October 30, 2018 / 6:29 PM / a month ago

Un évêque et un prêtre jugés dans une affaire de pédophilie

ORLEANS, Loiret (Reuters) - Pierre de Castelet, un ancien abbé du diocèse d’Orléans, a comparu mardi devant le tribunal correctionnel d’Orléans pour atteintes sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans durant un camp de vacances organisé par le Mouvement eucharistique des Jeunes (MEJ), à l’été 1993.

Pierre de Castelet, un ancien abbé du diocèse d’Orléans, a comparu mardi devant le tribunal correctionnel d’Orléans pour atteintes sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans durant un camp de vacances organisé par le Mouvement eucharistique des Jeunes, à l’été 1993. /Photo d'archives/REUTERS/Shannon Stapleton

Le procès s’est ouvert en l’absence remarquée de l’ancien évêque du Loiret, André Fort, lui aussi mis en examen pour “non- dénonciation d’atteintes sexuelles sur des mineurs de moins de 15 ans”. Le prévenu a présenté un certificat médical quelques heures seulement avant l’ouverture de l’audience.

“C’est une manière de ne pas assumer ses responsabilités, une forme de lâcheté”, a tranché sévèrement Nicolas Bessone pour le ministère public.

Malgré ce désistement, Olivier Savignac, l’un des plaignants, a fait part de ses attentes. “J’espère que tout ça va permettre de retrouver de la sérénité et de tourner la page. Il faut que les victimes se réparent et qu’elles soient enfin entendues et écoutées par l’Église.”

À l’ouverture de l’audience, face à trois de ses accusateurs, Pierre de Castelet s’est montré vague, notamment concernant les atteintes sexuelles effectuées sous couvert de faux actes médicaux prodigués aux enfants.

“En voyant ces jeunes, j’ai eu le désir de me rapprocher d’eux. J’étais en demande d’affection. Je sais que c’était mal, de manière générale”, a simplement reconnu l’ancien abbé, ne reprenant pas le terme de “pédophilie”, largement cité par la présidente du tribunal, le procureur de la République et les avocats des plaignants.

Malgré cette affaire survenue en 1993, l’abbé de Castelet a continué de participer à des camps de jeunes, mettant en lumière le rôle de sa hiérarchie qui, pourtant alertée des faits à plusieurs reprises, n’a pas jugé bon porter l’affaire devant la justice.

C’est en 2011, après avoir découvert que le prêtre était encore en fonction dans le Loiret et animait des conférences sur la pédophilie, qu’Olivier Savignac a alerté l’actuel évêque d’Orléans et successeur d’André Fort, Monseigneur Jacques Blaquart, qui a alors saisi la justice. C’est en 2017 qu’ont été prononcées les mises en examen.

Un des rares précédents aboutissant à un procès vise le cardinal-archevêque de Lyon, Philippe Barbarin, qui sera jugé par un tribunal correctionnel en 2019 pour non-dénonciation d’actes de pédophilie dans son diocèse.

Les anciens abbé et évêque d’Orléans risquent jusqu’à 10 et 5 ans de prison ferme.

La décision devait être mise en délibéré en début de soirée.

Mourad Guichard, édité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below