October 1, 2018 / 12:24 PM / 2 months ago

Le gouvernement lance le chantier de la dépendance

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a lancé lundi un débat public sur la dépendance, grand chantier social du gouvernement en 2019 avec celui des retraites, qui vise à mieux accompagner les personnes âgées en perte d’autonomie.

Le gouvernement français a lancé lundi un débat public sur la dépendance, grand chantier social du gouvernement en 2019 avec celui des retraites, qui vise à mieux accompagner les personnes âgées en perte d'autonomie. /Photo prise le 3 août 2018/REUTERS/Benoît Tessier

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé l’entrée en fonction d’une plate-forme en ligne visant à recueillir les avis et idées de citoyens sur la prise en charge des personnes âgées. Cette plate-forme, intitulée “Comment mieux prendre soin de nos aînés?”, sera accessible jusqu’au 1er décembre.

En parallèle, dix ateliers regroupant des représentants de l’Etat, des experts ainsi que des acteurs du milieu auront lieu d’octobre 2018 à janvier 2019 pour élaborer le diagnostic, approfondir les pistes retenues, et valider les conclusions.

A cela s’ajoutent des “groupes d’expression” visant à donner la parole aux personnes prises en charge et à leurs familles, ainsi que “des forums” de professionnels en région pour faire remonter les bonnes pratiques.

“Le système a épuisé ses ressources et son élan, il ne permet plus aujourd’hui les progrès que les personnes âgées de demain sont en droit d’attendre”, a déclaré Agnès Buzyn au lancement de la concertation.

“Et sans parler de demain, notre système laisse aujourd’hui perdurer des situations qui ne sont pas dignes d’un pays comme la France.”

DES “MAUX” CONNUS

En 2060, le nombre de personnes en perte d’autonomie atteindra 2,45 millions, contre 1,6 millions en 2030, selon le ministère des Solidarités et de la Santé.

“Les maux sont connus”, dit Agnès Buzyn: solitude des personnes âgées, sentiment d’inutilité, acteurs en silo, difficultés à coordonner nivaux d’interventions et niveaux de gouvernance, complexité des circuits de financements publics et manque d’évaluation de la qualité du service rendu.

Le gouvernement souhaite le vote d’une loi sur le sujet fin 2019. La concertation qui sera menée jusqu’en janvier prochain sera pilotée par Dominique Libault, conseiller d’Etat et directeur de la sécurité sociale de 2003 à 2012.

Ces pistes tourneront autour du “libre choix” des personnes âgées, d’une prévention plus efficace, une plus grande rapidité dans la prise en charge, un soutien aux aidants familiaux et des aides et prestations plus lisibles, a dit ce dernier.

Agnès Buzyn a également promis des “solutions de financement” pour pérenniser le système de prise en charge, sans toutefois donner de détails sur l’origine des fonds.

UN COÛT DE 30 MILLIARDS D’EUROS

Emmanuel Macron, qui s’est prononcé sur le sujet en juin au congrès de la Mutualité française, avait souhaité la création “d’un nouveau risque” financé par la solidarité, au même titre que la maladie, les accidents du travail et maladies professionnelles, la famille et la vieillesse.

“Je n’ai pas envie de rentrer tout de suite dans les tuyaux financiers, ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est : quel changement de regard et quelle société inclusive nous construisons. Après on discutera des tuyaux, des risques et des financement”, a dit Agnès Buzyn.

La ministre de la Santé avait déjà annoncé une série de mesures en mai pour répondre au désarroi des salariés des Ehpad après des mobilisations pour dénoncer leurs conditions de travail.

Une enveloppe de 300 millions d’euros par an pendant trois ans avait été accordée pour accroître le personnel, améliorer la prévention et accroître la qualité des soins.

En France, la prise en charge de la perte d’autonomie représente 30 milliards d’euros.

Les pouvoirs publics et la solidarité (collectivités locales, Etat, Sécurité sociale) financent 79% de la dépense (23,7 milliards d’euros) - les dépenses de santé représentent à elles seules 12,2 milliards d’euros -, les ménages financent 6,3 milliards d’euros, selon l’Observatoire 2018 de la Mutualité Française, publié lundi.

Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below