la lignée de Pascal Pavageau, et soutenu par le camp trotskiste. L’écart a été de 143 voix sur 6.032.

Le troisième candidat, Patrice Clos, secrétaire général de la Fédération nationale des transports et de la logistique, a remporté 10,89% des voix. Habituellement, les maisons arrivent à s’entendre sur une candidature unique en amont des élections.

Yves Veyrier se positionne comme le candidat “capable de rétablir l’autorité de la confédération”, après une série de révélations qui ont fortement entaché l’image du syndicat.

Pascal Pavageau a dû démissionner après la publication par le Canard enchaîné d’un article sur l’existence de fichiers injurieux pour les cadres de l’organisation, et des révélations dans le Parisien sur les dépenses des cadres ont achevé de plomber l’image du syndicat.

Comme pour écarter tout doute sur sa ligne, le nouveau secrétaire parle de “reconquérir” le terrain en matière sociale.

Il met par exemple en garde contre un nouveau “rapt de la sécurité sociale”, pour dénoncer la main-mise de l’Etat sur la gestion du régime.

Il dit vouloir piloter les chantiers en cours, tel que le bureau confédéral l’a fait en l’absence de dirigeant: le projet de loi sur la santé au travail, les négociations sur l’assurance chômage ou encore la concertation sur le dossier des retraites.

PAS DE MOBILISATION “POUR L’INSTANT”

Il rappelle la méthode: “dire lorsqu’on n’est pas d’accord avec tel ou tel projet de réforme”, et, au besoin, “si on n’arrive pas à être entendu”, manifester, appeler à la grève.

Mais pas question de répondre à l’appel de Patrice Clos à grossir le mouvement des “Gilets jaunes”, créé au départ pour dénoncer la hausse du prix du carburant.

“L’urgence pour nous, et je crois qu’on a cette légitimité, est de rétablir la clarté du discours syndical sur ce que sont les intérêts et attentes des salariés et les revendications qu’on met en face”, dit-il.

Par le passé, FO avait réclamé, lorsque le pays a été confronté à une hausse du prix de l’essence, une augmentation générale des salaires et la création d’une indemnité de transports pour certains salariés.

“Pour l’instant”, Force ouvrière n’appelle pas à manifester aux côtés de la CGT le 1er décembre même si le mot d’ordre est similaire. “Nous n’en avons pas discuté”, dit Yves Veyrier.

En ce qui concerne les débats qu’Emmanuel Macron veut organiser à travers la France pour apaiser la grogne, il s’est montré circonspect.

“Se dissoudre dans des espaces de discussion où plus personne ne sait qui parle au nom de quoi (...), ce n’est pas trop notre sens de l’efficacité de l’action syndicale.”

Edité par Yves Clarisse

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