November 9, 2018 / 12:51 PM / 8 days ago

Dans le bassin minier, Macron loue la transition énergétique, cible le FN

ALBERT, Somme (Reuters) - Emmanuel Macron a loué vendredi, au sommet du terril de Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais), la transition énergétique et les nouvelles industries tout en appelant à “assumer le passé industriel et ouvrier” d’une région qui a connu une reconversion difficile et où le Front national gagne du terrain.

Emmanuel Macron a loué vendredi, au sommet du terril de Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais), la transition énergétique et les nouvelles industries tout en appelant à "assumer le passé industriel et ouvrier" d'une région qui a connu une reconversion difficile après trois siècles d'exploitation du charbon. /Photo prise le 9 novembre 2018/REUTERS/Etienne Laurent

“Je pense que ce qu’on vit là, d’être en haut de ce terril, c’est assumer notre passé industriel, ouvrier mais regarder aussi un territoire, ici à Loos-en-Gohelle, qui est en train de changer en profondeur”, a dit le chef de l’Etat au sixième jour de son “itinérance mémorielle” et politique dans l’est et le nord de la France, cent ans après l’armistice de 1918.

“Il y a des élus courageux, des entreprises qui y croient, (c’est un territoire où-NDLR) on invente un modèle de transition énergétique, des nouvelles industries, une nouvelle économie avec la possibilité de se projeter vers l’avenir”, a-t-il souligné sur le plus haut terril d’Europe.

Affecté par un fort taux de chômage, le bassin minier a vu les scores du Front national - devenu Rassemblement national - progresser ces dernières années. Lors des élections législatives de 2017, cinq députés du parti de Marine Le Pen ont été élus dans le Nord et le Pas-de-Calais.

“Le Front national s’est nourri du cynisme de certains, de l’esprit de défaite de certains autres et de la résignation de braves gens qui se sont dit ‘plus personne ne nous comprend, on nous a abandonnés’”, a déclaré Emmanuel Macron. “S’il y a une chose que je veux que chacun de nos concitoyens comprenne profondément, c’est que je n’en abandonnerai aucun et que nous serons aux côtés de chacun et en particulier dans les territoires qui souffrent le plus”.

“RÉPONSES DÉMAGOGIQUES”

Le Grand Est et les Hauts-de-France, les deux régions traversées par le chef de l’Etat depuis dimanche dernier, “sont des territoires qui souffrent terriblement depuis la crise industrielle”, a-t-il poursuivi. “Notre devoir c’est d’être dans l’innovation permanente, l’innovation sociale, économique, politique. C’est une terre de combat qui mérite notre engagement”.

A la descente du terril et avant de rejoindre la Première ministre britannique Theresa May à Albert (Somme), Emmanuel Macron a fait une étape dans un bar PMU de Bully-les-Mines (Pas-de-Calais) où il a échangé avec une cinquantaine d’habitants de cette ville qui a voté au second tour de la présidentielle de 2017 à 52% pour Marine Le Pen.

Prix des carburants, formation des jeunes, retraites : pendant une trentaine de minutes, le chef de l’Etat a répondu aux questions des personnes présentes dans une ambiance détendue rompant avec les images de ces derniers jours où il avait été interpellé, parfois avec virulence, sur la question du pouvoir d’achat et du diesel.

“Il faut aller au contact de la colère, il ne faut pas chercher à l’éviter”, a-t-il dit à des journalistes à l’issue de cet échange. “Quand il y a des demandes, des besoins, qu’il y a une colère, il faut qu’elle s’exprime, pour moi la pire des choses c’est quand elle ne s’exprime pas.”

“Ensuite il ne faut pas apporter de réponses démagogiques, il faut expliquer où on emmène les gens”, a-t-il ajouté, une semaine après la publication d’un sondage Ifop dans lequel le FN devance pour la première fois La République en marche-MoDem dans les intentions de vote pour les européennes..

“Je sais face à qui j’étais au deuxième tour à l’élection présidentielle, je sais aujourd’hui qui est très haut dans les sondages sur les élections européennes”, a-t-il poursuivi. “La clef, c’est de regarder les réalités, les difficultés du territoire en face, c’est de trouver des solutions concrètes, de parler avenir, ce n’est pas d’expliquer aux gens qu’on va leur réinventer la vie d’il y a 30 ans, ce n’est pas vrai”.

Edité par Sophie Louet

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