October 4, 2018 / 12:37 PM / 2 months ago

Macron défend sa réforme constitutionnelle

PARIS (Reuters) - Soixante ans après l’entrée en vigueur de la Constitution de la Ve République, Emmanuel Macron a défendu jeudi sa réforme de la loi fondamentale, source de crispations avec la droite qui y voit un affaiblissement du Parlement au profit de l’exécutif.

La Ve République protège la France des péripéties de la vie politique et des désordres que connaissent nombre de ses voisins, a dit jeudi Emmanuel Macron lors d'une visite à Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne). /Photo prise le 4 octobre 2018/REUTERS/Vincent Kessler

“Notre responsabilité n’est pas de mettre notre Constitution sous cloche mais de conserver la force de son élan originel pour répondre encore et toujours aux défis de notre temps”, a déclaré le chef de l’Etat lors d’un discours au Conseil constitutionnel devant 200 personnalités françaises et internationales.

“Ce que nos concitoyens attendent ou plutôt exigent de leurs institutions, ce sont des résultats”, a-t-il souligné. “Je sais que le gouvernement, par le dialogue avec l’Assemblée nationale et le Sénat, trouvera la manière de faire intelligemment cheminer cette réforme.”

“Il nous faut raisonner à partir des besoins de la Nation et non à partir des institutions existantes”, a-t-il ajouté.

Entrée en vigueur le 4 octobre 1958, la Constitution de la Ve République a été révisée 24 fois en 60 ans d’existence et fait régulièrement l’objet de critiques, notamment à gauche où La France insoumise (LFI) réclame depuis plusieurs années un changement de régime.

Promise pendant la campagne présidentielle, la réforme voulue par Emmanuel Macron prévoit de retoucher le texte via la suppression de la Cour de justice de la République, l’inscription de la lutte contre le changement climatique et de la spécificité Corse dans la Constitution ou encore une accélération des procédures.

L’examen parlementaire de cette réforme, qui comprend également deux autres volets organique et ordinaire incluant des pommes de discorde avec la droite (baisse du nombre de parlementaires, introduction d’une dose de proportionnelle) a été interrompu en juillet par l’affaire Benalla et doit reprendre en janvier.

OPINION MITIGEE

L’opinion est mitigée sur la Constitution actuelle. Selon un sondage Odoxa Dentsu Consulting pour Le Figaro et franceinfo, seuls 44% des Français expriment un attachement à la Ve République. Ils sont 53% à se dire attachés à l’élection du président au suffrage universel qui “rend un peu fous les politiques”, selon 71% d’entre eux.

Selon Emmanuel Macron, “ceux qui, comme dirait le Général, sautent comme des cabris sur leur chaise pour vouloir une VIe République, n’aiment tout simplement pas l’Etat et n’aiment pas qu’on décide.”

“Aucun pays n’avance si on ne décide pas. Regardez les pays autour de nous. Ils sont bousculés par les extrêmes ou il devient impossible de passer le moindre texte de loi”, a-t-il souligné dans la matinée lors d’un déplacement à Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne) où il s’est recueilli sur la tombe de De Gaulle.

Cette visite, devenue depuis une quarantaine d’années un passage obligé pour un président français, survient au lendemain de la démission du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb à l’issue d’un bras de fer inédit qui a fragilisé le chef de l’Etat, à l’heure où les résultats tardent à se concrétiser.

“Je sais les tempêtes et les avanies que notre époque réserve à ses dirigeants politiques et particulièrement au premier d’entre eux, l’impatience et l’exigence, la tyrannie de l’immédiat, le règne de l’image et le goût pour l’écume des jours n’aide pas forcément à mener une action sereine pour qui cèderait à cette tyrannie”, a dit Emmanuel Macron au Conseil constitutionnel.

“Mais aucun président de la Ve République n’en a été préservé, jusqu’au général de Gaulle lui-même. Qu’on ne prétende pas gouverner la France ou la présider si on n’est pas prêt aux déferlantes et aux vents contraires”, a-t-il ajouté. “Il faut tout ignorer de notre pays pour espérer une mer d’huile. L’important est ici de conserver le cap et nos institutions nous le permettent, c’est leur grande force, car il en va de l’avenir de la France.”

Jean-Baptiste Vey et Marine Pennetier, avec Michel Rose à Colombey-les-Deux-Eglises, édité par Yves Clarisse

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