November 12, 2018 / 12:00 PM / a month ago

11% des enseignants en grève contre des coupes de postes

PARIS (Reuters) - Près de 11% des enseignants ont répondu lundi à l’appel à la grève unitaire de leurs syndicats pour protester contre les coupes prévues l’an prochain dans les effectifs du second degré et de l’administration, montre un décompte publié par le ministère de l’Education nationale.

Près de 11% des enseignants ont répondu lundi à l'appel à la grève unitaire de leurs syndicats pour protester contre les coupes prévues l'an prochain dans les effectifs du second degré et de l'administration. /Photo prise le 12 novembre 2018/REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Les députés entament mardi l’examen du chapitre Education nationale du budget 2019, marqué par ailleurs par un accroissement de 850 millions d’euros, mais jugé synonyme de dégradation des conditions d’apprentissage et de travail des personnels par les fédérations FSU, SGEN-CFDT, SNALC, UNSA Éducation, dans le primaire et le secondaire, public ou privé.

Les syndicats déplorent notamment la suppression totale de 2.650 postes dans le second degré, par le biais d’un redéploiement vers le primaire où se poursuivent les dédoublements de classe de CP et CE1 en éducation prioritaire promis par Emmanuel Macron, ainsi que 400 suppressions de postes de personnels administratifs.

Le ministère de l’Education nationale fait état d’une moyenne de grévistes de 11,33 % lundi pour les enseignants (9,92% pour l’ensemble des personnels), 8,69% pour les écoles primaires et 13,76% pour les collèges et lycées, des chiffres très en deçà de ceux revendiqués par les syndicats majoritaires.

Le SNUipp-FSU recense 100.000 enseignants des écoles primaires en grève, soit un quart de grévistes, tandis que dans les collèges et lycées, le SNES-FSU recense un taux de grévistes de 50%.

3.900 MANIFESTANTS À PARIS

“Avec près d’un enseignant sur deux du second degré en grève ce 12 novembre 2018, c’est un mécontentement profond qui s’exprime”, note le syndicat majoritaire dans un communiqué. “L’ampleur des attaques contre la Fonction publique et plus particulièrement l’Éducation nationale explique cette forte réaction.

Selon le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, avec une personne sur dix en grève, “on ne peut pas parler de succès”.

“Bien entendu, j’entends les uns et les autres s’exprimer”, a-t-il dit sur Public Sénat. “Je vois que parfois c’est fait avec un peu d’excès. Personne n’ignore qu’il y a des élections professionnelles dans trois semaines et que ça invite, dans une tradition française qu’on peut discuter, à une certaine surenchère.”

“L’école primaire (...) doit être notre priorité”, a-t-il ajouté, “Y compris dans l’intérêt de l’enseignement secondaire, puisqu’on a besoin d’aller à la racine des difficultés des enfants pour qu’ils sachent lire, écrire, compter, respecter autrui en arrivant dans le secondaire.”

Près d’un millier de manifestations étaient prévues dans toute la France, notamment à Lyon où 1.800 personnes selon la police, 2.500 selon les organisateurs, ont défilé contre la réforme du lycée et du baccalauréat menée par le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer.

Le cortège, principalement composé d’enseignants, d’étudiants et de nombreux lycéens a traversé la ville de la place Guichard au rectorat en chantant “Macron, t’es foutu, la jeunesse est dans la rue”.

Dans le collimateur des lycéens, le choix des options et leurs répartitions dans les différents établissements du territoire.

“Non à la suppression des options”, “Où sont passées nos options ?” pouvait-on lire sur les affichettes brandies par les jeunes manifestants. Nathalie, enseignante dans un lycée de centre ville, dénonce, elle, “les futures inégalités territoriales qui découleront de la répartition des options”.

“La régression sociale ne se négocie pas, elle se combat”, pouvait-on lire sur des banderoles dans le cortège parisien parti à 14h00 du jardin du Luxembourg pour rejoindre le ministère de l’Education nationale. La préfecture de police a dénombré 3.900 manifestants dans la capitale.

Julie Carriat, avec Catherine Lagrange à Lyon, édité par Yves Clarisse et Caroline Pailliez

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