October 31, 2018 / 4:31 PM / a month ago

Majorité possible au Parlement européen autour de LaRem, selon Séjourné

PARIS (Reuters) - L’instabilité politique en Europe est une opportunité pour La République en marche, qui peut arracher en mai avec ses alliés une majorité au Parlement, estime Stéphane Séjourné, nommé lundi directeur de la campagne des européennes du parti présidentiel.

L'instabilité politique en Europe est une opportunité pour La République en marche, qui peut arracher en mai avec ses alliés une majorité au Parlement, estime Stéphane Séjourné, nommé lundi directeur de la campagne des européennes du parti présidentiel. /Photo prise le 30 octobre 2018/REUTERS/Charles Platiau

LaRem en France et les Européens qui s’allieront avec elle aborderont le scrutin avec deux atouts : “Nous ne sommes pas les sortants, ce qui nous donne la possibilité d’être innovants et d’être libérés d’un bilan technocratique assez décrié, et en même temps, on est ceux qui y croient”, dit-il à Reuters.

En France et en Europe, ces candidats affronteront selon lui “ceux qui n’y croient pas”, tels les “nationalistes” qu’Emmanuel Macron attaque fréquemment, et ceux “qui ont progressivement basculé dans un espèce de conservatisme des institutions, notamment ceux qui aujourd’hui sont membres du PPE”, le parti conservateur européen, majoritaire à Strasbourg.

“Je pense qu’il est possible d’avoir une majorité sous de nombreuses configurations : est-ce que c’est les progressistes ? Les démocrates ? En tout cas, il peut y avoir une forme d’alliance”, ajoute Stéphane Séjourné, jugeant que ce travail ne pourra s’achever qu’après le scrutin.

D’ici là, les “macronistes” dialoguent sans exclusivité.

“Le pire serait de choisir un partenaire par pays et de se cantonner à eux”, poursuit celui qui est devenu conseiller politique d’Emmanuel Macron après son élection à la présidence.

“J’ai envie de parler avec le PS espagnol, Ciudadanos, avec les Verts allemands mais aussi avec une partie de la CDU, tout en réfléchissant avec le SPD. Après, on verra bien.”

“À NOUS DE FAIRE TANGUER LE SYSTÈME”

“C’est à nous de faire tanguer le système”, ajoute Stéphane Séjourné, au moment où les récentes élections nationales et régionales ont montré une poussée de l’extrême droite et des écologistes au détriment du traditionnel clivage droite-gauche.

“L’instabilité politique, on la vit plus comme une opportunité que comme une contrainte, et ça va très bien avec la manière de faire de La République en marche et de ses alliés, c’est-à-dire que le rassemblement n’est pas l’effacement” des sensibilités. “Cette instabilité est une contrainte pour les sortants.”

Si l’objectif est bien de casser les équilibres au Parlement, il n’y a aucune hostilité envers les vrais progressistes quel que soit le parti au sein duquel ils siègent actuellement, assure-t-il.

“Un certain nombre de députés européens et de partis politiques ne se sentent pas à l’aise dans la cohabitation avec des extrêmes qui sont aujourd’hui dans le PPE (...). Il faut qu’on arrive à leur démontrer qu’il y a une alternative pour une autre majorité qui n’a pas besoin d’une alliance contre-nature.”

Il fait référence au parti du Premier ministre hongrois Viktor Orban, membre du PPE et critiqué pour sa politique anti-migrants. Les “nationalistes” hongrois, comme ceux au pouvoir en Pologne et en Italie, sont les cibles privilégiées d’Emmanuel Macron en vue du scrutin européen.

En France, la majorité présidentielle aura une liste unique LaRem-Modem, avec un dispositif politique totalement imbriqué, souligne parallèlement l’entourage présidentiel.

Depuis sa première élection au suffrage universel en 1979, le Parlement européen, où siègent 751 députés, est dirigé par une alliance entre les deux plus grands groupes, le Parti populaire européen (PPE, qui y détient une majorité relative) et les Socialistes et démocrates (S&D, deuxième en importance).

Ils se partagent les postes, notamment la présidence de l’institution qu’ils s’échangent tous les deux ans et demi dans la plupart des législatures de cinq ans.

Les tentatives du groupe libéral de bousculer cet accord en s’alliant aux sociaux-démocrates ou au PPE ont toujours échoué.

Cette alliance de pro-européens dirigée par l’ex-Premier ministre belge Guy Verhofstadt comprend par exemple le MoDem de François Bayrou et est proche d’Emmanuel Macron sur l’Europe.

En 1989, l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, qui dirigeait à l’époque le groupe libéral, a ainsi tenté une alliance avec les conservateurs pour se faire élire au perchoir. Il tirera les leçons de son échec en rejoignant le PPE en 1991.

Selon un sondage Ifop Fiducial pour Match, Sud Radio et Cnews publié en septembre, La République en marche est créditée de 20% des voix aux européennes, en deçà du score de 24% d’Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle, et est talonnée par le Rassemblement national, à 17% des voix.

Edité par Yves Clarisse

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