October 9, 2018 / 9:48 AM / in 2 months

Francophonie, Aznavour et génocide au programme de Macron en Arménie

PARIS (Reuters) - Dix jours après la mort de Charles Aznavour, Emmanuel Macron est attendu mercredi soir à Erevan pour un dernier hommage au chanteur franco-arménien en marge du sommet international de la Francophonie qui désignera sa nouvelle secrétaire générale.

A Erevan. Dix jours après la mort de Charles Aznavour, Emmanuel Macron est attendu mercredi soir à Erevan pour un dernier hommage au chanteur franco-arménien. /Photo prise le 5 octobre 2018/REUTERS/Photolure/Vahram Baghdasaryan

Prévu de longue date, ce déplacement de deux jours du chef de l’Etat français a pris une dimension particulière avec la disparition du patriarche de la chanson française, sacré “héros national” en Arménie, qui a reçu les honneurs d’un hommage national vendredi dans la cour des Invalides.

Surnommé le “Sinatra Français” à l’étranger, l’interprète de “La Bohême” et de “Comme ils disent”, qui s’est mobilisé ces dernières décennies en faveur de son pays, devait initialement faire partie de la délégation présidentielle française - mais il est décédé le 1er octobre.

“Son absence fera un vide immense”, a déclaré le chef de l’Etat lors de l’éloge funèbre. “Que l’amitié entre l’Arménie et la France soit digne de ce qu’il nous a enseigné”.

En marge du sommet de l’OIF, Emmanuel Macron se rendra donc jeudi en milieu de journée au “centre Charles Aznavour”, institution située sur les hauteurs d’Erevan en cours de construction, avant d’assister vendredi soir à un concert auquel le chanteur devait participer.

Ce centre, souligne-t-on à l’Elysée, doit permettre d’avoir dans la capitale arménienne “un lieu de rayonnement de la langue et la culture française, c’est un projet qui était porté par Charles Aznavour et dont il avait discuté avec le président”.

“Il était prévu, avant sa disparition, que le président y aille avec lui pour poser les bases du projet, donc le président maintient son engagement et ira sur place avec des proches de Charles Aznavour”, ajoute-t-on.

“FRANCOPHONIE DÉCRISPÉE”

Lors du sommet de l’OIF, auquel sont attendus une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement, Emmanuel Macron devrait une nouvelle fois plaider en faveur du multilatéralisme à l’heure où le président américain Donald Trump multiplie les piques contre plusieurs institutions ou traités internationaux.

Le chef de l’Etat devrait également réaffirmer son soutien à la candidature de la ministre rwandaise des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo, qui fait figure de favorite pour succéder à l’actuelle secrétaire générale de l’OIF, la Canadienne Michelle Jean, qui brigue un nouveau mandat.

“Ça ne ternit absolument pas les relations” nouées entre Emmanuel Macron et le Premier ministre canadien Justin Trudeau, assure-t-on à l’Elysée.

“Le soutien de la France à la candidature rwandaise vient illustrer l’approche” adoptée par Emmanuel Macron depuis le début de son quinquennat, ajoute-t-on, à savoir une approche de la francophonie “décrispée de la défense du français” et le “plurilinguisme”.

Dernier volet de son déplacement en Arménie, une visite “au mémorial dédié aux victimes du génocide arménien”. Fin janvier, le chef de l’Etat s’est engagé à inscrire au calendrier une journée pour la commémoration de ce génocide, pomme de discorde entre Erevan et Ankara. La Turquie reconnaît qu’un grand nombre d’Arméniens ont été tués par les Turcs entre 1915 et 1917 mais elle conteste l’idée qu’il y ait eu une volonté systématique de les exterminer, rejetant le terme de génocide.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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