October 8, 2018 / 6:51 AM / 2 months ago

A défaut de mesures sans précédent, le réchauffement sera de 1,5°C entre 2030 et 2052, selon le GIEC

LONDRES/SEOUL (Reuters) - Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévient dans un rapport publié lundi que les températures moyennes progresseront probablement de 1,5°C entre 2030 et 2052 si le changement climatique se poursuit au même rythme et si le monde échoue à entreprendre des mesures rapides et sans précédent pour l’enrayer.

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) prévient dans un rapport publié lundi que les températures moyennes progresseront probablement de 1,5°C entre 2030 et 2052 si le changement climatique se poursuit au même rythme et si le monde échoue à entreprendre des mesures rapides et sans précédent pour l'enrayer. /Photo prise le 1er août 2018/REUTERS/Toru Hanai

Le rapport, commandé lors de la COP21 qui s’est tenue fin 2015 à Paris, a été finalisé la semaine dernière à Incheon, en Corée du Sud, où étaient réunis les experts du GIEC.

Il doit accompagner la mise en oeuvre de l’Accord de Paris sur le climat, qui engage les pays signataires à maintenir l’augmentation des températures moyennes d’ici la fin du siècle “bien en-dessous” de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels, et à poursuivre l’action menée pour limiter cette progression à 1,5°C.

Depuis le milieu du XIXe siècle, les températures moyennes à la surface du globe ont déjà augmenté de 1°C du fait de la progression des rejets dans l’atmosphère de CO2, un gaz à effet de serre, en raison de l’industrialisation.

Dans leur rapport, les experts du GIEC observent qu’une augmentation de 1,5°C comporterait déjà des risques pour la nature et pour l’humanité.

Respecter cet objectif, ajoutent-ils, passera par un changement “rapide, profond et sans précédent” dans l’utilisation des terres et de l’énergie, dans l’industrie, la construction, les transports et les villes.

Quant aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre contenus dans l’Accord de Paris, ils ne suffiront pas à contenir l’élévation des températures si de nouvelles réductions, plus ambitieuses, ne sont pas décidées pour l’après-2030.

“Il faut absolument être beaucoup plus ambitieux ne serait-ce que pour limiter à 2° Celsius, alors même que, au rythme actuel, nous nous orientons vers 3 à 5 degrés”, a déclaré à la presse à Genève le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), Petteri Taalas.

A Paris, Emmanuel Macron, dont le bilan en France en matière d’écologie est critiqué par des ONG et une partie de l’opposition, a appelé à une mobilisation immédiate après la publication du rapport alarmant du GIEC.

“BIG BANG ECOLOGIQUE”

Tenir les 1,5°C requerrait que les émissions mondiales nettes de dioxyde de carbone d’origine humaine chutent de 45% environ en 2030 par rapport à 2010 puis tombent à “zéro net” d’ici 2050 (ce qui impliquerait que tout rejet de CO2 devrait alors être compensé par une destruction du CO2 dans l’atmosphère).

“Limiter le réchauffement à 1,5°C est possible dans le cadre des lois de la chimie et de la physique mais pour y parvenir, il faudra des changements sans précédent”, a déclaré Jim Skea, coprésident du groupe de travail du GIEC.

Ainsi, les énergies renouvelables, qui représentent aujourd’hui 25% environ de la production d’électricité, devront monter à 70-85% d’ici 2050.

Il faudra aussi compter sur les techniques de capture et de stockage du carbone (CSC). Mais le rapport souligne que l’efficacité de ces mesures, comme la plantation de forêts - qui gardent le carbone via la photosynthèse - ou l’utilisation de biomasse n’est pas établie et que ces mesures comportent des risques.

Le rapport du GIEC ne s’est pas penché sur certaines pistes, comme l’idée de réfléchir vers l’espace les radiations solaires, en raison de l’incertitude de leur utilisation.

Le WWF France a dit dans un communiqué voir dans ce communiqué un “un appel rapide à un big bang écologique” et le ministre français de la Transition écologique, François de Rugy, un “appel à agir”.

“La France est à la pointe au niveau mondial du combat contre le dérèglement climatique, la France agit à son niveau”, par exemple dans le domaine de la production d’électricité, a déclaré ce dernier lors d’une visite au Mondial de l’auto, à Paris.

Selon des données provisoires, dont le Réseau action climat a fait la synthèse le mois dernier, le pays a dépassé de 6,7% son objectif d’émissions de gaz à effet de serre pour l’année 2017, avec 466 millions de tonnes en équivalent CO2 rejetées dans l’atmosphère contre 437 millions de tonnes programmées.

Les émissions de la France ont augmenté trois années de suite alors même qu’elles sont censées décroître graduellement.

Nina Chestney à Londres et Jane Chung à Séoul, avec Simon Carraud à Paris,; Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français

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