October 9, 2018 / 9:23 AM / 10 days ago

Léger rebond de la mobilisation syndicale contre Macron

PARIS (Reuters) - La mobilisation contre la politique sociale d’Emmanuel Macron a connu mardi un léger rebond par rapport aux maigres manifestations d’avant l’été, signe, selon les syndicats, que le mécontentement grandit dans la population.

A Marseille. La mobilisation contre la politique sociale d'Emmanuel Macron a connu mardi un léger rebond par rapport aux maigres manifestations d'avant l'été, signe, selon les syndicats, que le mécontentement grandit dans la population. /Photo prise le 9 octobre 2018/REUTERS/Jean-Paul Pelissier

CGT, FO, Solidaires, les étudiants de l’Unef et les lycéens de l’Unl, mais pas la CFDT, protestaient contre une politique planifiant selon eux “la destruction de notre modèle social”.

Entre 190 et 200 rassemblements se sont tenus en France, dit la CGT. Derrière des banderoles indiquant : “Stop à la politique de Macron, généralisation des grèves public-privé”, les cortèges rassemblaient salariés du privé, fonctionnaires et retraités.

“J’ai travaillé pendant 40 ans comme professeur. Quand j’entends Macron parler des retraités comme des inactifs, j’ai la rage”, a dit dans le cortège parisien Catherine, 73 ans, militante FO, qui n’a pas souhaité donner son nom.

Il s’agit de la deuxième journée interprofessionnelle à laquelle se joint FO, après celle du 28 juin. A Paris, près de 11.500 personnes ont participé à la manifestation, selon la police. Elles étaient 50.000, selon la CGT.

A l’échelle nationale (Paris compris), il y avait 160.000 manifestants selon le ministère de l’Intérieur, 300.000 selon la CGT. Les autorités ont interpellé 16 personnes dont neuf à Paris.

A Marseille, ils étaient 5.300 selon les autorités, 40.000 selon les organisateurs et à Lyon, 4.300 pour les autorités, 6.500 selon les organisateurs.

Neuf organisations de retraités étaient mobilisées pour dénoncer la sous-indexation des pensions par rapport à l’inflation, ainsi que cinq des neuf syndicats de la fonction publique (CGT, Fédération autonome, FO, FSU et Solidaire) pour réclamer notamment le dégel de leur rémunération.

La mobilisation a été plus forte que lors de la dernière manifestation de ce type, qui n’avait réuni que 2.900 personnes à Paris selon la police et 15.000 selon les organisateurs. La mobilisation interprofessionnelle que la CGT avait menée en solitaire le 19 avril dernier avait, elle, réuni 11.500 personnes à Paris et 108.000 en région, selon les autorités.

“On est extrêmement satisfait d’une journée comme celle-là qui, encore une fois, fait date,”, a dit le secrétaire général de Force ouvrière, Pascal Pavageau sur BFMTV.

DIFFICILE DE MOBILISER

La CGT, comme FO, admettent que, malgré les appels répétés à manifester depuis l’élection d’Emmanuel Macron, la population se mobilise peu. Mais cela ne signifie pas pour autant que les salariés approuvent la politique d’Emmanuel Macron, disent-ils.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a regretté que le mécontentement ne soit pas plus visible.

“La prise de conscience, elle est là, (...) après il faut montrer aux salariés du public, du privé, les retraités, les jeunes qu’en agissant ensemble, on peut modifier les choses. Râler, c’est bien, mais agir ensemble, c’est mieux”, a-t-il dit à Reuters.

Un élément déclencheur pourrait inverser la tendance, comme la réforme des retraites. Le haut-commissaire à la réforme, Jean-Paul Delevoye, doit présenter mercredi aux partenaires sociaux les premières orientations du nouveau régime, qu’il souhaite “plus lisible” et “plus juste”.

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a jugé lundi que les organisations syndicales devaient avancer des “propositions innovantes” plutôt que d’organiser des manifestations aux “relents politiques”.

“C’est une journée contre le gouvernement. Le boulot d’une organisation syndicale, ce n’est pas d’être pro ou anti-gouvernement, c’est de proposer des solutions concrètes pour les salariés, pour les travailleurs, pour les chômeurs”, a-t-il expliqué sur BFM TV et RMC Info.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a dit mardi prendre note que tous les syndicats n’appelaient pas à manifester. “L’organisation syndicale représente les salariés, ce n’est pas forcément un combat politique contre le gouvernement”, a-t-elle dit sur les mêmes chaînes.

A Paris, un groupe de 200 à 300 individus “cagoulés et violents” ont pris la tête de cortège pour se livrer à des jets de projectiles sur les forces de l’ordre, et des dégradations de mobilier urbain, a fait savoir la préfecture de police. Neuf personnes ont été interpellées dans la capitale. On dénombre un blessé parmi les manifestants et un parmi les policiers.

Avec Service France, édité par Yves Clarisse et Julie Carriat

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