October 1, 2018 / 5:14 AM / 2 months ago

Un accord USA-Canada sauve l'Aléna en tant qu'accord tripartite

OTTAWA/WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis et le Canada ont conclu dimanche un accord à l’arraché visant à sauver l’Aléna en tant que zone de libre-échange tripartite avec le Mexique, espace qui était sur le point de disparaître après près de 25 ans d’existence.

Le Canada, les Etats-Unis et le Mexique sont mis d'accord dimanche sur les termes d'un nouvel accord commercial appelé à remplacer l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna). /Photo prise le 29 août 2018/REUTERS/Rebecca Cook

Donald Trump, qui veut mettre fin à la liberté qui prévaut dans les échanges commerciaux dans le monde, période que beaucoup ont associée à l’entrée en vigueur de l’Aléna en 1994, a obligé le Canada et le Mexique à accepter un certain nombre de contraintes pour commercer avec les Etats-Unis, leur principale zone d’exportation.

L’objectif principal du président américain en remaniant l’Aléna est de réduire le déficit commercial des Etats-Unis, objectif qu’il poursuit également avec la Chine, dont il a massivement taxé les produits qui arrivent aux Etats-Unis.

Le nouvel Accord Etats-Unis-Mexique-Canada (AEUMC, USMCA en anglais) évite les droits de douane, mais il rend plus difficile pour les constructeurs automobiles mondiaux de produire des voitures à moindre coût au Mexique. L’idée est de faire revenir des emplois aux Etats-Unis.

Depuis le début des discussions il y a plus d’un an, le Canada et le Mexique avaient compris qu’ils devraient faire des concessions face aux menaces de Trump de dénoncer l’Aléna. Le soulagement était palpable dimanche dans les deux pays où on estimait que l’accord était largement sauvé et qu’il ne s’était pas délité en accords commerciaux bilatéraux plus faibles.

“C’est un bon jour pour le Canada”, a déclaré le Premier ministre canadien Justin Trudeau après une réunion du conseil des ministres dimanche soir pour discuter de l’accord.

Dans une déclaration conjointe, le Canada et les États-Unis ont déclaré que leur compromis déboucherait sur “des marchés plus libres, un commerce plus équitable et une croissance économique robuste dans notre région”.

Le ministre mexicain des Affaires étrangères, Luis Videgaray, a employé des termes semblables, saluant “une bonne nuit pour le Mexique et pour l’Amérique du Nord”.

La présidence américaine exigeait que le Canada signe un nouvel accord de libre-échange d’ici dimanche minuit (lundi, 04h00 GMT) sous peine d’être exclu de l’Aléna. Les Etats-Unis et le Mexique avaient signé un accord similaire bilatéral en août.

COLÈRE DES PRODUCTEURS DE LAIT CANADIENS

“C’est une grande victoire pour le président et une validation de sa stratégie dans le domaine du commerce international”, a déclaré à la presse un haut responsable de l’administration américaine.

Trump a approuvé l’accord avec le Canada, a déclaré une source proche de la décision. Les responsables américains ont l’intention de signer l’accord avec le Canada et le Mexique à la fin du mois de novembre, après quoi il sera soumis au Congrès américain pour ratification, a déclaré un responsable américain.

L’accord préserve un mécanisme de règlement des différends commerciaux que le Canada voulait absolument maintenir pour protéger son industrie du bois, ainsi que d’autres secteurs, des droits antidumping américains, ont déclaré des responsables américains et canadiens.

Mais cela a eu un coût.

Le Canada a accepté d’offrir aux Etats-Unis un accès à environ 3,5% de son marché laitier, évalué à 16 milliards de dollars (14 milliards d’euros). Selon une des sources de Reuters, le gouvernement canadien s’est engagé à dédommager les producteurs concernés par cet accord. Ceux-ci ont toutefois réagi avec colère.

“Nous ne voyons pas comment cet accord peut être avantageux pour les 220.000 familles canadiennes qui dépendent de la production laitière pour leur subsistance”, a déclaré Pierre Lampron, président de Dairy Farmers of Canada. “Cela s’est produit malgré l’assurance que notre gouvernement ne signerait pas un mauvais accord pour les Canadiens.”

L’accord exige également qu’une plus grande proportion des pièces d’une voiture soient fabriquées dans des régions d’Amérique du Nord qui payent leurs ouvriers au moins 16 dollars de l’heure (13,80 euros), obligation qui vise à rapatrier des emplois du Mexique.

Le Canada et le Mexique ont chacun accepté un quota de 2,6 millions de véhicules exportés aux Etats-Unis dans le cas où Donald Trump imposerait des droits de douane mondiaux de 25% pour des raisons de sécurité nationale.

Ces quotas sont de nature à permettre une croissance importante des exportations d’automobiles sans droits de douane du Canada au-dessus des niveaux actuels de production d’environ deux millions d’unités, ce qui constitue une garantie pour les usines canadiennes. C’est également bien au-dessus des 1,8 million de voitures et de SUV que le Mexique a vendus aux Etats-Unis l’année dernière.

Le texte ne résout toutefois pas le contentieux né de l’instauration par Washington de barrières douanières aux importations d’acier et d’aluminium canadiens.

Avec David Shepardson et David Lawder à Washington et Diego Oré, Ana Isabel Martinez et Anthony Esposito à Mexico; Nicolas Delame et Danielle Rouquié pour le service français

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