October 24, 2018 / 2:47 PM / 21 days ago

Les "juppéistes" de plus en plus proches de la majorité

PARIS (Reuters) - Entre déclarations bienveillantes, nomination opportune et échanges discrets, la droite “juppéiste” et la majorité se sont rapprochées ces dernières semaines, pas à pas, sans avoir encore officiellement scellé d’union dans la perspective des européennes de mai 2019.

Entre déclarations bienveillantes, nomination opportune et échanges discrets, la droite "juppéiste" et la majorité se sont rapprochées ces dernières semaines, pas à pas, sans avoir encore officiellement scellé d'union dans la perspective des européennes de mai 2019. Dans la majorité, on espère un soutien à venir d'Alain Juppé, qui partage avec Emmanuel Macron la même foi proeuropéenne. /Photo d'archives/REUTERS/François Mori

Dans la majorité, on espère un soutien à venir d’Alain Juppé, qui partage avec Emmanuel Macron la même foi proeuropéenne.

Le moment venu, l’ex-candidat à la primaire de la droite parlera “haut et clair”, croit savoir un ministre qui a eu la semaine dernière une conversation avec lui.

Depuis sa mairie de Bordeaux, Alain Juppé temporise, en attendant de voir les différents programmes européens “sur la table”, mais ses déclarations successives laissent peu de doute sur le fond de sa pensée.

“C’est vrai qu’aujoud’hui (...) les propositions européennes du président Macron me semblent aller dans la bonne direction”, a-t-il redit mercredi sur France Inter.

“Je ne me mêlerai pas de la constitution des listes, ce n’est plus mon affaire”, a-t-il ajouté. “En revanche, je dirai ce que je pense sur le fond et je soutiendrai ceux qui défendent un projet européen qui me paraît adapté aux circonstances.”

Libéré de toute contrainte partisane depuis sa décision de ne plus cotiser aux Républicains (LR), Alain Juppé n’a plus de troupes organisées comme au temps où il briguait l’Elysée.

Certains de ses fidèles d’hier ont trouvé refuge à Matignon, autour d’Edouard Philippe, d’autres sont restés à LR pour prêter main forte à Valérie Pécresse, rivale interne du droitier Laurent Wauquiez, d’autres encore ont choisi un entre-deux aux contours mal définis.

“CAUTION SIGNIFICATIVE”

Mais, désormais installé dans un rôle de parrain de la droite modérée, le maire de Bordeaux n’a pas perdu son magistère moral.

“C’est une caution significative”, selon Erwan Lestrohan, directeur d’études chez BVA Opinion. “En nombre de points, c’est difficile à chiffrer mais le soutien d’Alain Juppé permettrait à Emmanuel Macron de reprendre du poids dans l’électorat de la droite modérée” et, par la même occasion, de “de retrouver sa base électorale large de la présidentielle”.

Emmanuel Macron a fait un premier pas en ce sens en plaidant fin septembre, dans le Journal du dimanche, pour la formation d’une “liste la plus large possible en France” fédérant, dans sept mois, les “progressistes” et les “démocrates”.

Mais cette déclaration n’a jusqu’à présent débouché sur rien de tangible.

“Pour l’instant, je n’ai pas vu de geste concret des grands partis de l’actuelle majorité dans cette direction”, observe le “juppéiste” Dominique Bussereau, qui a pourtant une préférence pour ce scénario du vaste rassemblement au centre.

“Je ne souhaite pas la victoire du Front national donc toute solution large qui permettrait à une liste européenne d’arriver en tête en France est l’option à privilégier”, justifie-t-il.

En attendant, le remaniement gouvernemental de la semaine dernière a donné lieu à des contacts entre la “Macronie” et cette partie de la droite encore tâtonnante.

“BASCULEMENT”

Durant les deux semaines de tractations en coulisse, Dominique Bussereau a été approché par de hauts dirigeants de la majorité, comme il le reconnaît lui-même, mais c’est finalement Franck Riester qui a hérité d’une place dans le gouvernement, au ministère de la Culture.

Anciennement proche de Jean-François Copé puis de Bruno Le Maire, l’élu de Seine-et-Marne n’est pas issu du courant “juppéiste” historique mais il s’est imposé depuis un an et demi comme un pivot au centre droit en fondant son propre parti, Agir, avec la bénédiction de l’ancien Premier ministre.

La nomination de Franck Riester permet au pouvoir d’arrimer un peu plus solidement ce pan de la droite qui, depuis le chamboule-tout des élections de 2017, peine à trouver sa place définitive - dans la majorité ou l’opposition.

Et cette promotion réduit le risque, pour la majorité, de voir émerger une liste de poids mordant sur son électorat naturel.

Il y a encore quelques semaines, Franck Riester envisageait publiquement l’hypothèse d’une liste autonome mais, à en croire Frédéric Lefebvre, ce scénario a été définitivement écarté mardi soir, lors d’une réunion des fondateurs d’Agir.

“Il y a eu un basculement depuis trois semaines”, juge l’ex-sarkozyste, présent à la réunion de mardi. “Je suis heureux que la raison l’emporte et que la droite humaniste, même si elle ne le dira officiellement que plus tard, ait enfin décidé de s’allier aux progressistes de la majorité.”

Dans ces conditions, l’UDI pourrait être la seule à concurrencer la coalition La République en marche-Modem sur le créneau centriste et pro-européen si le parti fondé par Jean-Louis Borloo lance bien sa propre liste comme le souhaite son président, Jean-Christophe Lagarde.

Selon un sondage Ifop Fiducial pour Match, Sud Radio et Cnews publié en septembre, La République en marche est créditée de 20% des voix aux européennes, en deçà du score de 24% d’Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle, et talonné par le Rassemblement national, à 17% des voix.

Avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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