October 11, 2018 / 11:36 AM / 2 months ago

Les HLM appellent à relâcher la contrainte budgétaire

PARIS (Reuters) - Le logement social, contraint de baisser de nouveau ses loyers en 2019, demande au gouvernement de “redresser la barre” pour préserver un secteur confronté à près de deux millions de personnes en attente d’un logement.

Le logement social, contraint de baisser de nouveau ses loyers en 2019, demande au gouvernement de "redresser la barre" pour préserver un secteur confronté à près de deux millions de personnes en attente d'un logement. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Les organismes HLM ont dû mettre en place cette année une baisse de loyers de 800 millions d’euros, en contrecoup d’une réduction d’autant des APL de leurs locataires, et devront poursuivre sur cette voie en 2019, l’objectif étant d’arriver à 1,5 milliard d’euros à l’horizon 2020.

Le secteur a dû absorber en parallèle un relèvement du taux de TVA sur la construction neuve, qui est passé de 5,5 % à 10 %.

“Les attaques dont ont fait l’objet tant le mouvement HLM que ses locataires en 2017 et 2018 sont injustes et inacceptables”, a déclaré mardi Jean-Louis Dumont, président de la fédération de l’Union sociale pour l’habitat, en ouverture du 79e congrès HLM à Marseille.

“Il n’est pas trop tard pour redresser la barre et trouver ensemble une voie pour conjuguer les contraintes liées au budget de l’Etat et l’existence en France d’un modèle de logement social de long terme”, a-t-il ajouté.

Deux mesures de compensation ont été mises en oeuvre pour accompagner les bailleurs, la première étant un plan logement de la Caisse des dépôts (CDC) de dix milliards d’euros sous forme de prêts à long terme, d’avances de trésorerie ainsi qu’un milliard d’investissements en fonds propres.

Dans un second temps, le secteur est incité à vendre des logements dans le cadre du projet de loi Elan dont l’adoption définitive est attendue mardi au Sénat, à hauteur de 40.000 logements sociaux par an (contre 8.000 l’an dernier), en vue de générer jusqu’a deux milliards d’euros de revenus en plus.

L’agence Moody’s, dans une étude publiée mardi, dresse un constat mitigé de ces mesures de compensation. Elles “ne vont pas conforter la rentabilité opérationnelle mais réduiront le service de la dette”, estime-t-elle, évaluant à 4 milliards d’euros sur 2018-2020 la baisse de revenus entraînée par la réduction des loyers.

L’objectif de ventes de logement sociaux est par ailleurs jugé “ambitieux” par Moody’s “au vu des difficultés antérieures rencontrées depuis 2007 pour atteindre un objectif comparable”.

“Si certains bailleurs sociaux français pourraient tailler dans leurs dépenses d’investissement pour progressivement rétablir leur équilibre financier, les acteurs financièrement plus fragiles risquent d’afficher un niveau d’autofinancement net négatif et nécessiteront une surveillance plus étroite de la part des organismes réglementaires”, note-t-elle.

Selon le site spécialisé Immoweek, les inquiétudes des organismes HLM ont d’ores et déjà affecté leurs commandes aux promoteurs, avec une baisse de moitié des agréments sur les neuf premiers mois de l’année par rapport à 2015 (20.000 agréments).

Julie Carriat, édité par Yann Le Guernigou

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