October 13, 2018 / 9:46 AM / 2 months ago

Le PS lâché par sa gauche, Faure met en garde contre le populisme

PARIS (Reuters) - Le premier secrétaire du Parti socialiste, fragilisé par de nouvelles défections à l’aile gauche du parti, a mis en garde samedi contre la tentation du “populisme de gauche”, porté par Jean-Luc Mélenchon, et la stratégie de la division.

Marie-Noëlle Lienemann (photo), membre du Parti socialiste depuis 1971, annonce samedi son départ du PS qui selon elle "s'achemine vers une mort lente" pour s'être détourné du "socialisme de Jean Jaurès". /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Kessler

Lors d’un conseil national consacré aux élections européennes de mai 2019, Olivier Faure a fustigé des comportements “indignes de notre histoire” au lendemain de la “scission” d’Emmanuel Maurel, incarnation de l’aile gauche du PS, qui se rapproche de La France insoumise.

Autre figure de l’aile gauche, la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, membre du Parti socialiste depuis 1971, a annoncé dans la foulée au Journal du Dimanche son départ d’un parti qu’elle estime en “mort lente”.

La charge de l’élue contre le premier secrétaire est rude : “Avec Faure, le PS baigne dans l’eau tiède. Il est politiquement dans le déni et stratégiquement dans le ‘ni-ni’. Sa ligne ‘ni-Macron, ni Mélenchon’ mène à une impasse”.

“Vous n’êtes pas la dernière page d’un livre, vous êtes le début d’un nouveau chapitre”, a répliqué Olivier Faure au lendemain de l’abandon officiel du siège historique du PS, rue de Solférino, à Paris, pour Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Après la déroute des élections présidentielle et législatives de 2017 et l’hémorragie de responsables qui a suivi, le dirigeant socialiste veut croire à un sursaut et s’efforce de minimiser les derniers départs en date.

“Quand je vois aujourd’hui des femmes et des hommes qui se demandent s’ils sont tentés par telle ou telle aventure parce que c’est trop long d’attendre cinq ans, parce que c’est trop long l’alternance, (...) je me dis que dans ces moments-là, il y a des femmes et des hommes qui doivent pleurer dans leur tombe de les voir ainsi aussi indignes de notre histoire”, a-t-il lancé sous les applaudissements.

“Socialistes oui, écologistes oui, démocrates oui, populistes, jamais!”, a-t-il martelé en dénonçant la rhétorique d’Emmanuel Maurel qui “se brise quand on prétend vouloir réconcilier les gauches et qu’on commence par les diviser.”

“DES CAUSES COMMUNES AUX ILLUSIONS PERDUES”

“Le populisme ne peut pas être de gauche”, a-t-il affirmé dans une allusion au rapprochement entre le pôle de gauche du PS et les Insoumis pour les européennes.

“Notre culture à nous, c’est bien sûr de rester souverains (...) mais de refuser le souverainisme. Notre culture à nous, (...) ce n’est pas de vouloir jouer le peuple contre les élites”, a-t-il plaidé.

“Nous allons continuer notre voie qui n’est pas celle de la surenchère, toujours le chemin le plus court pour passer des causes communes aux illusions perdues”, a dit Olivier Faure en promettant un “inventaire”, le moment venu, du quinquennat de François Hollande, avec ses “erreurs” et ses “fautes”.

Le premier secrétaire a mis en garde contre une gauche qui deviendrait “la plus bête du monde”, “celle qui a parfois de grands airs mais qui se complaît dans les petits complots.”

“C’est celle qui au nom du rassemblement de demain préfère la division de ses forces aujourd’hui”, a-t-il lâché.

Dans Le Monde, Emmanuel Maurel défend un “socialisme décomplexé” mais explique ne pas croire en “la théorie du populisme de gauche”.

“Je ne suis pas d’accord avec la substitution du clivage droite-gauche par celui peuple-élite. Je suis un vrai social-démocrate, je crois aux corps intermédiaires, au rassemblement de la gauche”, déclare-t-il.

Laurent Baumel, qui appartient au courant d’Emmanuel Maurel, a relativisé une défection selon lui marginale.

“Nous ne restons pas pour préparer un nouveau départ. Nous ne restons pas pour préparer une nouvelle querelle. Nous restons socialistes, avec les socialistes, dans le Parti socialiste”, a-t-il dit lors du conseil national.

Tenant de l’aile droite du PS, le commissaire européen Pierre Moscovici a estimé vendredi que le départ des “mélenchonistes” signait “l’échec d’une stratégie confuse”.

“A vouloir ménager la chèvre et le chou, rassembler sans clarifier, on perd sur tous les tableaux. Une grande victime: la cohérence européenne. Bravo !”, a-t-il écrit sur Twitter.

Le Parti socialiste est crédité d’environ 4% à 6% des intentions de vote pour les européennes.

Sophie Louet

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