October 4, 2018 / 10:57 AM / 2 months ago

Une première ourse relâchée par hélicoptère dans les Pyrénées

BORDEAUX (Reuters) - Une première ourse de Slovénie a été relâchée jeudi par hélicoptère dans les Pyrénées-Atlantiques pour contourner les éleveurs opposés à la réintroduction du plantigrade, ont annoncé le ministère de la Transition écologique et les autorités locales.

Une première ourse de Slovénie a été relâchée jeudi matin par hélicoptère sur les hauteurs des Pyrénées-Atlantiques pour échapper aux éleveurs opposés à leur réintroduction. /Photo d'archives/REUTERS/Gleb Garanich

L’occupation depuis mercredi des routes dans les vallées béarnaises d’Aspe, d’Ossau et de Barretous par environ 150 éleveurs déterminés à s’opposer à la réintroduction de deux ourses et les fouilles systématiques des véhicules utilitaires depuis le début de soirée afin d’intercepter tout transport de plantigrade, n’ont rien changé à l’affaire, pas plus que les routes totalement bloquées en début de matinée.

Pour contourner l’obstacle, les autorités ont procédé au transport de l’ourse relâchée sur les hauteurs de la vallée d’Aspe par un hélicoptère C145 de la gendarmerie transportant une cage suspendue à des filins et aperçu jeudi au-dessus des têtes des opposants, a dit un porte-parole du sous-préfet d’Oloron-Sainte-Marie.

“Une première ourse femelle en parfaite santé a été relâchée ce matin aux alentours de 9h dans le Béarn. L’opération de réintroduction se poursuivra dans les prochains jours avec pour unique priorité de garantir la sécurité des deux ourses femelles”, a-t-on déclaré au ministère.

“ON ACCUSE LE COUP”

Les éleveurs ne décolèrent pas.

“On accuse le coup, mais on va vite rebondir et on les fera partir. On va les faire fuir, les effaroucher”, a dit à la presse l’un des opposants, Olivier Maurin.

“La décision était prise, ils ont bafoué toutes les règles démocratiques. On passe par-dessus l’avis des populations locales”, a t-il dénoncé.

La Confédération paysanne, syndicat agricole, a regretté dans un communiqué le “mépris pour l’élevage pastoral” du gouvernement, affirmant que dans le seul département de l’Ariège, 379 demandes de compensations pour des attaques d’ours contre les troupeaux avaient été introduites en 2018.

“Les moyens de protection existants - chiens, clôtures, gardiennage… - ont très largement montré leurs limites. Nous rappelons la nécessité de la création d’une brigade de piégeage non létal et d’effarouchement des ours”, dit le syndicat.

Le nouveau ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a jugé sur franceinfo “inacceptable” que des personnes “se croient autorisées à faire des barrages sur les routes, à me menacer avec des fusils”.

“Ce sera fait de la meilleure façon qui soit pour que cela puisse être fait tranquillement et qu’on ne cède pas évidemment à des pressions, à des menaces et à des barrages”, a-t-il dit, précisant que le coût de l’opération était de 350.000 euros.

François de Rugy avait confirmé fin septembre à Pau la réintroduction de deux ourses annoncée par son prédécesseur Nicolas Hulot au printemps dernier.

La tension dans les Pyrénées était montée d’un cran à la fin du mois d’août dans le village d’Etsaut, près d’Oloron-Sainte-Marie, où les anti-ours avaient jeté des sacs de sang et déposé des cadavres de brebis devant la mairie favorable à la réintroduction des plantigrades.

Les associations spécialisées ont compté au moins 43 ours dans les Pyrénées au début du mois d’avril dernier. Le plan de renforcement de la population des ours a débuté au milieu des années 90.

Claude Canellas, édité par Yves Clarisse

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