November 6, 2018 / 8:20 AM / 15 days ago

Carburants: Macron critiqué pour des aides "cosmétiques"

PARIS (Reuters) - Confronté à la grogne croissante sur les prix des carburants, Emmanuel Macron a annoncé mardi une amélioration du chèque énergie et vouloir accompagner des mesures qui seraient prises par des collectivités et des employeurs, des gestes nettement insuffisants selon ses opposants.

Confronté à la grogne croissante sur les prix des carburants, Emmanuel Macron a annoncé mardi une amélioration du chèque énergie et vouloir accompagner des mesures qui seraient prises par des collectivités et des employeurs, des gestes nettement insuffisants selon ses opposants. /Photo prise le 5 novembre 2018/REUTERS/Ludovic Marin

Ces critiques, venant de l’extrême droite à la gauche, ont également été exprimées par l’association Régions de France, qui juge que ces dernières sont sollicitées sans raison valable.

Le chef de l’Etat a par ailleurs dit sa méfiance envers le mouvement de protestation contre la hausse des prix des carburants prévu le 17 novembre et mis en garde contre “la démagogie”, lors d’un entretien diffusé mardi sur Europe 1.

“Je suis toujours méfiant sur ces grands appels à mobilisation pour tout bloquer, parce que généralement on trouve derrière un peu tout et n’importe quoi (...) et des gens qui n’ont pas beaucoup de projet pour le pays, si ce n’est de le mettre à l’arrêt”, a-t-il déclaré.

Emmanuel Macron a souhaité un soutien financier pour les Français modestes peinant à se chauffer et une aide pour les travailleurs contraints de prendre chaque jour leur véhicule.

“Il faut qu’on regarde comment améliorer le chèque énergie parce qu’on ne peut pas laisser des gens, alors que l’hiver commence, dans une situation où leur pouvoir d’achat ne leur permet pas de se chauffer dignement”, a-t-il dit.

Le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a souligné mardi que le projet de loi de finances 2019 prévoyait déjà de porter le chèque énergie de 150 à 200 euros.

Distribuée à près de quatre millions de foyers non imposables, cette aide permet de payer des factures d’énergie ou des travaux de rénovation énergétique.

“La question qu’il faut poser, c’est maintenant : ‘est-ce qu’on doit aider les personnes qui sont imposables?’”, a ajouté Gérald Darmanin sur LCI, précisant qu’il soumettrait des propositions au président et au Premier ministre cette semaine.

COUP DE POUCE À CERTAINS AUTOMOBILISTES

“L’autre situation que j’entends, ce sont nos concitoyens qui tous les jours prennent la voiture pour aller travailler”, a poursuivi Emmanuel Macron.

Il a souligné que l’aide mensuelle de 20 euros par mois mise en place par les Hauts-de-France sous conditions de ressources serait défiscalisée et a souhaité qu’”on puisse généraliser cela”.

Pour des personnes faisant chaque jour plus de 30 ou 40 kilomètres, “il faut travailler avec les collectivités locales, les employeurs, intelligemment pour aider ces gens-là”, a-t-il ajouté.

Régions de France a fait part de sa désapprobation.

“Cette annonce est très surprenante puisqu’elle revient à demander aux régions de payer alors que c’est l’Etat qui perçoit les recettes liées à la contribution climat énergie (CCE). Elle contrevient par ailleurs à l’obligation faite aux régions de ne pas augmenter leurs dépenses de fonctionnement”, écrit-elle.

Gérald Darmanin avait auparavant récusé tout “chantage” envers les élus locaux et invité tous les acteurs à se mobiliser, y compris les régions et les entreprises.

FEU DE CRITIQUES

Les forces d’opposition ont dénoncé ces annonces.

“Face à la révolte née de l’hyper-fiscalité subie par nos compatriotes, Emmanuel Macron propose que l’aide aux transports dont bénéficient 10.000 personnes dans une région soit défiscalisée... C’est une plaisanterie ?”, a réagi la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, sur Twitter.

“Ce qu’on veut, c’est un acte fort, qui entende la colère sociale et la colère des Français”, a dit à Reuters Damien Abad, député Les Républicains. “On n’a pas besoin de cosmétique, de pacotille, de pansement sur des jambes de bois, on a besoin d’actions fortes et courageuses et on demande l’annulation pure et simple de cette hausse de taxe sur les carburants.”

Les Républicains visent les hausses de plus de 6 centimes par litre de gazole et de près de 3 centimes par litre d’essence prévues dans le projet de budget 2019.

Les trois quarts de la hausse des prix sont liés au prix du pétrole sur les marchés, a insisté Emmanuel Macron. Quant à la hausse des taxes, le gouvernement “sur le fond de sa politique, ne se trompe pas”, a-t-il dit. “On doit davantage taxer ce qui pollue.”

Mais pour le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, “les efforts reposent toujours sur les mêmes et ne contribuent pas à la transition énergétique”.

Jean-Christophe Lagarde, président du groupe UDI, Agir et Indépendants de l’Assemblée, a quant à lui jugé qu’”on est dans la politique de gribouille la plus absolue en la matière”. “Si c’est pour faire un chèque, il vaut mieux ne pas avoir de taxe, c’est beaucoup plus simple”, a-t-il ajouté.

Jean-Baptiste Vey, Myriam Rivet et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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