October 31, 2018 / 1:31 PM / a month ago

Nouveau sursis pour Ascoval, avec une offre remaniée d'Altifort

PARIS (Reuters) - L’aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) et ses 280 salariés ont obtenu mercredi un nouveau sursis avec un accord entre l’Etat, les collectivités, les représentants des salariés et son repreneur potentiel pour donner suite à une offre remaniée du groupe franco-belge Altifort.

L'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) et ses 280 salariés ont obtenu mercredi un nouveau sursis avec un accord entre l'Etat, les collectivités, les représentants des salariés et son repreneur potentiel pour donner suite à une offre remaniée du groupe franco-belge Altifort. "L'urgence est à la consolidation de l'offre d'Altifort, sur le plan des carnets de commandes et des financements, pour qu'elle soit jugée crédible et puisse aboutir", a déclaré le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire (photo). /Photo prise le 30 août 2018/REUTERS/Christian Hartmann

Réunis à Bercy, les protagonistes du dossier se sont donné jusqu’à début décembre pour viabiliser cette offre qui ne dépend plus de Vallourec, l’ancien propriétaire du site, s’agissant de son futur carnet de commandes et des financements nécessaires, estimés entre 150 et 200 millions d’euros.

“L’urgence est à la consolidation de l’offre d’Altifort, sur le plan des carnets de commandes et des financements, pour qu’elle soit jugée crédible et puisse aboutir”, a déclaré le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire à l’issue de la réunion.

Cette offre, qui repose sur la mise en place d’un train à fil permettant de fabriquer des aciers spéciaux à plus forte marge que la production actuelle du site, a été jugée “solide et crédible” par le cabinet Roland Berger, mandaté par l’Etat pour l’analyser.

“C’est une chance et nous sommes tous tombés d’accord, l’Etat, les élus locaux, en particulier le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand, et surtout les salariés pour dire que cette chance mérite d’être jouée”, a ajouté le ministre.

Xavier Bertrand s’est félicité des conclusions de la réunion. “L’Etat change de regard sur le dossier, change de position, tant mieux. Parce que sans l’Etat, on n’arrivera pas à sauver l’avenir de l’industrie de l’acier. Mais c’est pas encore gagné quand même”, a-t-il dit.

Pour Bruno Kopzcinski, porte-parole de l’intersyndicale d’Ascoval, “on peut dire que c’est un nouveau sursis, avec une nouvelle physionomie, de nouveaux acteurs autour de la table et une réelle volonté d’avancer”

ON REDÉMARRE À ZÉRO

“Ce que je peux regretter, c’est qu’on a perdu énormément de temps. Je pense qu’aujourd’hui on redémarre à zéro”.

Coentreprise d’Ascometal et de Vallourec, l’usine de Saint-Saulve a été exclue début 2018 du périmètre de rachat d’Ascometal par le groupe suisse Schmolz + Bickenbach.

Son avenir est menacé depuis que Vallourec a annoncé qu’il ne subventionnerait pas la société Altifort, que les pouvoirs publics présentent depuis le début comme le “repreneur probable”.

Le premier projet d’Altifort prévoyait une contribution de Vallourec estimée à 50 millions d’euros, auquel le fabricant de tubes sans soudure n’a pas voulu donner suite, un montant incluant six millions de passif social, 12 millions de réhabilitation des bâtiments et le maintien de ses commandes à prix fixe durant 18 mois.

Selon Bruno Le Maire, Altifort s’est engagé a investir de 20 à 30 millions d’euros en fonds propres dans Ascoval contre 10 millions précédemment.

Les collectivités locales sont prêtes à mettre la main à la poche pour 22 millions (12 millions des Hauts-de-France et 10 millions de Valenciennes Métropole) et le ministre de l’Economie a promis que l’Etat apporterait un euro d’argent public pour un euro investi par le privé.

“Maintenant, nous avons besoin d’un soutien des banques et là aussi, on compte sur un coup de main de l’Etat”, a encore dit Xavier Bertrand.

Bruno Le Maire a appelé les salariés d’Ascoval, en grève depuis une audience du tribunal de grande instance de Strasbourg qui devait décider du sort de l’aciérie, à reprendre le travail. “Nous le leur avons demandé. Une des conditions pour que cette entreprise puisse fonctionner, c’est que les salariés reprennent le plus rapidement possible le travail”, a-t-il déclaré.

La chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg a repoussé la semaine dernière au 7 novembre sa décision sur le sort d’Ascoval. Au vu des annonces faites mercredi, il est probable qu’elle repoussera à nouveau sa décision.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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