November 1, 2018 / 7:07 AM / 2 months ago

Brexit: Londres et l'UE démentent un accord sur le secteur financier

par Andrew MacAskill et Huw Jones

Le gouvernement britannique et un responsable de l'Union européenne ont démenti jeudi les informations du Times selon lesquelles un accord était pratiquement bouclé entre Londres et Bruxelles sur les services financiers, dans le cadre des négociations du Brexit. /Photo prise le 31 octobre 2018/REUTERS/Henry Nicholls

LONDRES (Reuters) - Le gouvernement britannique et un responsable de l’Union européenne ont démenti jeudi les informations du Times selon lesquelles un accord était pratiquement bouclé entre Londres et Bruxelles sur les services financiers, dans le cadre des négociations du Brexit.

Selon le quotidien, qui cite un responsable britannique ayant requis l’anonymat, cet accord donnerait aux établissements financiers britanniques un accès a minima aux marchés de l’UE après la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

Un responsable européen au fait des négociations a affirmé que l’article du Times était incorrect. “L’article n’est pas exact”, a-t-il dit.

Le principal négociateur européen, Michel Barnier, a également démenti un accord. “Articles de presse trompeurs aujourd’hui sur le Brexit et les services financiers”, a-t-il écrit sur Twitter.

“Rappel: l’UE peut accorder et retirer l’équivalence de certains services financiers de manière autonome. A l’instar d’autres pays tiers, l’UE est prête à avoir un dialogue approfondi sur ces questions réglementaires avec le Royaume-Uni dans le plein respect de l’autonomie des deux parties”, a ajouté Michel Barnier.

A Londres, le porte-parole du gouvernement a parlé de “spéculation” et a ajouté que les négociations se poursuivaient.

Une source au sein du gouvernement britannique a elle aussi indiqué qu’il était “faux” d’affirmer qu’un tel accord sur les services financiers avait été trouvé.

Le ministère britannique chargé du Brexit, pour sa part, s’est contenté de faire état de “bons progrès” en vue d’un accord sur les services commerciaux et financiers.

“BONS PROGRÈS”

“Nous continuons à faire de bons progrès vers de nouveaux accords sur les services financiers mais les négociations n’en continuent pas moins et rien n’est réglé tant qu’il n’y a pas eu d’accord”, a dit le ministère dans un communiqué.

La perspective d’un accord a fait monter la livre sterling: la devise britannique prenait 1,15% face au billet vert à 1,2910 dollar vers 13h00 GMT. La vigueur de la devise britannique pesait sur les valeurs exportatrices de la Bourse de Londres.

Le Times écrit que la Première ministre britannique Theresa May a trouvé un accord avec les négociateurs européens qui va permettre au secteur financier britannique de conserver l’accès au marché unique de l’Union après le Brexit, qui doit intervenir le 29 mars 2019.

Londres et Bruxelles sont convenus de tous les aspects du futur partenariat concernant les services, de même que les échanges de données, après la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE, ajoute le journal qui cite des sources gouvernementales.

Le secteur financier britannique avait dénoncé en juillet dernier le plan de Brexit de Theresa May, auquel il reprochait de ne pas tenir compte de ses propres propositions pour faciliter ses activités dans l’UE après le Brexit.

En prévision du divorce entre la Grande-Bretagne et l’UE, les entreprises du secteur financier installées à Londres ont entrepris d’ouvrir des filiales dans d’autres pays de l’UE afin de conserver leur passeport européen, qui permet d’exercer dans l’ensemble du bloc.

“RÉGIME D’ÉQUIVALENCE ÉLARGI”, SELON THE TIMES

Un accord a été obtenu sur un régime d’équivalence élargi, écrit le Times, précisant que le principal conseiller de Theresa May, Oliver Robbins, se trouvait à Bruxelles pour poursuivre les négociations.

Le régime de l’équivalence permet aux établissements financiers d’un pays extérieur à l’UE soumis à une législation similaire de conserver son accès au marché unique européen. Londres considérait que le régime actuel d’équivalence laissait à l’UE le soin de décider qui a accès à ses marchés.

Dans son “livre blanc’ sur le Brexit, le gouvernement britannique prônait un régime d’équivalence élargi par rapport à celui qui régit l’accès aux marchés financiers de l’UE pour les partenaires comme les Etats-Unis ou le Japon.

La City de Londres, quartier des affaires de la capitale britannique, et TheCityUK, organisme de promotion de la Grande-Bretagne en tant que place financière, plaidaient conjointement pour l’adoption d’un principe plus ambitieux de “reconnaissance mutuelle”, dans le cadre duquel Londres et Bruxelles auraient réciproquement reconnu leurs règles financières pour permettre un large accès à leurs marchés.

Des responsables européens sont opposés à l’idée que Londres et Bruxelles reconnaissent mutuellement leurs règles financières pour permettre un large accès à leurs marchés. Ils disent considérer qu’un tel mécanisme offrirait au secteur financier britannique les avantages du marché unique sans ses obligations et ses coûts.

Un accord global sur les relations post-Brexit entre Londres et Bruxelles est “fermement en vue”, a déclaré mercredi le ministre britannique du Brexit, Dominic Raab, laissant entendre que cet accord pourrait être finalisé d’ici au 21 novembre.

Avec William James à Londres et Jan Strupczewski à Bruxelles; Jean Terzian, Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français

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