November 13, 2018 / 6:27 AM / a month ago

Accalmie entre Gaza et Israël

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - Le calme est revenu mardi soir à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, où une médiation égyptienne a permis de suspendre les échanges de tirs les plus violents depuis l’opération “Bordure protectrice” en 2014.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a réuni mardi matin son "cabinet de sécurité", afin d'envisager les prochaines mesures d'Israël face au regain de violences avec les Palestiniens de la bande de Gaza, territoire à la limite duquel l'armée a annoncé avoir envoyé des renforts d'infanterie et de blindés. /Photo prise le 13 novembre 2018/REUTERS/Suhaib Salem

Si les deux camps ont souligné la précarité de cette trêve, les échanges de tir ont cependant cessé vers 17h00 (15h00 GMT) et un responsable palestinien informé des négociations a indiqué que les groupes combattants présents dans Gaza avaient cessé le feu dans le cadre d’un accord proposé par l’Egypte.

“Pour ce qui nous concerne, la trêve a pris effet”, a dit un responsable palestinien, ajoutant qu’il revenait à Israël de la respecter de son côté. Le chef du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, avait aussi évoqué plus tôt dans la journée la possibilité d’un cessez-le-feu si Israël met fin à ses raids.

De sources israéliennes, on a confirmé que Le Caire avait été impliqué dans l’arrangement intervenu mardi soir, au terme d’une journée sans précédent depuis quatre ans au cours de laquelle les tirs de roquettes palestiniennes sur le sud d’Israël et les raids aériens israéliens sur Gaza s’étaient poursuivis.

Le ministre israélien de la Sécurité, Yuval Steinitz, a déclaré sur la chaîne Ynet TV qu’Israël avait “porté un coup sans précédent contre le Hamas et les groupes terroristes dans Gaza, et nous verrons si cela sera suffisant ou si de nouveaux coups seront nécessaires”.

Réuni pendant six heures autour du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le “cabinet de sécurité” israélien avait ordonné à l’armée de poursuivre ses opérations “autant que nécessaire”, laissant entendre que les frappes pourraient cesser si les Palestiniens arrêtent de tirer des roquettes.

Israël a envoyé des renforts d’infanterie et de blindés à la frontière de l’enclave palestinienne. L’armée a indiqué mardi que le bouclier antiaérien “Dôme de fer” avait intercepté une centaine de projectiles.

Sur les sept Palestiniens tués par les frappes depuis lundi dans la bande de Gaza, cinq au moins sont des activistes.

A Ashkelon, dans le sud d’Israël, une roquette tirée de Gaza a frappé une maison et tué un travailleur palestinien originaire de Cisjordanie. Une femme grièvement blessée a été retirée des décombres.

En deux jours, plus de 400 roquettes ou obus de mortier ont été tirés sur Israël. Un soldat israélien a été blessé lundi lorsqu’un missile guidé a frappé un autocar, a précisé Tsahal.

Le mouvement Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007, a lancé son offensive après la mort d’un de ses chefs, tué dimanche avec six autres combattants palestiniens par des commandos israéliens. Un colonel israélien a également trouvé la mort dans cette opération qui a provoqué cette nouvelle flambée de violence.

Les dizaines de raids israéliens ont frappé des bâtiments de l’enclave gazaouie, dont un site des renseignements du Hamas et les studios de la chaîne de télévision Al Aksa - l’armée israélienne avait demandé au préalable au personnel d’évacuer les locaux.

APPELS AU CALME

L’Egypte a appelé Israël à la retenue. Les Etats-Unis, allié d’Israël, ont “condamné dans les termes les plus vifs les attaques à la roquette, au missile et au mortier de Gaza vers Israël”.

“Nous appelons à un arrêt durable de ces attaques. Nous nous tenons au côté d’Israël”, a ajouté la porte-parole du département d’Etat, Heather Nauert.

“L’escalade des dernières 24 heures est EXTRÊMEMENT dangereuse et téméraire”, a tweeté pour sa part Nickolay Mladenov, émissaire des Nations unies pour le Proche-Orient. “Les roquettes doivent CESSER, tout le monde doit faire preuve de retenue”, a-t-il écrit.

Emmanuel Macron, qui s’est entretenu par téléphone avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, “a fermement condamné les nombreux tirs de roquettes par le Hamas qui ont fait des victimes et exprimé sa solidarité aux populations touchées”, a rapporté l’Elysée.

Le président français “a appelé les parties à éviter toute escalade et un nouveau cycle de violence meurtrier”.

Selon le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, porte-parole de l’armée israélienne, le Hamas et le Djihad islamique disposent de plus de 20.000 roquettes et obus de mortier de divers calibres et portées, en mesure d’atteindre les grandes villes israéliennes que sont Tel Aviv et Jérusalem.

Trois conflits ont opposé en dix ans Israël et le Hamas.

avec Dan Williams; Jean Terzian, Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français, édité par Henri-Pierre André

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