November 5, 2018 / 9:54 PM / a month ago

Trois candidats pour prendre la tête de Force ouvrière

PARIS (Reuters) - Trois cadres de Force ouvrière ont déposé leur candidature pour succéder à Pascal Pavageau, secrétaire général démissionnaire, avec pour ambition de ressouder le troisième syndicat de France, à l’approche d’élections cruciales dans la Fonction publique, a-t-on appris lundi de source proche du dossier.

Trois cadres de Force ouvrière ont déposé leur candidature pour succéder à Pascal Pavageau (photo), secrétaire général démissionnaire, avec pour ambition de ressouder le troisième syndicat de France, à l'approche d'élections cruciales dans la Fonction publique, a-t-on appris lundi de source proche du dossier. /Photo d'archives/REUTERS/Pascal Rossignol

    Le Bureau confédéral de Force ouvrière devrait officiellement annoncer ces candidatures mardi dans la journée aux membres du Comité confédéral national (CCN), sorte de parlement de FO, appelé à voter les 21 et 22 novembre prochain.

    Il s’agit de Christian Grolier, secrétaire général de FO-fonctionnaires depuis 2012, d’Yves Veyrier, membre depuis 2004 du Bureau confédéral, la direction rapprochée de FO, et de Patrice Clos, secrétaire général de la Fédération nationale des transports et de la logistique (seul candidat déjà connu).

    Ces élections ne pourraient changer qu’à la marge la ligne de conduite du syndicat adoptée massivement en avril par le CCN et qui prône un durcissement des positions de la centrale face aux réformes sociales du gouvernement.

    “L’expression ne sera peut-être pas la même, (Marc) Blondel (secrétaire général de 1989 à 2004) faisait du Blondel, (Jean-Claude) Mailly (secrétaire général de 2004 à 2018) faisait du Mailly. (...) Mais la ligne politique n’évoluera pas”, a précisé à Reuters un cadre haut placé de Force ouvrière.

    Pour ne laisser aucun doute sur la question, la Commission exécutive, direction élargie de FO, a réaffirmé son opposition à la politique sociale d’Emmanuel Macron en octobre, se disant prête à faire “face aux défis posés par l’ensemble des mesures rétrogrades qui provoquent désarroi et refus dans toutes les couches de la société”.

    Pascal Pavageau a démissionné le 19 octobre, une semaine après la révélation par Le Canard enchaîné de l’existence d’un fichier interne contenant des commentaires injurieux sur des cadres de l’organisation.

    Ce fichier, composé de notes sur 126 cadres, aurait été réalisé par des membres de son équipe, pendant sa campagne électorale. Certains des cadres sont qualifiés d’”ordure” ou de “bête”, d’autres font l’objet de commentaires sur leur orientation politique ou sexuelle.

    Cette affaire a surtout réveillé les dissensions internes à Force ouvrière : les réformistes - soutiens de Jean-Claude Mailly - et les trotskistes, d’une part, qui représentent au total 80% des membres; les anarchistes et les “sans étiquette”, de l’autre, qui ont soutenu Pascal Pavageau.

    L’APPAREIL EST “TRAUMATISÉ”

    “L’appareil est traumatisé”, précise le membre de la direction. “Toute la maison s’était construite pour combattre ce genre de pratique. Quand vous avez pris un tel pavé dans la figure, il est difficile de s’en remettre.”

    “Il faut quelqu’un qui rassemble, qui cicatrise les plaies”, ajoute-t-il, et, idéalement, une candidature unique au moment des élections. “Ce n’est pas la peine d’ajouter des plaies supplémentaires en maintenant plusieurs candidatures”.

    Des discussions seraient menées en interne, selon plusieurs membres de la direction de Force ouvrière, pour conclure des alliances d’ici les 21 et 22 novembre.

    En attendant, chaque maison présente son champion : Christian Grolier pour les trotskistes, Yves Veyrier pour les réformistes et Patrice Clos, proche de Pascal Pavageau, pour les anarchistes.

    Les chances de succès de ce dernier sont limitées, précise-t-on à la direction. Il récolterait entre 10 et 15% des voies. Les élections se joueront donc entre Christian Grolier et Yves Veyrier. Celui-ci est, dit-on, le plus “rassembleur”.

    L’autre enjeu de taille pour le nouveau secrétaire sera par ailleurs de limiter l’impact de l’affaire lors des élections professionnelles de la Fonction publique, prévue le 6 décembre prochain.

    Force ouvrière, troisième syndicat pour les trois versants confondus mais premier dans la fonction publique d’Etat, aspire à ravir la deuxième place à la CFDT dans la fonction publique hospitalière.

   La CGT avait perdu deux points en 2014 lors des dernières élections professionnelles de la Fonction publique, qui avaient coïncidé avec les révélations sur le train de vie du secrétaire général de la centrale de l’époque, Thierry Lepaon, contraint à la démission en janvier 2015.

Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

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