October 3, 2018 / 9:35 AM / 2 months ago

Pour l'opposition, l'épisode Collomb signe une "crise majeure"

PARIS (Reuters) - L’opposition a brocardé mercredi un gouvernement changé en “radeau de la Méduse” après la démission de Gérard Collomb qui, en mettant Emmanuel Macron devant le fait accompli, a ouvert une “crise majeure” et torpillé l’autorité du chef de l’Etat aux yeux de la droite comme de la gauche.

"Le gouvernement ressemble à un radeau de la Méduse", a raillé le sénateur socialiste Rachid Temal sur franceinfo. /Photo d'archives/REUTERS/Christian Hartmann

Les ministres qui se sont succédé au micro des radios après cet épisode, comparable par sa dramaturgie au départ de Nicolas Hulot un mois plus tôt, ont en revanche insisté sur la continuité de l’Etat, manière d’écarter toute crise.

“Le gouvernement ressemble à un radeau de la Méduse”, a raillé le sénateur socialiste Rachid Temal sur franceinfo.

“Depuis le début septembre, on voit bien que ce gouvernement, ce pouvoir autour d’Emmanuel Macron (...) est quelque part en panique”, lui a fait écho le député Les Républicains Eric Ciotti sur RTL, maniant lui aussi la métaphore navale. “Le Titanic s’enfonce de plus en plus vite et l’orchestre pour le coup a arrêté de jouer.”

Pour l’ancien ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux (LR), interrogé par Le Parisien, “c’est la pagaille politique et le désordre institutionnel”.

La démission de Gérard Collomb, pourtant soutien de la première heure d’Emmanuel Macron et ministre d’Etat, a clos un feuilleton de deux semaines de spéculations qui s’est ouvert avec sa déclaration de candidature aux municipales de Lyon, annoncée le 18 septembre dans L’Express.

Depuis cette date, l’ex-maire de Lyon a donné des signes de ses envies d’ailleurs, au point de remettre une première fois sa démission lundi soir à Emmanuel Macron, qui l’a refusée, puis une seconde fois, par voie de presse, mardi.

Dans la nuit de mardi à mercredi, le président a accepté ce départ et nommé le chef du gouvernement, Edouard Philippe, en guise de ministre intérimaire.

“DOUTE SUR L’AUTORITÉ DU CHEF DE L’ÉTAT”

“Il y a une crise politique au sens moral, c’est-à-dire qu’il y a un vrai doute sur l’autorité du chef de l’Etat et du Premier ministre”, a diagnostiqué le président du Sénat, Gérard Larcher (LR), sur franceinfo. “C’est sans doute un doute sur la manière de gouverner, cette manière un peu verticale.”

L’exécutif voit se multiplier les départs de feu depuis l’affaire Benalla, du nom d’un ex-chargé de mission de l’Elysée filmé, coiffé d’un casque de police, en train de frapper des manifestants en marge des manifestations du 1er-Mai.

Le 28 août, Nicolas Hulot a annoncé à la radio sa démission du ministère de la Transition écologique sans en référer au préalable à Emmanuel Macron et Edouard Philippe, contraints de nommer en urgence François de Rugy à sa place.

Ces exemples sont des “situations singulières” mais en rien le symptôme d’une crise profonde, ni dans le cas de Gérard Collomb un “camouflet” infligé à Emmanuel Macron, a déclaré la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, sur Europe 1.

“Il ne faut pas faire de cet événement, qui est un événement complexe a gérer sur le plan politique, (...) une crise grave”, a-t-elle ajouté. “Il faut savoir replacer les choses à leur juste valeur.”

Dans le même registre, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a récusé sur France 2 l’idée d’une “crise politique” et d’une “vacance du pouvoir”, lui-même se disant “très concentré” sur ses fonctions à Bercy.

Simon Carraud, édité par Yves Clarisse

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