October 9, 2018 / 11:48 AM / 2 months ago

Booba et Kaaris condamnés à du sursis pour la rixe d'Orly

CRETEIL (Val-de-Marne) (Reuters) - Booba et Kaaris ont été condamnés mardi à 18 mois de prison avec sursis pour la bagarre de l’aéroport d’Orly (Val-de-Marne) qui a spectaculairement soldé, le 1er août, plusieurs années de rancoeurs mises en scène par les deux frères ennemis du rap.

Booba (photo) et Kaaris ont été condamnés mardi à 18 mois de prison avec sursis pour la bagarre de l'aéroport d'Orly (Val-de-Marne) qui a spectaculairement soldé, le 1er août, plusieurs années de rancoeurs accumulées entre les deux frères ennemis du rap. /Photo d'archives/REUTERS/Youssef Boudlal

Ces peines, supérieures aux réquisitions, sont assorties d’une amende de 50.000 euros pour chacun des deux artistes, condamnés par le tribunal de Créteil (Val-de-Marne) pour violences aggravées, destructions et dégradations.

Les juges ont accordé la relaxe à un prévenu et infligé des peines allant jusqu’à 12 mois de prison avec sursis aux huit autres personnes qui accompagnaient Booba et Kaaris, en deux clans opposés, le jour de la rixe.

La décision est “sévère” pour Kaaris, a réagi devant la presse l’un de ses avocats, Yassine Yakouti, qui avait plaidé la légitime défense à l’audience du 6 septembre.

Elle est “en grande partie mesurée”, a en revanche estimé Yann Le Bras, avocat historique de Booba, qui a souligné le choix du tribunal de renvoyer dos à dos les deux principaux prévenus en leur donnant des peines identiques.

Le sursis permettra à son client de se produire samedi en concert, comme il l’avait programmé, à l’U Arena, une enceinte sportive et salle de spectacle des Hauts-de-Seine qui peut accueillir 40.000 personnes.

Le procureur avait requis un an de prison avec sursis à l’encontre des deux vedettes de ce procès sans précédent dans l’histoire du hip-hop français, qu’il avait qualifiés de “petits bourgeois du clash”.

La longue audience du 6 septembre s’est résumée pour l’essentiel à un débat sur l’origine des hostilités, chacun des deux camps accusant l’autre, images de vidéosurveillance à l’appui, d’avoir déclenché les échauffourées durant lesquelles ont plu les coups de poing, de pied et de bouteilles de parfum.

La scène, “indigne” au goût du procureur, s’est produite dans un hall d’embarquement d’Orly où Elie Yaffa (le vrai nom de Booba) et Okou Gnakouri (l’état civil de Kaaris), tous deux en partance pour Barcelone, se sont rencontrés de manière apparemment fortuite.

La mêlée, qui a entraîné des retards de vols et causé des dégâts dans les rayons de produits hors taxe pour un préjudice estimé à plusieurs dizaines de milliers d’euros, a déjà valu trois semaines de détention aux prévenus, répartis début août entre Fresnes et Fleury-Mérogis en fonction de leur affiliation.

Booba et Kaaris avaient en réalité commencé à s’écharper en 2013-2014, mais jusque-là par le seul biais des réseaux sociaux, après avoir signé ensemble le morceau à deux voix “Kalash”, succès de l’année 2012.

Simon Carraud, édité par Yves Clarisse

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