October 1, 2018 / 4:44 AM / 2 months ago

Brexit: May invite les Tories à serrer les rangs

BIRMINGHAM, Angleterre (Reuters) - La Première ministre britannique Theresa May a appelé dimanche le Parti conservateur à se rassembler derrière son plan de sortie de l’Union européenne, en expliquant à ses détracteurs que l’accord de libre-échange qu’ils réclament est bien au cœur de ses propres propositions.

La Première ministre britannique Theresa May a appelé dimanche le Parti conservateur à se rassembler derrière son plan de sortie de l'Union européenne. /Photo prise le 30 septembre 2018/REUTERS/Toby Melville

A l’ouverture du congrès annuel du Parti, qui s’annonce particulièrement houleux, Boris Johnson et David Davis, qui ont quitté le gouvernement après l’adoption en juillet de ce “plan de Chequers”, ont répété tout le mal qu’ils en pensent.

Serrant les rangs derrière Theresa May, Liam Fox et Jeremy Hunt, ministres du Commerce et des Affaires étrangères, ont quant à eux reproché aux autres chefs d’Etat et de gouvernement européens d’avoir humilié “l’une des personnalités les plus attachées à la politesse”.

Les “27” ont demandé sans ménagement à Theresa May de revoir sa copie lors de leur conseil informel de Salzbourg, il y a une dizaine de jours, ce qui l’a un peu plus fragilisée.

“Le message que j’adresse à mon parti est le suivant : unissons-nous et obtenons le meilleur accord pour la Grande-Bretagne”, a-t-elle déclaré à la BBC à Birmingham, en Angleterre, où le congrès du parti se déroule jusqu’à mercredi.

“Au cœur du plan de Chequers, il y a un accord de libre-échange, une zone de libre-échange et un commerce sans frictions. Chequers est pour le moment le seul plan sur la table qui réponde au vote du Brexit (...) et aux préoccupations de la population d’Irlande du Nord”, a-t-elle ajouté.

L’ancien chef de la diplomatie Boris Johnson avait auparavant jugé son plan “dérangé”, tandis que David Davis, ex-ministre chargé du Brexit, parlait de propositions “simplement erronées”.

Lors d’une des réunions organisées dans le cadre du Congrès, les eurosceptiques Priti Patel et Jacob Rees-Mogg ont eux aussi jugé le plan de Chequers inacceptable et ont invité le gouvernement à se préparer à une sortie de l’UE sans accord.

Le projet prévoit le maintien, pour les échanges de marchandises uniquement, de liens étroits avec l’Union européenne, dont la Grande-Bretagne ne fera plus partie le 29 mars 2019.

Boris Johnson et David Davis plaident, eux, pour un accord de libre-échange de style canadien avec l’UE, une proposition qui, selon Theresa May, séparera l’Irlande du Nord de la Grande-Bretagne.

“TOUT SIMPLEMENT MAUVAIS”

L’ancien maire de Londres, donné favori par les bookmakers pour lui succéder à Downing Street, s’en est encore démarqué davantage avant le Congrès.

“Contrairement à la Première ministre, j’ai fait campagne pour le Brexit”, souligne-t-il dans les colonnes du Sunday Times. “Contrairement à la Première ministre, je me suis battu pour ça, j’y crois et je pense que c’est la bonne chose pour notre pays et je pense que ce qui se produit aujourd’hui n’est malheureusement pas ce qu’on avait promis au peuple en 2016 (lors du référendum remporté par les partisans du Brexit NDLR).”

Pour beaucoup d’observateurs, ses propos annoncent le lancement d’une campagne visant à renverser Theresa May, qui est loin de faire l’unanimité au sein du Parti conservateur, mais c’est également son cas.

Pour Ian Lavery, président du Parti travailliste, les Tories sont “clairement trop occupés à se battre entre eux et n’ont ni les idées ni le désir d’offrir des solutions réelles aux problèmes qu’ils ont causés”.

Dans sa longue interview à la BBC, Theresa May n’a pas cité Boris Johnson, mais a été très claire.

“Je crois au Brexit”, a-t-elle déclaré. “Mais je pense avant tout à réaliser un Brexit qui respecte le vote et réponde au vote du peuple britannique tout en protégeant notre union, en protégeant les emplois et en garantissant le succès du Brexit pour l’avenir.”

La décision de la Grande-Bretagne de quitter l’UE a coûté au gouvernement 500 millions de livres par semaine, selon une étude qui vient de paraître.

Jean-Stéphane Brosse et Danielle Rouquié pour le service français

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