October 3, 2018 / 4:34 AM / in 2 months

Philippe assurera l'intérim de Collomb en attendant un successeur

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a accepté la démission de Gérard Collomb de son poste de ministre de l’Intérieur et demandé au Premier ministre, Edouard Philippe, d’assurer son intérim dans l’attente de la nomination de son successeur, a annoncé mercredi la présidence de la République.

Emmanuel Macron a accepté la démission de Gérard Collomb de son poste de ministre de l'Intérieur et demandé au Premier ministre, Edouard Philippe, d'assurer son intérim dans l'attente de la nomination de son successeur. /Photo prise le 3 août 2018/REUTERS/Michel Euler

Le conseil des ministres se déroulera ce mercredi à 10h00 avec le gouvernement ainsi constitué, a ajouté l’Elysée.

Gérard Collomb a arraché sa démission en forçant la main d’Emmanuel Macron, pressant à nouveau mardi ce dernier d’accepter le départ qu’il avait refusé lundi, en motivant sa demande par la clarté due selon lui aux Français et aux Lyonnais, ville dont il veut à nouveau briguer la mairie en 2020.

Cueilli en pleine séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale par cette annonce dans un entretien publié sur le site internet du Figaro, Edouard Philippe avait répondu qu’il proposerait au chef de l’Etat “les décisions qui s’imposent”.

L’entourage d’Emmanuel Macron avait déclaré que le président conservait “toute son amitié à l’égard de Gérard Collomb”.

“Il trouve regrettable que Gérard Collomb se soit mis dans la situation le conduisant à devoir démissionner”, avait-on ajouté.

Juste avant la publication de l’entretien, Edouard Philippe avait répliqué aux critiques de l’opposition sur un ministre de l’Intérieur “déjà à l’extérieur du gouvernement”, en balayant une “petite polémique”.

RETOUR IMMINENT À LA MAIRIE DE LYON

Dans l’interview, Gérard Collomb dit vouloir continuer à aider Emmanuel Macron.

“Au poste que j’occupe, je peux être demain une gêne pour lui et le Premier ministre. Et ce n’est pas ce que je souhaite”, déclare celui qui fut maire de Lyon de 2001 à 2017.

“Compte tenu des rumeurs et des pressions qu’il peut y avoir, je ne veux pas que le fait que je sois candidat quelque part demain puisse troubler la marche du ministère de l’Intérieur”, poursuit-il. “Il faut une clarté vis-à-vis de nos concitoyens et une clarté vis-à-vis des Lyonnais.”

Gérard Collomb s’est déjà accordé avec l’actuel maire de Lyon, Georges Képénékian, pour reprendre son écharpe : “Nous avons convenu depuis longtemps que je reviendrai à la tête de la mairie pour préparer les échéances futures”.

Georges Képénékian a remis mardi soir sa démission au préfet du Rhône et des élections internes au conseil municipal devraient avoir lieu d’ici une quinzaine de jours pour procéder officiellement à l’élection du nouveau maire.

DÉSORDRE EN PLEINE OPÉRATION RECONQUÊTE

Soutien de la première heure d’Emmanuel Macron, Gérard Collomb apparaît depuis deux semaines comme une épine dans le pied d’un exécutif en pleine opération reconquête de l’opinion à huit mois des élections européennes.

Lundi soir, le “premier flic de France” avait annoncé au Figaro avoir remis sa démission au chef de l’Etat et le refus de ce dernier. Selon l’Elysée, Emmanuel Macron lui avait alors “renouvelé sa confiance et (...) demandé de rester pleinement mobilisé”.

Il y a deux semaines, Gérard Collomb avait lui-même annoncé sa volonté de quitter le gouvernement après les élections européennes du 26 mai afin de se consacrer aux municipales.

Bien qu’attendue - l’ancien élu socialiste n’ayant jamais fait mystère de son souhait de revenir à Lyon -, cette candidature avait provoqué un flot de critiques dans les rangs de l’opposition mais également parmi les syndicats policiers qui ont dénoncé un “ministre à mi-temps”.

Moins d’un mois après les démissions surprises de Nicolas Hulot et Laura Flessel, le “cas Gérard Collomb”, qui s’est interrogé ouvertement sur “un manque d’humilité” au sommet de l’Etat, pourrait compliquer la donne pour l’exécutif à l’heure où ce dernier tente de tourner la page des accusations d’”arrogance”.

En déplacement dans les Antilles françaises la semaine dernière, Emmanuel Macron a multiplié les rencontres avec les habitants, reconnu que “personne [n’était] parfait” et jugé “inévitable qu’il y ait des erreurs”.

En chute libre dans les sondages, le chef de l’Etat a toutefois assuré qu’il ne changerait “en aucun cas” de politique” et qu’il maintiendrait le cap de ses réformes, un message que pourrait brouiller le nouvel épisode Collomb.

Jean-Baptiste Vey et Marine Pennetier, avec Simon Carraud, Elizabeth Pineau et Julie Carriat, édité par Jean Terzian

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