October 2, 2018 / 9:17 AM / 14 days ago

La filière renouvelable craint la tentation d'un coup de rabot

PARIS (Reuters) - La modification de la loi de transition énergétique liée au report de la diminution du nucléaire en France risque de se traduire aussi par des tentatives de révision à la baisse des objectifs du pays en matière d’énergies renouvelables, a estimé mardi l’association des professionnels du secteur.

La modification de la loi de transition énergétique liée au report de la diminution du nucléaire en France risque de se traduire aussi par des tentatives de révision à la baisse des objectifs du pays en matière d'énergies renouvelables. /Photo prise le 10 septembre 2018/REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Le gouvernement doit présenter fin octobre la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour les périodes 2019-2023 et 2024-2028, un texte qui devra notamment préciser la façon dont il compte baisser à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité en France après le report - potentiellement à 2035 - de l’échéance précédemment fixée à 2025 pour atteindre cet objectif.

Alors que la PPE fera l’objet de multiples consultations et ne donnera donc probablement pas lieu à un décret avant fin juin 2019, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a souligné que la loi de transition énergétique de 2015 devrait être auparavant modifiée pour concrétiser le report de l’objectif sur le nucléaire.

“Notre inquiétude, c’est que (...) ce soit l’occasion pour certains de revoir les objectifs d’énergies renouvelables. Pas nécessairement l’objectif global de 32% (de renouvelables dans la consommation finale d’énergie en 2030) mais sa répartition par différents secteurs”, a dit lors d’une conférence de presse le président du SER, Jean-Louis Bal.

“C’est un peu cette ouverture de la boîte de Pandore que nous craignons”, a-t-il ajouté.

La SER estime en outre que la France n’atteindra pas son objectif de 23% d’énergies renouvelables dans sa consommation finale brute d’énergie en 2020 et que cette part n’atteindra que 18% à 19% au rythme actuel (contre 16% en 2016).

Jean-Louis Bal a notamment souligné que “la plupart” des mesures envisagées par le secrétaire d’Etat à la Transition écologique Sébastien Lecornu pour accélérer le développement de l’éolien et du solaire en France n’avaient pas encore été mises en oeuvre.

Interrogé sur la volonté du gouvernement de favoriser les énergies renouvelables, il a en outre estimé : “L’épreuve de vérité, ça va être la PPE. C’est là qu’on va voir quelle est la volonté réelle de ce gouvernement d’impulser une accélération (...).”

Benjamin Mallet, édité par Benoît Van Overstraeten

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