November 21, 2018 / 11:20 AM / 20 days ago

Suspense pour le choix du nouveau chef de Force ouvrière

PARIS (Reuters) - Les militants de Force ouvrière sont appelés à élire leur nouveau secrétaire général mercredi et jeudi, lors d’un Comité Confédéral National (CCN) extraordinaire, après la démission fracassante de Pascal Pavageau le mois dernier.

Les militants de Force ouvrière sont appelés à élire leur nouveau secrétaire général mercredi et jeudi, lors d'un Comité Confédéral National (CCN) extraordinaire, après la démission fracassante de Pascal Pavageau (photo) le mois dernier. /Photo prise le 27 avril 2018/REUTERS/Pascal Rossignol

L’éphémère dirigeant du troisième syndicat de France a annoncé son départ à la mi-octobre après la publication par le Canard enchaîné de fichiers injurieux sur les cadres de l’organisation.

Trois candidats sont en lice pour reprendre la tête du syndicat avec pour tâche de redorer son image fortement entachée depuis cette affaire à l’approche des élections professionnelles du 6 décembre pour la fonction publique.

Il s’agit de Christian Grolier, 52 ans, secrétaire général de FO-fonctionnaires depuis 2012, d’Yves Veyrier, 60 ans, membre depuis 2004 du Bureau confédéral et de Patrice Clos, 53 ans, secrétaire général de la Fédération nationale des transports et de la logistique.

Le fait que trois candidats se présentent pour prendre la tête de Force ouvrière est sans précédent pour le syndicat, qui aurait préféré avoir un candidat unique en bout de course.

Mais les tractations entre les “maisons” n’ont cette fois pas abouti à un compromis. La partie se joue entre Christian Grolier, soutenu par les trotskistes, lesquels représentent 40% des militants, et Yves Veyrier, soutenus par les réformistes eux aussi, pour 40% des militants.

Patrice Clos, proche de Pascal Pavageau, est soutenu par les anarchistes ou les “sans étiquette”, soit les 20% restants, ce qui lui laisse peu de chance de réussite, selon des membres du bureau confédéral.

Les pronostics étaient très serrés mercredi, à mesure que les fédérations et unions départementales annonçaient officiellement leur couleur. Il manquait encore le positionnement d’une quinzaine de structures qui pouvaient faire pencher la balance, selon un cadre de FO.

DEUX VISIONS DU DIALOGUE SOCIAL

Mais si l’écart se creuse entre les deux favoris, il est possible que l’un d’entre eux se retire de la course avant le scrutin officiel jeudi matin.

Le CCN, qui laisse mercredi la tribune aux secrétaires généraux des instances de FO, sera par ailleurs “très animé”, présage Christophe Lecomte, secrétaire général de l’union départementale de l’Essonne.

Son union départementale s’est déjà prononcée pour Christian Grolier. “On veut quelqu’un qui a les épaules solides pour porter les résolutions” du Congrès de Lille d’avril 2017, marqué par un durcissement de la position de Force ouvrière face aux réformes sociale du gouvernement.

Certains membres réformistes du bureau confédéral voient dans Yves Veyrier le candidat qui peut “remettre de l’ordre dans la maison”. Doyen du bureau confédéral, “il connaît la maison par coeur”, a fréquenté autant “les anars”, que “les trotskistes et les réformistes”, dit l’un d’eux.

“Il va d’abord discuter et, s’il n’obtient pas gain de cause par la discussion, il regarde comment il peut mobiliser”, explique un membre du bureau confédéral.

Mais s’il est élu, il ne resterait que le temps du mandat, soit encore deux ans avant le prochain congrès, ajoute cette source, ouvrant la voie à un nouveau candidat par la suite.

A l’inverse, Christian Grolier a fait savoir qu’il était prêt à rester plus longtemps. “Quand on s’engage, on s’engage jusqu’au bout”, dit-il à Reuters. “Si les camarades sont satisfaits du premier mandat, je me représenterai.”

Déjà, ce dernier promet de mettre au coeur des priorités du syndicat dans les prochains jours des revendications salariales, comme un écho aux réclamations des “Gilets jaunes” inquiets vis-à-vis de leur pouvoir d’achat.

Tenant d’une ligne revendicatrice, il se dit satisfait des positions de Pascal Pavageau avant lui. “C’est l’ADN de Force ouvrière, la négociation, donc on fera tout pour négocier jusqu’au bout”, dit-il. “Mais à aucun moment, on n’ira négocier quelque chose qui pourrait être contraire aux intérêts des salariés que nous représentons.”

La CGT a déjà appelé à une mobilisation interprofessionnelle le 1er décembre pour réclamer une baisse des taxes sur les produits de première nécessité et une hausse des salaires, des pensions et des minima sociaux.

Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

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