November 1, 2018 / 10:27 AM / 2 months ago

France: Violences lors de la nuit d'Haloween, une centaine d'interpellations

LYON/PARIS (Reuters) - Des violences et des échauffourées avec les forces de l’ordre ont eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi à l’occasion des festivités d’Halloween, entraînant l’interpellation de 116 personnes, notamment en Seine-Saint-Denis et à Lyon.

Des violences et des échauffourées avec les forces de l'ordre ont eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi à l'occasion des festivités d'Halloween, entraînant l'interpellation d'une centaine de personnes, notamment en Seine-Saint-Denis et à Lyon. /Photo prise le 23 octobre 2018/REUTERS/Philippe Wojazer

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, avait demandé à tous les préfets une “mobilisation renforcée” après la diffusion sur les réseaux sociaux d’appels à la “purge” contre des policiers, notamment dans l’Essonne.

“Halloween doit rester une fête, la purge, ce n’est pas une blague, la purge, c’est une menace”, a-t-il déclaré lors d’un déplacement à Paris.

“Nous ne laisserons rien passer”, a ajouté le ministre de l’Intérieur en estimant que les faits avaient “moins de gravité” que l’an dernier grâce à la mobilisation de 15.000 policiers et gendarmes sur tout le territoire.

Dans un communiqué, Christophe Castaner a fait état de 116 interpellations, qui ont donné lieu à 82 gardes à vue.

Un jeune homme qui a reconnu avoir lancé un appel à la “purge” sur le réseau social Snapchat a été interpellé lundi et a été remis en liberté mardi dans l’attente de sa comparution devant la justice le 28 novembre prochain.

Ces messages se réfèrent implicitement au film “American nightmare”, dans lequel les Américains sont autorisés à donner libre cours à leur violence dans l’impunité pendant une nuit.

Ils donnaient rendez-vous aux bandes violentes mercredi soir pour en découdre, brûler ou voler des voitures et s’en prendre aux forces de l’ordre.

A Lyon et son agglomération, des violences urbaines et échauffourées entre bandes de jeunes et forces de l’ordre ont émaillé la nuit.

    La police a procédé à douze interpellations, pour la plupart sur des mineurs âgés de 15 ou 16 ans, a indiqué à Reuters un responsable de la préfecture de police du Rhône.

“Les hostilités ont débuté vers 16 heures après l’interpellation d’un jeune qui avait lancé un appel au ralliement place Bellecour sur les réseaux sociaux”, explique la préfecture.

BOUTEILLES D’ACIDE

    Quelques 200 jeunes, aux visages cachés par des capuches, se sont ensuite regroupés place Bellecour à Lyon vers 20 h, jouant au chat et à la souris avec les forces de l’ordre ciblées par des tirs de mortiers. Sillonnant la Presqu’Ile, quartier de hyper-centre de Lyon, ces bandes ont attaqué commerces, mobiliers urbains et passants, lançant des projectiles sur les vitrines et la police et incendiant les poubelles.

Les CRS ont tenté de les maîtriser avec des lacrymogènes.

Des incendies de véhicules ont également été répertoriés dans les communes périphériques, à Vaulx-en-Velin, Vénissieux, Givors, Meyzieu, et Villefranche-sur-Saône. Les pompiers ont dû intervenir à une cinquantaine de reprises.

Les bus ont été déroutés du centre-ville de Lyon.

Mercredi, la préfecture du Rhône, redoutant les débordements, avait pris un arrêté interdisant la consommation d’alcool en réunion sur la voie publique, la vente et l’usage de feux d’artifices ainsi que la vente de carburant à emporter.

Plus au Nord, en Seine-Saint-Denis, des incidents similaires se sont déroulés et, selon Rocco Contento, responsable syndical de SGP Police, 68 interpellations ont été effectuées dans le département par les forces de l’ordre.

Un magasin d’articles de sport a été pillé et, selon Denis Jacob, secrétaire général du syndical Alternative police, des policiers qui poursuivaient des jeunes après l’attaque d’une épicerie ont été la cible d’une bouteille d’acide jetée sur eux mais les agents n’ont été que légèrement intoxiqués.

“On est dans une nuit de violences traditionnelle”, a relativisé Rocco Contento sur BFM TV. “La police était sur le pied de guerre.”

Il a toutefois regretté que le jeune Grenoblois auteur de l’appel à la purge sur les réseaux sociaux ait été libéré.

Yves Clarisse, avec Catherine Lagrange à Lyon

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