November 12, 2018 / 10:04 AM / a month ago

Le procès d'un crime "hors-série" du couple Fourniret-Olivier

PARIS (Reuters) - Michel Fourniret et Monique Olivier, déjà condamnés pour le meurtre de sept adolescentes et jeunes femmes entre 1987 et 2001, comparaissent à partir de mardi devant une cour d’assises pour le crime qui leur a permis de financer leurs meurtres.

Michel Fourniret et Monique Olivier, déjà condamnés pour le meurtre de sept adolescentes et jeunes femmes entre 1987 et 2001, comparaissent à partir de mardi devant une cour d'assises pour le crime qui leur a permis de financer leurs meurtres. /Photo prise le 23 août 2018/REUTERS/Philippe Wojazer

Arrêté en juin 2003 en Belgique pour l’enlèvement d’une fillette et dénoncé en 2004 aux enquêteurs belges par son épouse et complice, “l’ogre des Ardennes” a notamment reconnu avoir tué en avril 1988 Farida Hammiche, compagne d’un braqueur côtoyé auparavant en prison, Jean-Pierre Hellegouarch.

Ce crime lui a permis de récupérer dans un cimetière quelques dizaines de kilos de lingots et pièces d’or provenant de vols à main armée commis entre 1981 et 1986 par un groupe de malfaiteurs resté célèbre sous le nom de “gang des postiches”.

C’est pour ce meurtre que le tueur en série et sa complice seront jugés du 13 au 16 novembre devant la cour d’assises des Yvelines, à Versailles, une affaire que la justice française n’avait pas voulu joindre au procès de 2008 pour les sept assassinats d’adolescentes et de jeunes femmes.

Ce que regrette Me Didier Seban, un des avocats des parties civiles en 2008 comme dans le procès à venir.

“C’est pourtant le meurtre fondateur, celui qui va permettre à Fourniret et Olivier d’avoir les moyens financiers de leur périple criminel”, a-t-il déclaré à Reuters.

Pour d’autres avocats de parties civiles, le véritable meurtre fondateur de ce couple infernal est en réalité celui, antérieur de plusieurs mois, de la jeune Isabelle Laville, 17 ans, enlevée, violée et assassinée dans l’Yonne en décembre 1987, deux mois et demi après que Fourniret eut fini de purger une peine pour agressions sexuelles, notamment sur mineure.

Ce meurtre a scellé le pacte criminel entre l’ex-dessinateur industriel au physique anodin, manipulateur hors norme, jugé sadique et d’une dangerosité absolue par les experts, et Monique Olivier, créditée, elle, d’un quotient intellectuel supérieur à la moyenne mais aussi d’une absence totale de moralité.

UN TROISIÈME DOSSIER À L’INSTRUCTION

Elle avait entamé une relation épistolaire avec Michel Fourniret quand il était incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne). Il en ressort, selon l’enquête, que Michel Fourniret devait assassiner ses premiers maris et qu’elle devait l’aider en échange à assouvir ses fantasmes sur une jeune vierge. Seul ce second volet sera mis à exécution, et bien au-delà.

Le butin récupéré après l’assassinat de Farida Hammiche a notamment été utilisé par le couple pour acheter le château du Sautou dans les Ardennes et deux véhicules qui serviront pour les crimes suivants, dans les deux pays.

Certaines des sept jeunes victimes pour lesquelles Michel Fourniret a été condamné en 2008 à la prison à perpétuité réelle et Monique Olivier à la perpétuité avec 28 ans de sûreté ont ainsi été amenées dans les propriétés acquises avec cet or.

C’est également avec une fourgonnette Citroën que Michel Fourniret a tenté en 2003 d’enlever en Belgique la fillette qui réussira à s’échapper et lui vaudra d’être enfin arrêté.

Extradé en France par la Belgique en janvier 2006, Michel Fourniret, 76 ans, et sa complice, 70 ans, ont avoué deux autres meurtres, pour lesquels une instruction est en cours à Paris.

Les victimes sont une handicapée mentale de 19 ans disparue en juillet 1988 à Auxerre, Marie-Angèle Domèce, et Joanna Parrish, britannique de 20 ans, violée et étranglée en mai 1990, également dans l’Yonne.

Michel Fourniret a aussi avoué plusieurs tentatives de viol et d’enlèvements entre le début des années 1990 et 2000 et les enquêteurs, belges notamment, estiment que la série pourrait ne pas s’arrêter aux crimes du couple connus à ce jour.

Ils s’interrogent notamment sur des crimes non résolus comme le cas Estelle Mouzin, fillette de neuf ans disparue en janvier 2003 en Seine-et-Marne.

Edité par Yves Clarisse

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