November 11, 2018 / 10:28 AM / a month ago

Cent ans après, l'armistice de la Grande Guerre célébré à Paris

PARIS (Reuters) - “N’oublions pas”: cent ans après la fin de la Première Guerre mondiale, quelque 70 dirigeants dont Vladimir Poutine, Donald Trump et Angela Merkel ont célébré dimanche à Paris le retour, en 1918, d’une paix aujourd’hui menacée selon Emmanuel Macron par les “démons” du passé et un retour des nationalismes.

"N'oublions pas": cent ans après la fin de la Première Guerre mondiale, quelque 70 dirigeants dont Vladimir Poutine, Donald Trump et Angela Merkel ont célébré dimanche à Paris le retour, en 1918, d'une paix aujourd'hui menacée selon Emmanuel Macron par les "démons" du passé et un retour des nationalismes. /Photo prise le 11 novembre 2018/REUTERS/Ludovic Marin

Déroulée sous une pluie fine au pied de l’arc de Triomphe, l’émouvante cérémonie a été ouverte une “Sarabande” de Bach interprétée par le violoncelliste américain Yo-Yo Ma et conclue par le boléro de Ravel joué par l’orchestre des jeunes de l’Union européenne.

Devant un parterre de dirigeants réunis sous une tente, des lycéens ont lu, en différentes langues, des témoignages des combattants de la “Grande Guerre” qui a mobilisé 70 millions de soldats, fait 10 millions de morts et 20 millions de blessés parmi les combattants.

L’artiste béninoise Angélique Kidjo a chanté en souvenir des troupes coloniales, quelques jours après l’hommage rendu par Emmanuel Macron et le président malien Ibrahim Boubacar Keïta à Reims aux 200.000 soldats de la “force noire” alors engagée.

“A 11h00 du matin, il y a cent ans jour pour jour, heure pour heure, à Paris comme dans toute la France, les clairons ont retenti et les cloches de toutes les églises ont sonné”, a dit Emmanuel Macron dans son discours. “C’était l’armistice, c’était la fin de quatre longues et terribles années de combats meurtriers”.

“Durant ces quatre années, l’Europe manqua de se suicider. L’Humanité s’était enfoncée dans le labyrinthe hideux d’affrontements sans merci, dans un enfer qui engloutit tous les combattants”, a ajouté le chef de l’Etat. “Souvenons-nous, n’oublions pas car le souvenir de ces sacrifices nous exhorte à être dignes de ceux qui sont morts pour nous”.

“LE NATIONALISME EST UNE TRAHISON”

Dans un contexte de tensions diplomatiques alimentées par une série de décisions unilatérales de Donald Trump et une montée des nationalismes en Europe, le chef de l’Etat a appelé à la vigilance et à la responsabilité.

“Le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme, le nationalisme en est une trahison. En disant ‘nos intérêts d’abord et qu’importe les autres’, on gomme ce qu’une Nation a de plus précieux : ses valeurs morales”, a-t-il déclaré.

“Les démons anciens ressurgissent, prêts à accomplir leur oeuvre de chaos et de mort”, a poursuivi Emmanuel Macron. “L’Histoire menace parfois de reprendre son cours tragique et compromettre notre héritage de paix que nous croyions avoir définitivement scellé du sang de nos ancêtres”.

“Faisons une fois de plus ce serment des Nations de placer la paix plus haut que tout parce que nous en connaissons le prix”, a-t-il ajouté. “Nous tous, ici, dirigeants politiques, nous devons en ce 11 novembre 2018 réaffirmer devant nos peuples notre immense responsabilité, celle de transmettre à nos enfants le monde dont les générations d’avant ont rêvé”.

Cette cérémonie internationale est le point d’arrivée de l’”itinérance mémorielle” de sept jours qui a conduit Emmanuel Macron sur les lieux les plus emblématiques de la Grande Guerre, de Verdun à Notre-Dame-de-Lorette en passant par Les Eparges ou encore Morhange.

Le chef de l’Etat a notamment annoncé au cours de ce périple la panthéonisation, en 2019, de la France combattante de 1914-18 et de celle de l’écrivain de la Grande Guerre Maurice Genevoix.

Son avant-dernière étape, samedi à la clairière de l’armistice près de Compiègne (Oise), a donné lieu à un geste fraternel avec la chancelière allemande Angela Merkel réaffirmant “la réconciliation franco-allemande au service de l’Europe et de la paix”.

TRUMP ABSENT DU FORUM SUR LA PAIX

Après la cérémonie de l’arc de Triomphe, les dirigeants ont déjeuné à l’Elysée avant d’assister à un “forum pour la paix” à la grande halle de La Villette - en l’absence remarquée du président américain. La première édition de ce “moment d’échanges”, qui a vocation à devenir annuel, a été ouverte par Emmanuel Macron et Angela Merkel.

Pendant ce temps, Donald Trump prononçait un discours au cimetière américain de Suresnes (Hauts-de-Seine).

“Les patriotes français et américains de l’époque illustraient toutes les grandes valeurs de notre pays”, a-t-il dit. “Il est de notre devoir de préserver la civilisation qu’ils défendaient et de protéger la paix qu’ils ont préservée au prix de leur vie il y a un siècle.”

Les cérémonies du centenaire se sont déroulées sous haute surveillance dans la capitale française, où quelque 10.000 membres des forces de l’ordre ont été mobilisés.

Malgré ces renforts, trois militantes féministes sont parvenues à se faufiler pour surgir devant la voiture blindée de Donald Trump sur l’avenue des Champs-Elysées, avant d’être interpellées par les forces de l’ordre.

Une manifestation “anti-Trump” s’est déroulée place de la République.

Marine Pennetier et Elizabeth Pineau avec Steve Holland

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