October 8, 2018 / 11:16 AM / 10 days ago

Engie craint des choix "néfastes" dans le texte sur l'énergie

PARIS (Reuters) - La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en cours d’élaboration en France risque d’aboutir à des options “néfastes et irréalistes” pour le futur mix énergétique du pays si elle n’accorde pas assez de moyens au développement du gaz renouvelable, met en garde Engie.

La programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) en cours d'élaboration en France risque d'aboutir à des options "néfastes et irréalistes" pour le futur mix énergétique du pays si elle n'accorde pas assez de moyens au développement du gaz renouvelable, met en garde Engie. /Photo prise le 16 mai 2018/REUTERS/Charles Platiau

Le gouvernement doit présenter fin octobre les grandes lignes de la PPE pour les périodes 2019-2023 et 2024-2028, un texte qui déclinera ses objectifs par filières et devra notamment préciser l’avenir des centrales nucléaires d’EDF en s’inscrivant dans une stratégie “bas carbone” de la France à l’horizon de 2050.

Selon Didier Holleaux, directeur général adjoint d’Engie chargé notamment des réseaux gaziers, les scénarios qui circulent aujourd’hui sont “tout électrique”, “tout nucléaire”, ou à “très forte proportion de nucléaire”.

“Si on part sur des scénarios à 2050 qui sont aussi extrémistes, on risque de prendre à court terme sur la PPE des décisions qui sont néfastes”, a-t-il dit lors d’une conférence de presse.

Engie prône une PPE affirmant un principe de complémentarité des énergies avec un objectif de 10% de gaz renouvelable en France en 2030 contre 0,5% aujourd’hui - atteignable dès 2028 selon le groupe -, tout en favorisant le développement de l’éolien flottant en mer.

“Si on ne prépare pas les options alternatives (...), alors il n’y aura qu’un choix qui sera de continuer à construire des centrales nucléaires”, estime Didier Holleaux.

Le dirigeant souhaite “un engagement clair des pouvoirs publics” à travers des tarifs de rachat ou des appels d’offres dédiés au gaz vert - du biométhane produit par des déchets, notamment agricole - et estime que l’objectif de 10% en 2030, avec des baisses de coûts proches de 40%, nécessiterait un soutien public plafonné à 1,5 milliard d’euros par an.

“Nous avons le sentiment que le débat est entièrement confisqué par les pro et les antinucléaires”, a également déclaré Didier Holleaux, pour qui les questions d’efficacité énergétique, de pointes de consommation - qui sollicitent des centrales à charbon ou à gaz - ou de développement de réseaux de froid ne sont pas assez abordées.

Engie dénonce aussi la tentation de recourir davantage au chauffage électrique dans les logements neufs et prône une démarche qui consisterait à “décarboner avant d’électrifier”, faute de quoi la France devrait recourir de plus en plus à des moyens de production émetteurs de CO2 en hiver.

Le groupe estime que le pays pourrait réduire sa consommation de gaz à environ 300 térawatts-heure (TWh) en 2050, contre 460 à 480 TWh aujourd’hui, alors que la stratégie “bas carbone” table sur un maximum de 290 TWh au même horizon.

“Nous sommes insuffisamment associés à l’élaboration de la PPE, comme nous avons été insuffisamment associés à l’élaboration de la stratégie nationale bas carbone”, a estimé Didier Holleaux.

Fournisseur historique du gaz en France, l’ex GDF Suez est détenu à 23,6% par l’Etat français, dont le désengagement au moins partiel pourra intervenir après la vote de la loi Pacte.

Benjamin Mallet, édité par

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