November 6, 2018 / 10:10 AM / a month ago

Macron annonce la panthéonisation de la France combattante de 14-18

VERDUN, Meuse (Reuters) - Emmanuel Macron a annoncé mardi, à l’occasion du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, la panthéonisation de la France combattante de 1914-1918 et d’un des plus importants écrivains de la Grande Guerre, Maurice Genevoix.

Emmanuel Macron a annoncé mardi, à l'occasion du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, la panthéonisation de la France combattante de 1914-1918 et d'un des plus importants écrivains de la Grande Guerre, Maurice Genevoix. /Photo prise le 5 novembre 2018/REUTERS/Etienne Laurent

Il faut, a déclaré le chef de l’Etat dans un discours aux Eparges (Meuse), théâtre d’une bataille éponyme en février 1915, se montrer “digne d’eux” en préservant la paix en Europe.

“Au moment où nous célébrons ce centenaire de la fin de la Grande Guerre, au moment où la voix des témoins s’est éteinte pour toujours, il est incompréhensible que ceux de 14 ne figurent pas (au Panthéon), eux dont la victoire a sauvé la patrie”, a-t-il estimé.

“Je souhaite qu’ils franchissent le seuil sacré avec Maurice Genevoix, leur porte-étendard qui, inlassablement, sut faire résonner la voix et le combat de ses camarades”, a-t-il souligné, annonçant également la création d’un mémorial pour le 11 novembre 2019 “afin que la nation leur rende hommage”.

“Ceux de 14”, le recueil de cinq volumes de Maurice Genevoix, qui fut grièvement blessé aux Eparges en février 1915, est considéré comme un ouvrage de référence et le premier grand témoignage d’un combattant français de la Grande Guerre.

L’entrée de Maurice Genevoix au Panthéon avait été évoquée par l’Elysée ces derniers mois sans jamais être confirmée. Le transfert de ses cendres - une option finalement écartée - avait été proposé dans un rapport sur les cérémonies commémoratives du centenaire de la Première Guerre mondiale en 2014.

“Symboliquement je suis content que Maurice Genevoix n’entre pas seul au Panthéon, il n’est pas le Soldat inconnu, il entre avec ceux dont il a porté le souvenir toute sa vie, donc je trouve qu’il y une cohérence et une logique”, a estimé le petit-fils de l’auteur, Julien Larere-Genevoix, présent aux Eparges.

Quelque 1,4 million de combattants français ont été tués pendant la Première Guerre mondiale. Mort en mars 2008, le dernier Poilu, Lazare Ponticelli, avait reçu des obsèques nationales aux Invalides.

“SE MONTRER DIGNE DES POILUS”

Cette annonce survient au troisième jour de l’”itinérance mémorielle” qui conduira Emmanuel Macron dans 11 départements en sept jours avant la cérémonie du 11 novembre, dimanche, sous l’arc de Triomphe à Paris et un forum pour la paix.

Le chef de l’Etat devrait à cette occasion une nouvelle fois prôner un “multilatéralisme fort” et mettre en garde contre la tentation du nationalisme, à six mois d’élections européennes dans une Union traversée par des lignes de fracture.

Dans un entretien publié jeudi dernier dans Ouest France, Emmanuel Macron s’est dit “frappé par la ressemblance entre le moment que nous vivons et celui de l’entre-deux-guerres”, des propos assumés dans une interview à Europe 1 diffusée mardi dans laquelle il se défend de jouer avec les peurs.

La Grande Guerre “fut le tombeau d’une génération et la fin de bien des idéaux mais il fut une espérance ardente qui ne put s’éteindre, c’est la paix”, a-t-il insisté lors de son discours aux Eparges. “Aussi ne suffit-il pas de remercier ‘Ceux de 14’, il faut savoir se montrer digne d’eux.”

“Il faut savoir chaque jour défendre le trésor qu’ils ont conquis par le sang, la souffrance, les larmes, qui est la paix et qui se fonde sur l’amitié entre les peuples. Rien de cela n’est donné, n’est acquis pour toujours”, a-t-il ajouté, avant de se rendre sur le champ de bataille emblématique de Verdun.

Après une visite du mémorial, le chef de l’Etat s’est rendu à la Nécropole de Verdun et à l’ossuaire de Douaumont - où le chancelier allemand Helmut Kohl et le président français François Mitterrand étaient apparus main dans la main le 22 septembre 1984, une image devenue emblématique de la réconciliation franco-allemande.

Edité par Yves Clarisse

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