October 1, 2018 / 2:04 PM / 3 months ago

Européennes: Danjean fustige la stratégie "dangereuse" de Macron

PARIS (Reuters) - La stratégie d’Emmanuel Macron pour les élections européennes de mai 2019 est “dangereuse intellectuellement” et “électoralement” car elle obéit à “une grille très simpliste” opposant “nationalistes” et “progressistes”, estime lundi Arnaud Danjean dans L’Opinion.

La stratégie d'Emmanuel Macron pour les élections européennes de mai 2019 est "dangereuse intellectuellement" et "électoralement" car elle obéit à "une grille très simpliste" opposant "nationalistes" et "progressistes", estime lundi Arnaud Danjean dans L'Opinion. /Photo prise le 30 septembre 2018/REUTERS/Thomas Samson

L’eurodéputé (Les Républicains), membre du Parti populaire européen (PPE), un temps pressenti pour diriger le ministère des Armées dans le gouvernement d’Edouard Philippe, reproche au président français plusieurs erreurs dans le débat européen, notamment d’avoir fait du PPE “son principal adversaire alors qu’il aurait pu imaginer des convergences réformistes avec lui”.

“Je comprends les raisons qui le poussent à dupliquer ce qui lui a réussi au second tour de la présidentielle de 2017. Sauf que les paramètres européens sont très différents! En Europe, cette polarisation entre ‘progressistes’ et ‘nationalistes’ est largement artificielle”, explique l’élu.

“Je considère donc cette stratégie électoraliste comme dangereuse intellectuellement et même électoralement. Car si les gens sont poussés à se classer ainsi, on ne peut exclure que les nationalistes l’emportent”, souligne-t-il.

Arnaud Danjean juge sans “pertinence européenne” le terme de “progressisme” utilisé par Emmanuel Macron pour faire pièce au nationalisme incarné selon lui par le Premier ministre hongrois Viktor Orban, le vice-président du Conseil des ministres italien Matteo Salvini ou encore la Française Marine Le Pen.

“C’est une grille très simpliste, artificielle, qui n’est pas opératoire lorsque l’on aborde les thèmes concrets”, dit-il, en relevant par exemple que le gouvernement slovaque, populiste de gauche, de Peter Pellegrini, est sur la même ligne que celui de droite (Fidesz) d’Orban sur les questions d’immigration.

Arnaud Danjean explique s’être abstenu le 12 septembre lors du vote du Parlement européen enclenchant la procédure dite de l’article 7 contre la Hongrie au motif que le scrutin était “totalement instrumentalisé en France par La République en Marche pour en faire la mère de toutes les batailles à mener en Europe”. “La ficelle était trop grosse”, lâche-t-il.

“Le péché originel de Macron a été de faire du PPE son principal adversaire, alors qu’il aurait pu imaginer des convergences réformistes avec lui. Le PPE y était d’ailleurs prêt”, poursuit le député.

“La stratégie ‘progressistes contre nationalistes’ vise en fait à casser le PPE en installant un débat binaire. C’est une vraie erreur. Et c’est d’ailleurs ce qui lui a en partie aliéné Angela Merkel, qui a considéré la manœuvre politique de Macron comme une forme de défiance et d’hostilité”.

Dans un entretien paru dans Le Journal du Dimanche, Emmanuel Macron réaffirme sa volonté de “tout faire” pour que “les progressistes et les démocrates se fassent entendre” en mai 2019.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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