November 20, 2018 / 10:28 AM / 21 days ago

Les maires appellent à la négociation sur la taxe d'habitation

PARIS (Reuters) - A la veille d’une rencontre avec Emmanuel Macron à l’Elysée, le président de l’Association des maires de France (AMF) François Baroin a appelé mardi l’exécutif à entrer dans “une phase de négociation” pour décider d’un dispositif de compensation de la suppression de la taxe d’habitation.

François Baroin (photo), président de l'Association des maires de France, a appelé mardi l'exécutif à entrer dans "une phase de négociation" pour décider d'un dispositif de compensation de la suppression de la taxe d'habitation, soulignant que les communes n'étaient pas une "filiale" de l'Etat. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Cet appel survient au premier jour du congrès annuel des maires, qui se tient jusqu’à jeudi à Paris, sur fond de désaccords persistants entre des édiles “fatigués”, qui réclament des “actes”, et un gouvernement déterminé à tourner la page des tensions en dépit de “positions partisanes”.

Contrairement à l’année dernière où il avait fait le déplacement porte de Versailles et essuyé des sifflets, Emmanuel Macron a choisi cette année de prononcer un discours mercredi soir à l’Elysée devant les maires de France, avec lesquels il aura ensuite un échange informel.

A la veille de cette rencontre et à deux jours du discours du Premier ministre Edouard Philippe, François Baroin a accentué la pression sur l’exécutif concernant la compensation de la suppression de la taxe d’habitation, promise à “l’euro près” par l’exécutif mais sur laquelle rien n’a encore été tranché.

“Nous ne voulons pas porter l’impopularité fiscale sur une décision que nous n’avons pas prise”, a prévenu François Baroin, maire (Les Républicains) de Troyes, dans un entretien au Figaro.

Pour l’ancien ministre du Budget, la compensation de la suppression progressive de la taxe d’habitation, est aujourd’hui “un brouillard à couper au couteau”.

“Nous attendons une compensation à l’euro près, indexée à l’inflation, pour garantir les moyens de financement des services publics dans nos communes”, a-t-il déclaré.

“Nous voulons rentrer dans une phase de négociation, sur l’avenir de la compensation de la taxe d’habitation”, a-t-il précisé dans la matinée sur Europe 1. “Une commune, ce n’est pas une succursale de l’Etat, encore moins une filiale. Les maires, c’est des élus, ils sont mandatés, c’est pas des fonctionnaires, ils ne sont pas là pour avoir le petit doigt sur la couture et agir sur ordre.”

INQUIÉTUDE ET DÉTRESSE

Promise en partie pendant la campagne présidentielle, la suppression de la taxe d’habitation (TH) à l’horizon 2020 va se traduire par une perte pour les communes estimée à 26,3 milliards d’euros selon un rapport parlementaire remis début mai au Premier ministre.

Sa compensation se révèle être un véritable casse-tête pour l’exécutif dans un contexte de contrainte budgétaire et rien ne devrait être annoncé avant la présentation au premier semestre 2019 d’un projet de loi de finances rectificatives dans lequel sera introduite la réforme de la fiscalité locale.

Dans une tentative de désamorçage des tensions avant la réception de mercredi, Emmanuel Macron a adressé une lettre à tous les maires de France dans laquelle il rend hommage aux élus et assure que ses engagements, notamment budgétaires, seront tenus.

“J’ai admiration et amitié pour les maires de France”, a renchéri Edouard Philippe à l’Assemblée nationale mardi. “Les difficultés du métier de maire, elles sont réelles, elles sont considérables.”

Reste à savoir si ces déclarations suffiront, jeudi, à convaincre des maires en pleine “fatigue psychologique” face “aux attentes de plus en plus élevées des citoyens”, selon une étude du Cevipof rendue publique la semaine dernière.

Le Congrès des maires a “cette année une résonance particulière tant l’inquiétude, voire la détresse, des élus est grande”, a prévenu mardi le président du Sénat Gérard Larcher (Les Républicains) sur Twitter. “L’entendre oui, mais ça ne suffit pas. Ils demandent des actes au gouvernement”.

Sophie Louet et Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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