October 16, 2018 / 10:08 AM / 2 months ago

COR - Un remaniement politique tourné vers les régions

PARIS (Reuters) - Corrige les titres de Lecornu et Denormandie, ministres auprès de la ministre Gourault, au §12

Le remaniement annoncé mardi, qui politise l'équipe gouvernementale, vise à empêcher les dissonances des derniers mois et à convaincre les Français qu'Emmanuel Macron n'est pas que le président des grandes villes, estiment des analystes. /Photos prises le 10 octobre 2018/REUTERS/Philippe Wojazer

Le remaniement annoncé mardi, qui politise l’équipe gouvernementale, vise à empêcher les dissonances des derniers mois et à convaincre les Français qu’Emmanuel Macron n’est pas que le président des grandes villes, estiment des analystes.

Selon la présidence de la République, le mandat du nouveau gouvernement “reste le même”. “Cette équipe gouvernementale va inscrire son action dans la continuité”, a expliqué l’entourage d’Emmanuel Macron, une volonté illustrée par l’absence de démission du gouvernement et du Premier ministre.

Après les démissions de Nicolas Hulot et de Gérard Collomb, embarrassantes pour le chef de l’Etat, “Emmanuel Macron s’appuie sur une équipe de loyaux, sur laquelle il sait qu’il peut compter et qui correspond à son ADN politique, ce sera plus facile d’éviter tout risque de dissonance au sommet de l’État”, estime Erwan Lestrohan, directeur d’études chez BVA Opinion.

Un avis partagé par Jérôme Fourquet, directeur d’études à l’Ifop : “avec cette équipe, plus politique et reformatée, le couple exécutif peut espérer être à l’abri pendant un temps des démissions qu’il a subies”.

“On constate parmi les entrants un contingent de politiques qui sont plus chevronnés : des gens qui maîtrisent la mécanique parlementaire, les règles de la communication politique et qui sont rompus aux règles des équilibres politiques”, ajoute-t-il.

La nomination de Christophe Castaner, fidèle d’Emmanuel Macron, au ministère stratégique de l’Intérieur, scelle cette volonté de contrôle du chef de l’Etat. A ses côtés, Laurent Nunez, directeur général de la sécurité intérieure nommé secrétaire d’Etat, assure le respect de la promesse d’expertise technique portée depuis son élection par Emmanuel Macron.

“Tous les deux ont l’entière confiance du président de la République, c’est un élément qui était important pour le choix” du successeur de Gérard Collomb, dont la démission qui a donné lieu à un bras de fer inédit avec l’Elysée a secoué l’exécutif, souligne-t-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron.

RENOUER AVEC LES COLLECTIVITÉS

La nomination de la centriste Jacqueline Gourault dans un ministère élargi de la Cohésion des Territoires et des Relations avec les Collectivités Territoriales souligne quant à elle l’importance pour le président de renouer avec les collectivités territoriales avec lesquelles les relations sont vives depuis le début du quinquennat, sur fond de restrictions budgétaires.

“C’est le signe de la volonté du chef de l’Etat d’avoir un ministère pleinement et entièrement dédié, avec une vraie puissance de frappe, aux collectivités locales” et de son souhait d’une relation “fluide” avec elles, dit-on à l’Elysée.

Pour Erwan Lestrohan, cette question “n’est pas du tout cosmétique.”

“Emmanuel Macron doit réindiquer – c’est un des objectifs de ce nouveau gouvernement - qu’il est le président de tous les Français et pas uniquement le président des grandes métropoles.”

Deux ministres épauleront Jacqueline Gourault : Sébastien Lecornu, chargé des collectivités territoriales, et Julien Denormandie, chargé de la ville et du logement.

“Après, tout dépend aussi de la capacité de ce gouvernement à générer des résultats pour les Français, pour leur quotidien dans les territoires”, insiste Erwan Lestrohan, “car des attentes sont nées du laps de temps assez long pour remanier”.

A sept mois des élections européennes, ce remaniement avait également pour objectif de “continuer à alimenter l’idée qu’En marche et le macronisme s’appuient sur leurs deux jambes”, estime Jérôme Fourquet. “Dans ce cadre-là, c’était important de faire rentrer des gens d’horizons politiques différents”, quelques heures après la nomination de Franck Riester (centre-droit), Marc Fesneau (MoDem) ou Didier Guillaume (ex-PS).

Si la nomination de Franck Riester au ministère de la Culture renforce la place d’un centre-droit proche de la tendance Alain Juppé, la culture “est un domaine relativement peu politique”, tempère pour sa part Erwan Lestrohan.

Jean-Baptiste Vey, avec Michel Rose et Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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