November 6, 2018 / 2:51 PM / a month ago

Depuis 15H35 mardi, les femmes travaillent "gratuitement"

PARIS (Reuters) - Depuis mardi 6 novembre à 15h35, les femmes travaillent “gratuitement” jusqu’à la fin de 2018 si l’on tient compte des écarts de salaires entre les femmes et les hommes dénoncés par un collectif qui réclame des mesures “concrètes” du gouvernement.

Depuis mardi 6 novembre à 15h35, les femmes travaillent "gratuitement" jusqu'à la fin de 2018 si l'on tient compte des écarts de salaires entre les femmes et les hommes dénoncés par un collectif qui réclame des mesures "concrètes" du gouvernement. /Photo d'archives/REUTERS/Alessandro Garofalo

Selon le groupe Les Glorieuses, les femmes, qui gagnent en moyenne 23,7% de moins que les hommes, arrêteront d’être payées à 15h35 et 5 secondes précisément. “Nous sommes en 2018 et pourtant nous devons toujours nous battre pour que nos droits économiques soient respectés”, écrivent-elles dans une pétition.

Elles réclament trois mesures “concrètes” qui “ont fait leurs preuves dans d’autres pays”: la mise en place d’un congé paternité équivalent au congé maternité, une transparence des salaires dans les entreprises et un certificat d’égalité obligatoire, soit l’obligation de respecter l’égalité sous peine de sanction.

En parallèle, les femmes sont invitées à publier leur manque à gagner sur les réseaux sociaux sous le mot clé #6novembre15h35.

Pour la Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, cette date symbolique montre “à quel point il y a une urgence à agir pour l’égalité salariale”.

“Elle est inscrite dans la loi depuis plus de 40 ans et, néanmoins, 9 à 25% d’écart de salaire entre les femmes et les hommes persistent”, dit-elle sur Twitter en évoquant l’importance de passer “d’une obligation de moyen à une obligation de résultats”.

Elle rappelle les mesures votées par le gouvernement en août, notamment l’obligation dès le 1er janvier 2019 pour les entreprises de plus de 250 salariés de publier les écarts de salaires et de les résorber d’ici trois sans, sous peine de sanctions équivalente à 1% de la masse salariale.

Pour le syndicat Force ouvrière, en revanche, le gouvernement, qui présentait en mars “une feuille de route avec un objectif ambitieux” semble “emprunter une autre route”.

Il regrette la décision de revenir sur un logiciel mesurant les écarts de rémunération injustifiées, tel que le Premier ministre l’avait suggéré en mars dernier, proposition qui avait été vivement critiquée par le patronat.

FO regrette que la méthodologie de calcul des écarts qui sera présentée le 22 novembre par le gouvernement, à la place du logiciel, soit “basée sur des critères perfectibles pouvant permettre à des entreprises de se mettre à l’abri des sanctions même en cas d’inégalités avérées”.

La centrale réclame une concertation avec l’ensemble des organisations syndicales avant la validation définitive de la méthode pour discuter de la pondération des critères retenus.

Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

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