October 23, 2018 / 11:35 AM / a month ago

Erdogan veut savoir qui a ordonné le meurtre de Khashoggi

ANKARA (Reuters) - Le président Recep Tayyip Erdogan, détaillant les résultats de l’enquête turque sur la mort de Jamal Khashoggi, a déclaré mardi que des preuves solides démontraient que le meurtre du journaliste et dissident saoudien, le 2 octobre dernier à l’intérieur du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, a été planifié.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, détaillant les résultats de l'enquête sur la mort de Jamal Khashoggi, a déclaré mardi que des preuves solides tendaient à démontrer que le meurtre du journaliste et dissident saoudien a été planifié. /Photo prise le 23 octobre 2018/REUTERS/Murat Cetinmuhurdar/Presidential Press Office

Les tentatives de faire porter la responsabilité de ce meurtre à des agents agissant hors de tout contrôle, comme l’a suggéré Ryad, “ne peuvent nous satisfaire”, a ajouté le président turc, qui a cependant dit ne pas douter de la sincérité du roi Salman d’Arabie.

Dans un discours au Parlement, Recep Tayyip Erdogan n’a pas cité une seule fois le nom du prince héritier saoudien Mohamed ben Salman, que plusieurs parlementaires américains soupçonnent d’avoir ordonné le meurtre. Il a ajouté que la Turquie ne bouclerait pas son enquête tant qu’elle n’aura pas obtenu toutes les réponses à ses questions.

“Nos services ont rassemblé des éléments démontrant que le meurtre a été planifié”, a déclaré le président turc. “Imputer une telle affaire à quelques agents des services de sécurité et de renseignement (saoudiens) ne peut nous satisfaire et ne peut satisfaire la communauté internationale.”

“De celui qui a donné l’ordre jusqu’à celui qui l’a exécuté, tous doivent rendre des comptes”, a-t-il insisté.

RYAD PROMET DE PUNIR LES RESPONSABLES

A l’issue d’un conseil des ministres mardi, en présence du roi Salman, le gouvernement saoudien s’est engagé à demander des comptes aux responsables du meurtre et à ceux qui ont manqué à leur devoir, “quels qu’ils soient”.

Dans son discours, Erdogan a ajouté qu’il n’avait pas été possible de déterminer où se trouvent les restes de Khashoggi et il a exigé que l’Arabie saoudite révèle l’identité de la personne qui s’est occupée du corps.

Le président a précisé que trois agents saoudiens étaient arrivés en Turquie la veille de la disparition du journaliste.

Le trio, a-t-il indiqué, s’est rendu dans une forêt proche d’Istanbul ainsi qu’à Yalova, une ville située sur la mer de Marmara, à 90 km au sud d’Istanbul, deux sites où la police turque a procédé à des fouilles.

Erdogan a par ailleurs confirmé que quinze Saoudiens étaient arrivés à Istanbul le jour même de la disparition de Khashoggi. Il a ajouté que les caméras de sécurité installées à l’intérieur du consulat avaient été démontées.

Les 18 interpellations auxquelles les autorités saoudiennes disent avoir procédé correspondent aux informations du renseignement turc, a poursuivi le président turc.

OUVERTURE DU “DAVOS DU DÉSERT”

“Pourquoi donc ces quinze personnes étaient-elles à Istanbul le jour du meurtre ? Nous cherchons des réponses à cette question. De qui donc ces personnes recevaient-elles leurs ordres ?”

Ce discours de Recep Tayyip Erdogan s’est fait au moment de l’ouverture à Ryad d’une conférence économique surnommée “le Davos du désert”, largement boycottée par de nombreux chefs d’entreprises, banquiers et dirigeants politiques en raison de l’affaire Khashoggi.

Le président américain Donald Trump a déclaré lundi qu’il n’était toujours pas satisfait des explications données par l’Arabie saoudite mais qu’il ne voulait pas perdre les investissements de Ryad.

La directrice de la CIA, Gina Haspel, s’est rendue à Istanbul pour suivre les avancées de l’enquête.

A Londres, le porte-parole de la Première ministre britannique Theresa May a déclaré que seule l’Arabie saoudite pouvait apporter des réponses aux questions qui demeurent sur l’affaire.

“La déclaration du président Erdogan ce matin souligne qu’il reste des questions auxquelles seuls les Saoudiens peuvent répondre”, a-t-il dit.

Avec Maher Chmaytelli à Dubai et Elizabeth Piper à Londres; Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français

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