October 3, 2018 / 10:40 AM / 2 months ago

Nouvelle mobilisation de retraités pour défendre leur pouvoir d'achat

PARIS (Reuters) - Les syndicats de retraités ont organisé mercredi des rassemblements pour dénoncer l’érosion de leur pouvoir d’achat, nouvelle tentative de mobilisation contre l’exécutif qui multiplie les gestes pour regagner la confiance des seniors.

Les syndicats de retraités ont organisé mercredi des rassemblements pour dénoncer l'érosion de leur pouvoir d'achat, nouvelle tentative de mobilisation contre l'exécutif qui multiplie les gestes pour regagner la confiance des seniors. /Photo prise le 14 juin 2018/REUTERS/Charles Platiau

Neuf syndicats de retraités (CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, Fédération générale des retraités de la fonction publique, LSR et Ensemble et Solidaires) ont appelé à des rassemblements place de la République puis devant l’Assemblée pour déposer des pétitions.

Ils exigent que le gouvernement annule l’augmentation de 1,7 point de la CSG (contribution sociale généralisée) et revalorise les pensions.

“Le gouvernement a fait un choix inique, celui d’appauvrir l’ensemble des retraités et de façon conséquente”, peut-on lire dans le communiqué. “Le Premier Ministre transforme ainsi des millions de retraités en variable d’ajustement du budget!”

La CSG a augmenté le 1er janvier 2018 pour compenser la suppression de certaines cotisations salariales conformément à un engagement de campagne d’Emmanuel Macron.

Cette mesure devait permettre, selon l’exécutif, de redonner du pouvoir d’achat aux actifs en faisant contribuer l’ensemble des revenus (dont les pensions et l’épargne) au financement de la protection sociale. Elle a toutefois du mal à passer auprès des 60% des retraités concernés qui s’estiment “sacrifiés”.

Le gouvernement a par ailleurs annoncé que les pensions n’augmenteraient que de 0,3% en 2019 et 2020, une progression nettement moins importante que l’inflation.

“Jamais le divorce des retraités n’a été aussi fort avec un gouvernement”, disent les syndicats.

Les appels des fédérations ont pour l’instant des difficultés à mobiliser massivement. Les manifestations du 15 mars et du 14 juin dernier avaient rassemblé 7.200 et 2.300 personnes respectivement dans la capitale, selon la préfecture de police. Pour la dernière, il s’agissait surtout de militants.

Mais les sondages témoignent d’une montée des mécontentements. En mai 2017, 67% des retraités approuvaient l’action d’Emmanuel Macron. Un an et demi plus tard, ils ne sont plus que 31%, soit une baisse de 36 points, selon le baromètre de popularité Ifop-Le JDD.

LAREM, POUR UN ASSOUPLISSEMENT

Souhaitant apaiser les tensions, l’exécutif a multiplié les gestes à l’égard des seniors dans les derniers jours, à commencer par un élargissement de l’exonération de la hausse de la CSG à 200.000 retraités supplémentaires.

Dans un courrier envoyé mi-septembre à Edouard Philippe, près de 40 députés La République en marche emmenés par Yolaine de Courson et Frédéric Barbier proposent au gouvernement de revenir sur la hausse de la CSG.

“Chaque jour, nous rencontrons dans nos permanences des retraités pour qui cette augmentation crée un creusement des inégalités, une plus grande fragilité, davantage de vulnérabilité”, écrivent-ils. “Nous persistons à penser que cette mesure est injuste socialement et qu’elle doit être reconsidérée”.

Leur proposition, pour la loi de financement de la Sécurité sociale 2019 est d’appliquer un taux de 6,6 % de la CSG (et non de 8,3%) sur les pensions de retraite et d’invalidité dont le revenu fiscal de référence (RFR) est compris entre 1.200 euros et 1.600 euros nets par mois pour les personnes seules et entre 1.830 euros et 2.440 euros nets par mois pour les couples.

“Ce niveau de revenu, supérieur au revenu médian des retraités de 1.500 euros par mois, permettrait à la moitié d’entre eux de ne plus subir la hausse de la CSG, comme votée à l’automne 2017”, expliquent-ils.

Les syndicats de retraités ont appelé à participer à la manifestation interprofessionnelle menée par la CGT et FO le 9 octobre. Ils prévoient également une journée de mobilisation le 18 octobre, date qui coïncide avec le début des débats sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2019 (PLFSS).

Caroline Pailliez, avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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