October 31, 2018 / 7:15 AM / a month ago

Visite de Donald Trump à Pittsburgh sur fond de polémique

par Jessica Resnick-Ault et Steve Holland

Donald Trump s'est rendu mardi à Pittsburgh pour manifester son soutien aux victimes de la tuerie qui a fait onze morts ce week-end dans une synagogue de Pittsburgh, alors que se déroulaient les premières funérailles dans la tristesse et le recueillement. /Photo prise le 30 octobre 2018/REUTERS/Kevin Lamarque

PITTSBURGH, Pennsylvanie (Reuters) - Donald Trump s’est rendu mardi à Pittsburgh pour manifester son soutien aux victimes de la tuerie qui a fait onze morts ce week-end dans une synagogue de Pittsburgh, alors que se déroulaient les premières funérailles dans la tristesse et le recueillement.

Le président américain, déclaré “persona non grata” par une association juive de Pittsburgh qui lui reproche d’encourager dans ses discours le racisme et l’antisémitisme, s’est brièvement rendu à la synagogue de l’Arbre de vie où a eu lieu l’attaque, samedi. Il était accompagné de son épouse Melania.

Etaient également présents sa fille Ivanka Trump et le mari de celle-ci, Jared Kushner, qui sont juifs.

Le couple présidentiel a été accueilli par le rabbin Jeffrey Myers. Une vingtaine de minutes plus tard, le président s’est rendu à un mémorial situé à l’extérieur du bâtiment. La première dame y a déposé une fleur et le président une petite pierre pour symboliser chacune des victimes.

Donald Trump n’a effectué aucune déclaration publique à l’issue de sa visite. Il l’a décrite comme “très triste” et une “leçon d’humilité”, selon la porte-parole de la Maison blanche.

Le président voulait “faire preuve de respect à l’égard des familles et des amis des victimes, ainsi qu’à l’égard des Juifs américains”, a déclaré Sarah Sanders.

Donald Trump a également rendu visite à trois policiers blessés lors de la fusillade, hospitalisés au CHU de Pittsburgh.

Il a aussi passé du temps avec l’épouse de Richard Gottfried, 65 ans, l’une des victimes de l’attaque, a ajouté Sarah Sanders, précisant qu’”elle voulait rencontrer le président pour lui dire qu’il était le bienvenu ici”.

Parallèlement, environ 2.000 personnes ont organisé une marche de protestation contre le président. Elles criaient : “Les mots ont un sens” et arboraient des pancartes telles que “Nous construisons des ponts, pas des murs”.

“PAS LE BIENVENU”

Pour les premières funérailles, celles de David Rosenthal, 54 ans, et de Cecil Rosenthal, 59 ans, deux frères qui vivaient dans une maison pour personnes handicapées, plus de 1.800 personnes étaient présentes, certaines venues de tous les Etats-Unis.

Des obsèques étaient également organisées pour Jerry Rabinowitz, un médecin âgé de 66 ans, et un retraité, Daniel Stein, âgé de 71 ans. Environ 2.000 personnes étaient présentes à l’enterrement de Jerry Rabinowitz.

Dans une lettre ouverte adressée à Donald Trump et signée en ligne, selon elle, par plus de 43.000 personnes, l’association Bend the Arc prévient le président qu’il n’est “pas le bienvenu à Pittsburgh tant (qu’il) ne dénoncer(a) pas fermement le nationalisme blanc”.

Signe de la gêne que cette attaque a provoquée à Washington, aucun des dirigeants du Congrès n’a souhaité accompagner Trump à Pittsburgh à une semaine des élections cruciales de mi-mandat.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, celui du groupe démocrate, Chuck Schumer, le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, et la chef de file des élus démocrates, Nancy Pelosi, ont tous décliné l’invitation, a-t-on appris de source au fait du dossier.

L’Anti-Defamation League (ADL), une ONG juive combattant l’antisémitisme et la haine raciale, avait dénoncé la semaine dernière l’intensification sur internet des attaques visant les juifs, en particulier les journalistes, en écho à la rhétorique incendiaire de Trump.

Samedi matin, Robert Bowers, 46 ans, a fait irruption à l’intérieur de la synagogue Tree of Life à Squirrel Hill en criant “tous les juifs doivent mourir” et a ouvert le feu sur les fidèles.

Il a reconnu les faits lundi devant un juge qui l’a placé en détention sans possibilité de libération sous caution.

Robert Bowers a publié de nombreux articles antisémites sur internet, dont le dernier a été diffusé samedi matin. Il y reprochait à Trump de ne pas avoir fait le nécessaire pour empêcher les juifs de “contaminer” les Etats-Unis.

Dans celui qu’il a envoyé samedi matin, il accusait l’Hebrew Immigrant Aid Society d’”attirer les envahisseurs pour tuer notre peuple”. “Je ne peux pas rester les bras croisés à regarder mon peuple se faire massacrer. Ajustez vos lunettes, j’y vais”, ajoutait-il.

avec Barbara Goldberg à New York, Susan Cornwell et Richard Cowan à Washington; Arthur Connan, Tangi Salaün, Danielle Rouquié et Jean Terzian pour le service français

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