October 31, 2018 / 10:30 AM / a month ago

"Bébés sans bras": De premières réponses fin janvier, dit Buzyn

PARIS (Reuters) - Les premières conclusions de l’enquête nationale décidée après l’identification de onze nouveaux cas de nourrissons nés sans bras ou sans mains dans l’Ain seront rendues publiques le 31 janvier prochain, a annoncé mercredi Agnès Buzyn.

Les premières conclusions de l'enquête nationale décidée après l'identification de onze nouveaux cas de nourrissons nés sans bras ou sans mains dans l'Ain seront rendues publiques le 31 janvier prochain, a annoncé mercredi Agnès Buzyn. /Photo d'archives/REUTERS/Shannon Stapleton

Cette enquête, qui explorera notamment la piste environnementale, sera menée conjointement par Santé publique France et l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

“La première partie de l’enquête, nous l’aurons au 31 janvier, et nous avons demandé la totalité de l’enquête avant le mois de juin”, a précisé la ministre de la Santé sur BFM TV et RMC Info.

“La complexité, c’est de retourner dans l’histoire de ces familles sur des cas qui datent parfois d’il y a plus de dix ans”, a-t-elle ajouté.

Santé publique France, l’agence nationale de santé publique, a annoncé mardi la mise au jour de onze cas supplémentaires d’agénésies transverses (réductions de membres supérieurs) entre 2000 et 2014 dans le département de l’Ain, où sept cas ont déjà été recensés.

Outre ces sept cas, l’instance avait fait état début octobre de trois nourrissons nés sans mains, bras ou avant-bras en Loire-Atlantique entre 2007 et 2008, et de quatre cas similaires dans le Morbihan entre 2011 et 2013.

Santé publique France avait alors jugé que les anomalies relevées en Loire-Atlantique et en Bretagne étaient en excès par rapport à la moyenne nationale mais n’avait pas conclu à des occurrences suspectes dans l’Ain.

“L’IMPACT ÉVENTUEL DES PESTICIDES”

Selon les registres hospitaliers, seul système de surveillance des naissances, ces malformations ont une incidence en France de 1,7 cas pour 10.000 naissances, soit environ 150 cas par an.

Elles peuvent être dues à plusieurs causes connues : anomalies chromosomiques, effet tératogène (qui provoque le développement de masses cellulaires anormales) de certains médicaments comme la thalidomide, ou origine mécanique pendant la grossesse.

“Moi je veux savoir, je pense que toute la France veut savoir”, a souligné Agnès Buzyn. Il faut savoir “où ces femmes ont mené leur grossesse, si c’était dans le département, si c’était ailleurs.”

“Nous ne voulons fermer aucune piste : c’est possiblement une piste environnementale, c’est peut-être ce qu’elles ont mangé, ce qu’elles ont bu, ce qu’elles ont respiré, aujourd’hui je ne sais pas”, a dit la ministre.

Les deux agences doivent “retourner voir les mères, essayer de comprendre quels points communs il peut y avoir dans toutes ces familles”.

“D’ici trois mois, nous serons en mesure de chiffrer précisément le nombre de cas de malformations par rapport au nombre de naissances dans chaque département. Et ainsi de mesurer s’il y a une différence significative dans telle ou telle région”, explique François Bourdillon, directeur général de Santé publique France, dans Le Parisien.

Il précise que les investigations menées sur les sept premiers cas répertoriés dans l’Ain n’avaient pas permis de “trouver de cause commune” dans les familles concernées.

Il estime que ces cas de malformations “méritent que l’on étudie encore plus à la loupe l’impact éventuel des pesticides sur les femmes enceintes”.

Sophie Louet

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